vendredi 24 mars 2017

Le cas des révolutions indo-afro-latino-américaines et des révolutions arabes , séminaire samedi 10 juin

Le séminaire de réflexion et de débat initialement prévu le dimanche 19 mars prochain, de 9h30 à 17h, au Maltais Rouge, 40 rue de Malte 75011 Paris, aura lieu le samedi 10 juin. 

Notez bien cette date sur vos calendriers

En débat : "L'autogestion et les processus révolutionnaires de notre temps : le cas des révolutions indo-afro-latino-américaines et des révolutions arabes" 

Déroulement de la journée 

jeudi 23 mars 2017

André Tosel, penseur de l'émancipation humaine et sociale, par Bruno Della Sudda et Romain Testoris

Une voix s’est éteinte, fraternelle et rigoureuse, que nous nous n’oublierons pas : André Tosel, philosophe marxiste, sous réserve d’une mise en discussion de ces deux termes, comme il l’a fait lui-même, nous a quittés. 

Ces lignes n’ont pas pour objet de retracer sa carrière universitaire ni son parcours militant, mais simplement de dire combien nous a marqués l’activité de pensée d’un philosophe militant, d’un militant philosophe, pour qui l’œuvre de Marx et d’Engels a été un point d’appui pour la réflexion personnelle, une ouverture vers d’autres univers de pensée, un ancrage dans la fidélité à la révolution émancipatrice. 

Outré par le sectarisme et l’opportunisme mêlés de la direction du PCF en ce temps-là, André Tosel quitta le PCF et participa à la campagne Juquin à l'élection présidentielle de 1988. Sombres furent les années 80 et la première moitié des années 90, années de défaites sociales et de débâcle théorique. 

Mais André Tosel, résistant à l’air du temps et retourné au PCF en 2012 au moment de l'émergence du Front de Gauche, approfondit sa réflexion sur deux points : la crise du marxisme, et les ravages de la mondialisation ultralibérale. 

mercredi 22 mars 2017

"Problèmes Théoriques de l'Autogestion", par Henri Lefebvre (1966)

Il y a cinquante ans paraissait le Cahier n°1 de la revue Autogestion, daté très précisément de décembre 1966. La présente note de blog revient sur ce lancement. Sa seconde partie publie la première partie l’article central intitulé « problèmes théoriques de l’autogestion ». 

L’utilité de republier l’article de lancement de la revue Autogestion 

Ce cahier rend d’abord un hommage à Georges Gurvitch avec la publication d’extraits de ses écrits traitant de l’autogestion, dont la très marquante « déclaration des droits sociaux » (1). 

Jean Duvignaud, dans son avant-propos aux extraits, cite longuement un témoignage du philosophe et sociologue d’origine russe sur la formation des soviets dès le gouvernement Kerenski : Gurvitch, à 26 ans, s’était impliqué dans leur création dans les usines d’armement de ce qui s’appelait en 1917 Petrograd.Il s’opposa à leur suppression en 1920, suppression argumentée par Trotski alors en charge de la contre-offensive sur les terres polonaises, biélorusses et ukrainiennes, objectifs d’augmentations de productivité et d’approvisionnement de l’Armée rouge face aux « Blancs » suréquipés obligent. 

mardi 21 mars 2017

L'union Européenne contre les Peuples ? Débat au Maltais Rouge vendredi 24 mars

Débat à l’initiative de l’association des Amis de Tribune Socialiste (journal du PSU) le vendredi 24 mars à partir de 19 heures au Maltais Rouge, 40, rue de Malte - 75011 PARIS - Métro Oberkampf, République, Filles du Calvaire (entrée par le porche) 

En 1973 Michel Rocard et deux autres membres du Bureau national du PSU faisaient paraître un ouvrage au titre provocateur, “le Marché Commun contre l’Europe”, décrivant une construction européenne qui visait à favoriser le développement d’un capitalisme libéral à l‘encontre de l’intérêt des peuples. 

