mardi 25 décembre 2018

La leçon des gilets jaunes aux gilets rouges, par Jacques Bidet


La mobilisation de ces dernières semaines doit servir de leçon à la gauche populaire, incapable de surmonter ses divisions. Plutôt que de multiplier les partis et les mouvements, elle doit constituer des collectifs locaux, lieux de débats et d'action citoyenne. Tribune. 

La «gauche populaire», appelons ainsi celle qui s’est retrouvée sur le vote Mélenchon à la présidentielle de 2017, a vu les gilets jaunes reprendre une bonne part de ses revendications. Et pourtant elle n’en ressort pas revigorée. A-t-elle vraiment compris la leçon qui lui a été administrée ? Elle prétend «donner le pouvoir au peuple». Mais elle est elle-même incapable de le laisser à son propre «peuple». 

vendredi 21 décembre 2018

Les Migrations à rebours des idées reçues. Entretien avec François Héran


Le démographe François Héran, titulaire de la chaire Migrations et sociétés au Collège de France, bat en brèche nos idées reçues sur les migrations et explique à CNRS Le Journal pourquoi, avec plus de 800 autres chercheurs, il appelle à la création d’un Giec des migrations. Entretien réalisé par Laure Cailloce

 Vous êtes démographe, vous dirigez l'Institut Convergences Migrations1, et vous avez passé la majeure partie de votre carrière entre l’Institut national d’études démographiques (Ined) et l’Insee. Depuis quand travaillez-vous sur le sujet des migrations ? 

François Héran : J’ai découvert le sujet des migrations en 1976. Après des études de philosophie, j’ai fait une thèse d’anthropologie sur les transformations de la grande propriété agraire en Andalousie depuis le XVIIIe siècle, ce qui m’a amené à m’intéresser aussi aux micropropriétaires qui vivaient en marge du système et qui, à cette époque, étaient nombreux à émigrer.

jeudi 20 décembre 2018

De la démocratie économique, vers la démocratie totale. Débat le 19 janvier à Paris


Réunion – Débat Samedi 19 janvier 2019, de 9h30 à 17h 

31, rue de la Grange aux Belles 75010 Paris 
Métro ligne 2, Colonel Fabien ; 
bus 75 ou 26 

Ce débat est co-organisé par l’Association Autogestion (AA), l’Association des communistes unitaires (ACU), les Amis de Tribune socialiste (ATS), Cerises, l’Observatoire des mouvements de la société (OMOS), le Réseau pour l’autogestion, les alternatives, l’altermondialisme, l’écologie et le féminisme (AAAEF), le Temps des lilas et l’Union syndicale Solidaires. 

La récente séquence des Gilets jaunes a mis à nu une aspiration à la démocratie face aux décisions d’un pouvoir dépourvu d’une quelconque assise populaire. Au-delà de la satisfaction de revendications relatives au pouvoir d’achat, une proposition de référendum d’initiative citoyenne semble émerger. 

Emanciper le travail.. la vidéo du débat du 29 novembre


Jeudi 29 novembre 2018, une soirée débat s’est tenue sur le thème « Emanciper le travail ? » avec pour invités, Alexis Cukier, auteur de Le travail démocratique, édité par les Presses universitaires de France, et Thomas Coutrot, auteur de Libérer le travail, Pourquoi la gauche s’en moque et pourquoi ça doit changer, édité par les Éditions du Seuil. 

Nous publions ici la vidéo de cette soirée.

mercredi 19 décembre 2018

Réunion nationale du Réseau samedi 26 janvier 2018


Cette réunion aura lieu au Maltais Rouge 40 rue de Malte 75011 Paris métros Oberkampf ou république et se déroulera en deux temps. 

Le matin AG annuelle de l’association de 9 h 30 à 12 h. 

Bilan des activités de l’association en 2018 soit en tant que Réseau soit dans le cadre du regroupement avec des associations ou mouvements proches dont Solidaires participation aux activités et réunions des « associations émancipatrices ». 

Projet du nouveau journal électronique Cerises la coopérative. 

« Gilets jaunes » : une enquête pionnière sur la « révolte des revenus modestes »


Article paru initialement dans le Journal Le Monde

Collectif, Le Monde, 12 décembre 2018

Un collectif de chercheurs présente, dans une tribune au « Monde », les premiers résultats d’une étude détaillée qui s’appuie sur 166 questionnaires distribués sur des ronds-points et lors de manifestations.

