lundi 4 juin 2018

Populisme... ou bien émancipation et autogestion. Les débats

Le 24 Mars dernier, notre Réseau a tenu une journée de réflexion sur la signification et les limites de ce qu'on appelle le "populisme de gauche". Une journée qui a réuni une trentaine de personnes dans la salle du Maltais Rouge à Paris. 

Après avoir publié sur le blog les exposés introductifs des 3 intervenants pressentis pour cette journée de travail, nous mettons en ligne l'enregistrement vidéo des extraits les plus significatifs des débats qui ont suivi : 

 - le débat autour des thèses de E Laclau et C Mouffe :


- Populismes en Amérique indo afro latine - le débat : 


  
- "Eux et nous" - le débat :


dimanche 20 mai 2018

Altermondialisme, bilan et perspectives après Salvador de Bahia 2018, samedi 9 juin au Maltais rouge. Invitation

Dès le début des années 2000, nous avions perçu et analysé le mouvement altermondialiste comme un mouvement d'émancipation majeur. Appelé aussi le « mouvement des mouvements », l'altermondialisme a eu un impact considérable et il a été pour nous un terrain de participation active et d'observation à la fois pratique et théorique, d'un point de vue à la fois autogestionnaire, écologiste, féministe et bien sûr internationaliste. 

Après le coup d'envoi de Porto-Alegre, les nombreuses éditions précédentes du FSM et celle de Salvador de Bahia en mars dernier, mais aussi la multiplication des forums thématiques, où en est aujourd'hui l'altermondialisme ? 

Que signifie le fait qu'il semble passé de mode quand on observe le faible traitement médiatique qui lui a été réservé à l'occasion des éditions du FSM de Tunis en 2013 et 2015, qui ont pourtant été des succès ? 

Jacques Bidet : "Eux et nous", une alternative au populisme de gauche



Richard Neuville : les expériences populistes en Indo Afro Amérique Latine



Pierre Khalfa : à propos des thèses d'E. Laclau et de C. Mouffe



Populisme... ou bien autogestion et émancipation ?

C'était le thème de la journée de réflexion que le Réseau pour l'Autogestion, les Alternatives, l'Altermondialisme, l'Ecologie et le Féminisme a tenu le Samedi 24 Mars. 

Une journée qui a réuni une trentaine de personnes dans la salle du Maltais Rouge à Paris et qui a démarré, en guise d'exposé introductif au débat, par un regard critique porté par Pierre Khalfa sur les thèses d'Ernesto Laclau et Chantal Mouffe, deux penseurs du populisme qui font aujourd'hui référence dans une partie de la gauche européenne. Des thèses qui, selon l'intervenant, comportent une part de vérité comme la rupture avec la "centralité ouvrière" dans le combat pour l'émancipation au sein des sociétés modernes; mais qui révèlent aussi des contradictions dans le raisonnement et des risques de forte dérive avec le rôle dévolu par ces auteurs au "leader" qui doit "construire le peuple" 

vendredi 27 avril 2018

Où va la droite française ? , par Yvon Kervella

La République en Marche a pour cohérence l'alignement inconditionnel sur le titulaire de l'Élysée. Le néoconservatisme élyséen décomplexé affiche ses sources, la pensée réactionnaire de Ricoeur et, "en même temps", les orientations délirantes d'Attali, celui qui se projette en parrain du capitalisme à la française. 

Les premiers pas du binôme Philippe-Macron ne sont d'ailleurs pas sans rappeler l'allure cahotante du binôme Debré-de-Gaulle qui déploya, trois ans durant, des mesures d'une grande brutalité tout en divergeant sur l'indépendance algérienne. 

L'implosion des deux partis de gouvernement de la quatrième République française, le MRP et la SFIO, est un autre facteur de parenté des deux moments, tant l'autodestruction du PS et le retour avorté du clan affairiste Fillon-Sarkozy ont pesé dans l'improbable résultat institutionnel de 2017. 

lundi 23 avril 2018

L’autogestion en mai et juin 1968 en France. Report du débat

Compte tenu de la mobilisation « Marée populaire » prévue le samedi 26 mai, les organisations parties prenantes de cette initiative reportent cette réunion à une date ultérieure.