Plus de quarante ans après, on peut se demander dans quelle mesure cette analyse s’est révélée pertinente et si elle reste d’actualité ? 

mercredi 15 mars 2017

Etat fort et exclusion, par Michel Fiant (janvier 1996)


En Europe, depuis la crise de 2008, il est impossible de ne pas se poser la question de la résilience du capitalisme, singulièrement depuis Lisbonne, Athènes ou Dublin... Quels secteurs échappent encore aux quelques centaines de transnationales qui - au-delà et en deçà de la financiarisation - gèrent en oligopoles les quatre à cinq grandes zones planétaires de mise en cohérence de la production des biens et des services ? 

"L'uberisation" des services comme l'intégration robotique de nouveaux cycles de transformation des matières ne manquent pas d'être invoquées comme menaces et dissociation entre une minorité de femmes et d'hommes "inséré.e.s" et une majorité croissante "d'excédentaires". En réalité, les facultés de coopération dans le travail se sont déployées au point où une déprolétarisation radicale de l'humanité paraît possible à l'échéance de quelques générations. 

Le retard politique, d'appréhension des réels et des possibles, handicape le présent : les intérêts politiciens, de "cohérence du discours" et de la carrière sont plus prégnants que jamais, jusque dans les mouvements politico-sociaux majeurs, en Espagne, en France…  La vulgate anti-libérale prompte à réinventer le chevènementisme oublie un trait majeur du moment et de la période : la mondialisation de "l'économie de marché" a comporté bien avant Bretton Woods la mondialisation de l'État-nation. 

L'appel à l'État contre le marché a une pertinence, elle ne peut pas s'abstraire des transformations politiques en développement dans un monde où le salariat mis en relation par le marché est passé en trente ans d'un milliard 1/2 d'individus à plus de trois milliards. 

mardi 7 mars 2017

L'autogestion, moyen, chemin et but pour penser l'émancipation scolaire, par Florence Ciaravola, Bruno Della Sudda, Christophe Lemasson*

« Une éducation du peuple par l’Etat est chose absolument condamnable. Déterminer par une loi générale les ressources des écoles primaires, les aptitudes exigées du personnel enseignant, les disciplines enseignées etc et-comme cela se fait aux Etats-Unis- faire surveiller par les inspecteurs d’Etat l’exécution de ces prescriptions légales, voilà qui est tout à fait autre chose que de faire de l’Etat l’éducateur du peuple ! Bien au contraire il faut au même titre, refuser au gouvernement et à l’Eglise, toute influence sur l’Ecole… C’est au contraire l’Etat qui a besoin d’une éducation bien rude, administrée par le peuple. »

 
(K.Marx . Critique du programme de Gotha. 1875)

Penser aujourd’hui l’émancipation scolaire est une tâche complexe dans une période marquée sur le plan éducatif par deux phénomènes majeurs : une mutation d’ampleur au sein de l’appareil scolaire, une difficulté renouvelée pour les forces de transformation sociale, et plus précisément de la gauche politique radicale, d’élaboration d’un projet alternatif en matière éducative. 

samedi 4 mars 2017

Nouveaux défis pour l'altermondialisme, par Bruno Della Sudda et Guy Giani (août 2015)

Les conditions d’émergence, au tournant du siècle, de l’altermondialisme, ce mouvement des mouvements, sont décisives pour en saisir l’importance et la dynamique. 

Trois concomitances peuvent être relevées. En premier lieu, le mouvement surgit dans une phase d’internationalisation-globalisation du capital aussi importante que la première grande internationalisation du début du 20e siècle. 

La première appellation de mouvement antimondialisation (à l’occasion de la manifestation de Seattle en 1999) reflète bien ce lien. Le mouvement se construit d’abord en s’opposant. 

En second lieu, le mouvement se structure alors dans une phase de profonde transformation des sociétés capitalistes. Au centre, le capitalisme libéral se réfère de plus en plus à l’autonomie des salariés, fait appel à leur initiative, à leur créativité et à leur capacité de coopération (Boltanski et Chiapello, 1999). Les multinationales se structurent en réseaux planétaires. 

vendredi 3 mars 2017

Majorité introuvable aux législatives, par Gérard Fretelliere

Plusieurs des adhérent-es du Réseau animent des publications régulières sur le web. C'est le cas de Gérard Fretelliere, inlassable animateur de la gauche alternative à Sablé (Sarthe) à qui nous devons l'analyse ci-dessous.