Une équipe de 70 universitaires mobilisée

Collectif d’universitaires, nous avons lancé, dès la fin du mois de novembre, une enquête de terrain pour comprendre le mouvement des « gilets jaunes ». Nous sommes allés les rencontrer dans différentes régions de France, dans les manifestations et sur les ronds-points. Nous livrons ici les premiers résultats sur les profils et les motivations qui apparaissent derrière les « gilets jaunes ».

Le 21 octobre, Priscillia Ludosky crée une pétition en ligne « Pour une baisse des prix du carburant à la pompe ! ». Rapidement et massivement diffusée sur les réseaux sociaux, relayée par les médias, la pétition atteint 200 000 signataires en quelques jours, et plus de 1 million aujourd’hui.

mardi 18 décembre 2018

Premier retour sur des samedis "jaunes", par Eugène Bégoc

Dans le cadre des discussions actuelles sur l'analyse de la séquence politico-sociale initiée par les Gilets Jaunes et sur ses conséquences, le Réseau a déjà publié un certain nombre d'analyses donnant un éclairage souvent positif sur le mouvement en cours.
Cet éclairage positif se justifie sur le fond par la trajectoire du mouvement des gilets jaunes, au-delà de sa phase initiale marquée par de profondes ambigüités. Celles-ci n'ont certes pas disparu -et nous savons que ce qui est pointé en Picardie peut l'être ailleurs aussi- mais elles ont été largement débordées dans de très nombreux territoires par une problématique sociale très marquée et tendanciellement égalitaire qu'il est impossible d'ignorer.
C'est cette trajectoire, traduite dans l'enquête sociologique publiée par "le Monde", qui rendait à la fois possible et indispensable la jonction avec le mouvement syndical et le mouvement lycéen. C'est ce à quoi se sont attaché.e.s, dans tel secteur ou telle ville, bon nombre de militant.e.s de gauche et à juste titre, malgré de réelles difficultés. Cette jonction, partielle et limitée, montrait la voie. C'est à cela qu'il faudra s'atteler à l'avenir, en réfléchissant collectivement aux modalités de construction d'une telle jonction, si l'on veut tirer des enseignements féconds de la séquence que nous venons de vivre et si nous voulons préparer l'avenir.

lundi 17 décembre 2018

A Saint-Nazaire: "Je ne suis pas en lutte, je suis une lutte", par Pierre-Yves Bulteau (Mediapart.fr)


L’ancienne sous-préfecture de la ville de Loire-Atlantique a fait place à une réquisition citoyenne. Le lieu a été baptisé « Maison du peuple ». De façon autogérée, on y discute du sens de la démocratie, comme de l’impact de la lutte sur ceux qui la mènent. Saint-Nazaire (Loire-Atlantique), de notre envoyé spécial. 

« Je ne suis pas en lutte, je suis une lutte. » 

Jonathan, que tout le monde ici appelle affectueusement Yoyo, est un gaillard aux cheveux gominés, à la voix voilée par les gaz lacrymos respirés et les centaines de roulées grillées. Alors qu’il était en train de monter un restaurant avec son frère, il a tout arrêté. « Tellement j’ai trouvé en ce lieu du cœur et de l’humanité. » 

mardi 11 décembre 2018

Gilets jaunes : crépuscule du parlementarisme, par Alain Bertho



Nous assistons à l’émergence d’une mobilisation politique de type nouveau. Les gilets jaunes se placent en interlocuteurs directs de l’exécutif. Telle est la logique contemporaine de coupure entre l’Etat et les peuples, d’effondrement des formes représentatives de démocratie. Les gilets jaunes sont pleinement de leur temps, celui des printemps arabes, des places occupées et des ZAD.

Depuis quelques semaines nous assistons en direct à l’émergence d’une mobilisation politique de type nouveau. Et depuis quelques semaines gouvernement et partis partagent une erreur de diagnostic : cette mobilisation ne serait qu’un cri de colère, un mouvement social spontanée qui verrait sa vérité dans sa seule sociologie. Peuple des campagnes et des petites villes, France des "territoires" oubliés ? Sans doute. Mais surtout et d’abord mobilisation collective durable et populaire bien au-delà des truismes sociologiques.

Les enjeux d'une explosion sociale, par Arthur Leduc


On peut faire le constat d'une crise politique majeure, une véritable crise de régime. Alors que le pouvoir avait tenu droit dans ses bottes face aux manifestations contre la loi travail, face aux mobilisations des cheminot-e-s, pour la première fois, il recule. Même si c'est pour lâcher des miettes, c'est symbolique de la peur qui a saisi le pouvoir. Peur qui se voit aussi dans les flottements, les contradictions dans les annonces faites pour essayer de mettre fin à la situation.