Samedi 26 mai 2018 de 14 h à 19 h à l’Union Syndicale Solidaires – 31 rue de la Grange aux Belles, 75010 Paris, 

Débat  co-organisé par Alternatives et autogestion (A&A), l’Association Autogestion (AA), l’Association des communistes unitaires (ACU), les Amis de Tribune socialiste (ATS), l’Observatoire des mouvements de la société (OMOS), le Réseau pour l’autogestion, les alternatives, l’altermondialisme, l’écologie et le féminisme (AAAEF), Solidarité écologie gauche alternative (SEGA), les éditions Syllepse et l’Union syndicale Solidaires. 

Les expériences d’autogestion les plus avancées de Mai 68 sont connues : la « Commune de Nantes », les « soviets » du CEA de Saclay, la sortie sous contrôle syndical de la presse quotidienne, la Sorbonne, les Beaux-Arts. Elles sont rares et sont devenus des mythes. Il y a lieu de les faire connaître à nouveau, et encore plus largement. Et il y a d’autres expériences qui restent encore dans l’ombre… 

lundi 16 avril 2018

Forum Social de Salvador de Bahia : quelques premières leçons, par Gustave Massiah

Le Forum Social Mondial de Salvador de Bahia s’est déroulé du 13 au 17 mars 2018. Le mot d’ordre retenu était « Résister c’est créer, résister c’est transformer ». Ce forum avait trois dimensions : un forum bahianais qui a été une grande réussite, un forum brésilien déterminé par la situation au Brésil et en Amérique latine, un forum international axé sur la situation mondiale et l’avenir des forums. 

Le Forum a été très suivi. 

Entre la marche et les activités, il y a eu suivant les estimations entre 50000 et 80000 participants. Ils venaient massivement de Bahia et du Brésil. Comme c’est le cas dans tous les forums, la plupart des participants viennent du pays et de la région. Il y a eu des participants de 120 pays. Surtout d’Amérique Latine, avec quelques autres fortes délégations (Allemagne, Espagne, France, Maroc, Québec, Suisse). Plusieurs mouvements africains étaient représentés. Il y avait des mouvements asiatiques en petit nombre (Inde, Chine, Népal, Japon, Indonésie, …). 

vendredi 13 avril 2018

"Les coriaces sans les voraces". Un film à voir.

Réalisé par Claude Hirsch, c'est le 3ème film, après "pot de thé, pot de fer" et "1336 jours, des hauts, débat mais debout", que le réalisateur consacre depuis 2011 à l'aventure des travailleurs de ce qui est devenu la SCOP-TI (Société Coopérative Ouvrière Provençale -Thés et Infusions). 

"On fabrique, on vend, on se paie"

Cette formule, inventée par les ouvriers de LIP prenant le contrôle de leur usine en 1973, pourrait bien être celle des coopérateurs de SCOP-TI, ces anciens de Fralib (entreprise produisant auparavant les thés l'Eléphant à Gémenos près de Marseille) qui au bout de 1336 jours de lutte ont réussi à faire plier le géant UNILEVER qui voulait délocaliser la production en Europe de l'Est. 1336 jours de lutte qui leur ont permis d'arracher la reprise du site et la relance d'une production sous la forme d'une coopérative ouvrière. 

La SCOP-TI est maintenant sur les rails. Elle produit et commercialise des thés et des tisanes. Elle cherche à se diversifier en proposant des produits bios et issus de productions locales dans la perspective de relancer une filière de proximité. 

ZAD Notre-Dame-des-Landes : non à la violence de l'Etat contre les communs ! , par Pierre Dardot et Christian Laval

La destruction violente des communs de la ZAD de Notre-Dame-des-Landes par le gouvernement français est un acte infâme et révoltant. L’actuelle offensive policière, menée par plusieurs milliers de gendarmes et de CRS, avec engins blindés et hélicoptères n’est que l’exercice de la violence étatique la plus pure contre un ensemble de pratiques collectives en cours ou en gestation, dont les fragiles conditions matérielles (bâtiments, lieux de réunion, outils de travail, troupeaux) sont anéanties par les bulldozers et les escouades policières. 