Aujourd'hui, on ne sait pas qui gagnera l'élection présidentielle mais on a tout lieu de supposer qu'il (ou elle) se trouvera parmi l'un(e) des candidat(e)s suivant(e)s : François Fillon, Benoît Hamon, Marine Le Pen, Emmanuel Macron, Jean-Luc Mélenchon. 

Sachant que le pourcentage pour être présent au second tour peut être faible (15,58% en 1965) ou nettement plus élevé (21,28% en 1969) ; il s'agit du score du 3ème plus epsilon. La moyenne se situant entre 16,2% et 18,6%. 

Populisme : à l'origine d'un mot valise. Fragment de controverse, par Eugène Begoc

8,5 % des voix à l'élection présidentielle de 1892, 10% à l'élection de 1894 : le People Party ou Parti du Peuple des USA reste un exemple inégalé d'une protestation aboutie par les urnes. C'était dans les États-Unis de la deuxième révolution industrielle. 

Le moment politico-social 

L'oligarchie - que Jack London mettra en accusation en publiant en 1908 le Talon de fer - est alors en pleine ascension. Les financiers et les capitaines d'industrie bénéficient toujours des effets démultiplicateurs des budgets de la guerre de Sécession et des reconstructions consécutives. Les conseils d'administration qui président à la construction des chemins de fer se font octroyer de larges bandes foncières de part et d'autre des tracés qu'ils négocient. 

Spéculation et corruption adhèrent de toutes parts à un formidable développement de la grande industrie, de la mécanisation agricole et des métropoles urbaines. Les Républicains abolitionnistes règlementent timidement les conglomérats industriels ; ils tentent, également timidement, de contraindre les États du sud et le Parti Démocrate à lever leurs veto au droit de vote des anciens esclaves. 

dimanche 26 février 2017

Israël au TPI de la Haye, maintenant, par Michel Warschawski

"L’Etat d’Israël a fait sien le droit international, et celui-ci interdit à tout État qui a adopté le droit international, d’appliquer ses lois sur des territoires qui ne font pas partie de sa souveraineté. S’il le fait quand même […] il apparaît comme un État d’apartheid, ce que nous ne sommes pas. Il n’y a aucune ambiguïté : Israël n’a tout simplement pas le droit d’appliquer des lois de la Knesset sur des territoires qui ne font pas partie de sa souveraineté.

Cette citation n’est pas de Gideon Levi ou de la députée de la Liste [arabe] Unifiée, Haneen Zoabi, mais de Reuven Rivlin, Président de l’État d’Israël. Ce ne sera pas la première fois que cet ultra-nationaliste qui vient de l’aile droite du Likoud, se sent obligé de faire la morale à Benjamin Netanyahou, et de lui rappeler et le droit et le bon sens. 

mardi 21 février 2017

Actualité de Pierre Naville : "Questions à l'autogestion" (Tribune Socialiste septembre 1979)

Dans un précédant article publié le 21 décembre 2016 nous avons, dans une courte biographie, rappelé l’importance qu’a pu avoir Pierre Naville dans l’histoire intellectuelle et militante de la gauche tant par ses écrits théoriques que par sa participation aux activités des organisations politiques auxquelles il a participé des premiers groupes trotskystes avant-guerre au PSU. 

L’institut Tribune Socialiste après avoir organisé le 11 janvier 2017 une réunion sur l’ouvrage de Pierre Cuenot Pierre Naville et le PSU (1960-1990) vient de mettre sur son site un article de Pierre initialement publié dans Tribune Socialiste de septembre octobre 1979 sur la perspective autogestionnaire. Avec l’autorisation d’ITS nous le publions également sur notre site. 

Pierre Naville a joué pendant une bonne partie du XX° siècle et dès les années 20 un rôle considérable dans l’histoire des idées, du surréalisme au marxisme non stalinien. Il a été avec Georges Friedman à l’origine de la sociologie du travail. 