On a donc sous les yeux une véritable explosion sociale. Cela se traduit par une radicalisation de la répression, des menaces de recourir à l'armée et à l'état d'urgence. Il y a une véritable fuite en avant répressive qui vise a écraser les mobilisations et qui révèle une aggravation autoritaire très dangereuse. Mais la possibilité de la chute de Macron est réelle d'autant que des secteurs de l'appareil d'État semblent fragilisés avec une « grogne » chez les policierˑeˑs et des arrêts maladies en cascade chez les CRS. Les préfets eux-mêmes expriment quasi-publiquement des inquiétudes ce qui est révélateur de la crise du pouvoir.

Les Gilets Jaunes ou le discrédit de la démocratie représentative, par Philippe Marlière


L’actuel mouvement des Gilets Jaunes a surgi en surprenant tous les observateurs et les militant-e-s. Il est bien sur bien trop tôt pour en tirer des conclusions, mais il nous a semblé utile de publier quelques textes insistant en particulier sur la  crise institutionnelle et la nécessité de la démocratie jusqu’au bout élément constitutif majeur et incontournable de toute perspective d’émancipation.

Henri Mermé

"Au-delà de multiples revendications politiques plus ou moins claires et cohérentes, les Gilets Jaunes expriment surtout une critique radicale du régime de représentation politique. Dans leur modus operandi, ils chamboulent deux siècles d’action politique ; ils en piétinent les règles et la bienséance.

vendredi 23 novembre 2018

"Les “gilets jaunes” sont aussi le produit d’une succession d’échecs du mouvement social"

Pour un collectif de membres d’Attac et de la fondation Copernic, le mouvement de revendications fera date en dépit de certains dérapages, car il peut permettre de dépasser une crise généralisée, qui touche également la gauche. Tribune. 

La colère sociale a trouvé avec le mouvement des « gilets jaunes » une expression inédite. Le caractère néopoujadiste et antifiscaliste qui semblait dominer il y a encore quelques semaines et les tentatives d’instrumentalisation de l’extrême droite et de la droite extrême ont été relativisés par la dynamique propre du mouvement, qui s’est considérablement élargi, et la conscience que les taxes sur l’essence étaient « la goutte d’eau qui fait déborder le vase ». Quelques dérapages homophobes ou racistes, certes marginaux mais néanmoins détestables, et des incidents quelquefois graves n’en ternissent pas le sens. 

Ce mouvement d’auto-organisation populaire fera date et c’est une bonne nouvelle. Le mouvement des « gilets jaunes » est d’abord le symptôme d’une crise généralisée, celle de la représentation politique et sociale des classes populaires. Le mouvement ouvrier organisé a longtemps été la force qui cristallisait les mécontentements sociaux et leur donnait un sens, un imaginaire d’émancipation. La puissance du néolibéralisme a progressivement affaibli son influence dans la société en ne lui laissant qu’une fonction d’accompagnement des régressions sociales. 

Gilets jaune. "Les leçons de l'histoire", par Gérard Noiriel*

DANS UNE TRIBUNE PUBLIEE PAR LE JOURNAL LE MONDE (20/11/2018), le sociologue Pierre Merle écrit que « le mouvement des « gilets jaunes » rappelle les jacqueries de l’Ancien Régime et des périodes révolutionnaires ». Et il s’interroge: « Les leçons de l’histoire peuvent-elles encore être comprises ? » 

Je suis convaincu, moi aussi, qu’une mise en perspective historique de ce mouvement social peut nous aider à le comprendre. C’est la raison pour laquelle le terme de « jacquerie » (utilisé par d’autres commentateurs et notamment par Eric Zemmour, l’historien du Figaro récemment adoubé par France Culture dans l’émission d’Alain Finkielkraut qui illustre parfaitement le titre de son livre sur « la défaite de la pensée ») ne me paraît pas pertinent. 