Dès la première journée d’assaut contre la ZAD de Notre-Dame-des-Landes, la destruction de la ferme des « cents noms » constituait une véritable déclaration de guerre sociale et politique. La destruction de ce lieu ne s’imposait nullement au regard des critères invoqués par le gouvernement dans sa « communication ». Nicole Klein, préfète des pays de Loire, justifie l’opération policière en prétendant que les « cents noms » n’avaient pas déposé de projet agricole. Ce qui est de toute évidence faux : les habitants de cette ferme étaient porteurs d’un projet agricole alternatif et certains d’entre eux avaient déposé une demande de régularisation. 

lundi 26 mars 2018

Dominations, discriminations, inégalités, Quelles luttes de classes aujourd’hui ? par Pierre Khalfa


Pierre Khalfa, après l’analyse des travaux de Laclau et Mouffe, a précisé sa propre conception des dynamiques politiques à l’assemblée réunie par le Réseau AAAEF le 24 mars. Il nous a donné son accord pour publier le texte « quelles luttes de classes aujourd’hui ? ».

Comme on le verra la problématique approfondie par Pierre est majeure et contribue à l’élargissement des échanges utiles aux constructions d’aujourd’hui et de demain.

E.B.

Partir de la question des discriminations, des dominations et des inégalités pour essayer de répondre à la question « quelles luttes de classes aujourd’hui » suppose d’aborder un point central de la pensée marxiste, celle du sujet de la transformation sociale, du sujet de l’action collective, c’est-à-dire, pour utiliser la terminologie marxiste, de reprendre la réflexion sur le sujet révolutionnaire. Pour cela, il faut partir de Marx, mais aussi rompre, au moins en partie, avec lui. 

Ce qui nous intéresse ici est d’ailleurs moins Marx lui-même dont la pensée complexe, quelquefois contradictoire, ne se laisse pas réduire à un aspect, que le « marxisme historique », c’est-à-dire la façon dont la pensée de Marx fut comprise et construite dans une orthodoxie qui fut, avec des variantes certes non négligeables suivant les courants, dominante dans le mouvement ouvrier. 

dimanche 25 mars 2018

Populisme ou émancipation et autogestion ? Premier écho de la journée du 24 mars

Une trentaine de femmes et d'hommes ont travaillé ce 24 mars à démêler ce qui, dans les conceptions à gauche, dynamise les volontés d'émancipation de ce qui infléchit et rogne ces mêmes volontés. 

Jacques Bidet ainsi est revenu sur la nécessité de comprendre pourquoi les droites peuvent être à ce point majoritaires. Il a exposé ses pistes de travail pour explorer, au-delà de la thèse des "1%" d'Occupy Wall Street, comment un encadrement nombreux et étendu déploie des mécanismes d'organisation complexes pour reproduire les "sociétés des marchés". 

À quelles alliances de groupes sociaux et à quelles formes politiques ouvrir la voie ? C'est la question dont se sont saisi.e.s les participant.e.s à partir de cette mise à jour de l'état du monde, très à l'opposé donc de l'orientation populiste, accusée du jour. 

mercredi 21 mars 2018

Populisme .... ou bien émancipation et autogestion ? Journée de réflexion du Réseau AAEF samedi 24 mars. programme définitif

Cette journée se tient samedi prochain 24 mars au Maltais Rouge, 
40 rue de Malte à Paris.


Programme définitif de la journée 

-  10 h : accueil, présentation rapide du Réseau et de la journée de travail 

-  10 h 15 – 10 h 45 : intervention de Pierre Khalfa : analyse critique des thèses sur le « populisme de gauche » à partir des travaux d’Ernest Laclau et Chantal Mouffe 

-  11 h – 11 h 20 : intervention de Richard Neuville : éclairage sur le développement des phénomènes populistes en Amérique latino-afro-indienne 

mardi 20 mars 2018

Populisme ou changement de société ? Journée d’études du 24 mars 2018 . Contribution

Plan de la contribution 

- Hostilités au populisme : sont-elles synonymes de défiance envers « LE peuple » ? 
- Opposition entre « eux » et « nous » : à quoi sert l’étude de « la culture du pauvre » ? 
- Mouvements et régimes populistes dans les approches des historiens Laclau : quand le politique perd le nord 
- Des questions essentielles en ces temps d’avenirs incertains des capitalismes 
-  Pistes de travail 

Le débat que nous engageons arrive tardivement à en juger par la rubrique débat-idées du n°2 du Nouveau magazine littéraire en kiosques en février. Simon Blin y commence ainsi le dossier consacré au populisme de gauche: « Ernesto Laclau et Chantal Mouffe inspirent Podemos et la France Insoumise. Plongée au cœur d’une pensée qui a conquis les gauches européennes. »