Dans le cadre des réunions mensuelles des jeudis des éditions Syllepse une réunion le 2 mars sera consacrée à la réédition de l’ouvrage « Vers l’automatisme social ? ». 

vendredi 17 février 2017

L'élection présidentielle est-elle compatible avec la démocratie ?, par Guy Giani*

En Janvier 2003, les Amis de Tribune Socialiste rendaient compte d’un de leurs échanges sous le titre « Faut-il un président ? »(1). Treize ans plus tard et un an avant la Présidentielle de 2017 qui focalise déjà les appareils et les entrepreneurs politiques, le Réseau pour l’autogestion, les alternatives, l’altermondialisme, l’écologie et le féminisme (2) a choisi d’organiser son premier débat public le 2 avril 2016 sur le thème « L’élection présidentielle est-elle compatible avec la démocratie ? ». 

Même si le second titre peut être considéré comme plus explicite que le premier, on devine une préoccupation commune à 13 ans de distance. Il n’est pas certain que la gauche de gauche ait fréquemment porté cette préoccupation durant les campagnes présidentielles des décennies passées. Moins encore le Parti communiste français. 

Si le courant autogestionnaire et, plus généralement, les différentes organisations d’extrême gauche ont été sensibles à la critique des institutions après 1968, l’élection présidentielle modèle Ve République a rarement été analysée comme un dispositif aliénant et légitimant la démocratie du capital. 

mercredi 15 février 2017

Renverser l'ordre présidentiel ! Une nécessité pour ouvrir des potentialités de pouvoir populaire et citoyen, par Arthur Leduc*

La question posée à l'occasion de cette réunion débat (1) nous invite à ne pas aborder l’élection présidentielle sous l’angle de la conjoncture politique immédiate mais bien plutôt dans une perspective stratégique. 

Je souhaite dans un premier temps la traiter en partant des acquis politiques des Alternatifs, un « parti-mouvement » ayant pour référence principale l’autogestion, qui s’est auto-dépassé récemment dans la construction du mouvement Ensemble ! et duquel émane le Réseau pour l’autogestion, les alternatives, l’altermondialisme, l’écologie, le féminisme. 

Je n’ai bien entendu ici aucune prétention à l’exhaustivité vis-à-vis des élaborations politiques des Alternatifs. Je me baserai donc sur quelques textes qui me semblent pertinents pour aborder cette question dans une perspective stratégique. 

Subvertir la règle du jeu, par Pierre Zarka*

En quoi la question de la démocratisation de la présidentielle n’est-elle pas intemporelle ? 

Les militants attachés à une alternative au capitalisme sont confrontés à un verrou. Nous sommes habitués à dissocier le court et le long terme comme deux phénomènes totalement distincts. Mais est-on sûr qu’une vision du long terme soit sans effet sur les comportements du court terme ? 

Même lorsqu’une volonté anticapitaliste est affichée, la vie politique tourne davantage autour d’un pragmatisme qui enferme de fait dans l’adaptation au système plus que dans sa subversion. Rarement ce que l’on appelle par euphémisme adaptabilité n’aura autant été présenté comme une vertu. 

Les échecs des grands récits en «isme» du XXe siècle nous lèguent une frilosité à l’égard non seulement des concepts et des tentatives de mise en cohérence mais à l’égard du principe même d’oser rêver autre chose, de se projeter au-delà de l’horizon du capitalisme. 

Présidentielle et Démocratie, par Marie-Christine Vergiat*

L'élection présidentielle est une élection majeure dans le système politique français, celle à laquelle le plus grand nombre de nos concitoyens participe, du moins jusqu’à présent. Pour savoir si elle est compatible avec la démocratie, il faut d’abord regarder dans quel cadre institutionnel elle a lieu. 

Et pour cela, il faut prendre en compte plusieurs temps : 

➣Celui des élections elles-mêmes : présidentielle, puis législatives en 2017 ; 

➣ Celui du changement constitutionnel ; 

➣ Enfin celui du projet politique.