Dans mon Histoire populaire de la France, j’ai montré que tous les mouvements sociaux depuis le Moyen Age avaient fait l’objet d’une lutte intense entre les dominants et les dominés à propos de la définition et de la représentation du peuple en lutte. Le mot « jacquerie » a servi à désigner les soulèvements de ces paysans que les élites surnommaient les « jacques », terme méprisant que l’on retrouve dans l’expression « faire le Jacques » (se comporter comme un paysan lourd et stupide). 

jeudi 8 novembre 2018

Que manquent-ils à nos luttes pour être victorieuses ? Débat samedi 1er décembre Paris

Réunion - débat Samedi 1er décembre 2018, de 9h30 à 17h
31, rue de la Grange aux Belles 75010 Paris 
Métro ligne 2, Colonel Fabien ; bus 75 ou 26 

co-organisé par l’Association Autogestion (AA), l’Association des communistes unitaires (ACU), les Amis de Tribune socialiste (ATS), Cerises, l’Observatoire des mouvements de la société (OMOS), le Réseau pour l’autogestion, les alternatives, l’altermondialisme, l’écologie et le féminisme (AAAEF), le Temps des lilas et l’Union syndicale Solidaires. 

La rentrée se fait avec le souvenir de l’échec des cheminots au printemps dernier. Comment interroger les échecs de luttes pourtant déterminées, massives, souvent soutenues par une part importante de la population ? 

mercredi 24 octobre 2018

Emanciper le travail ? Débat avec Alexis Cukier et Thomas Coutrot


Jeudi 29 novembre 2018, à 19 heures 

Le Maltais rouge, 40 rue de Malte, 
75011 Paris 

Métro République ou Oberkampf 

Co-organisé par l’Association Autogestion, le réseau AAAEF, les ATS, Cerises, l’OMOS, Le Temps des Lilas et l’Union Syndicale Solidaires. 

Les nouveaux modes de gestion managériale des salarié.e.s tendent à parcelliser le travail au point où ceux-ci sont réduits à l’état d’exécutants, source d’une souffrance infinie. C’est dans ce contexte que de plus en plus de voix s’élèvent pour que le travail reprenne du sens, pour que les salarié.e.s puissent eux-mêmes maîtriser et auto-organiser leur travail. C’est d’ailleurs une condition pour tout projet de démocratie politique radicale. 

jeudi 11 octobre 2018

Samedi 13 octobre : l'autogestion dans les années 68. Retransmission video en direct à partir de 9h15.

Cette rencontre se tiendra dans les locaux de Solidaires, 31 rue de la Grange aux Belles 75010 Paris 

Elle sera retransmise en direct sur le net  à partir de 9 h 15 https://www.youtube.com/watch?v=z3S0Bu-D-LQ

Inscription (pour le buffet) autogestion68@gmail.com 

Programme (intervenants et discussion) 

vendredi 28 septembre 2018

dimanche 23 septembre 2018

Pour l’indépendance de la Kanaky, par Ensemble!

Les projections sur les intentions de vote du premier référendum sur l’indépendance du 4 novembre ne prêtent pas à l’optimisme. C’est bien la victoire du Non qui est annoncée. Il est dans la logique coloniale de peuplement qui laisse aujourd’hui les kanaks minoritaires dans leur propre pays. 

Cette victoire annoncée du NON a été très largement encouragée politiquement par les autorités françaises en particulier en raison des changements des critères de participation au référendum d’autodétermination entraînant la non inscription d’environ 30% de la population Kanak. La colonisation ne s’est pas arrêtée avec les accords de Matignon de 1988 puis de Nouméa de 1998. 

mardi 18 septembre 2018

Populisme de gauche, du nouveau ? A propos du dernier livre de Chantal Mouffe, par Pierre Khalfa

Le dernier livre de Chantal Mouffe, Pour un populisme de gauche[1],offre l’occasion de faire le point sur les fondements, les évolutions et les problèmes de ce qui se présente comme une nouvelle stratégie pour la gauche[2]. 

On envisagera cet ouvrage en le replaçant dans la lignée d’autres écrits, en particulier le livre fondateur d’Enersto Laclau La raison populiste[3]. 

Une conception tronquée de la politique 

Tout au long de ses écrits, Chantal Mouffe dénonce à juste titre l’illusion d’une politique sans conflits. Elle critique les conceptions consensuelles de la démocratie en affirmant « la nature hégémonique de tout ordre social »[4]. Dans son dernier ouvrage, elle oppose « deux façons d’envisager le champ politique. L’approche associative le présente comme la sphère de la liberté et de l’action de concert. À l’inverse l’approche dissociative le conçoit comme l’espace du conflit et de l’antagonisme[5] » et logiquement elle se réclame explicitement de cette dernière conception. 

mardi 4 septembre 2018

Brésil : urgent: tout faire pour empêcher la victoire de Lula et du PT, par João Sette Whitaker Ferreira

Depuis l'incarcération de Lula, les événements se suivent selon le scénario très précis mis en place par la droite brésilienne, dont l'objectif, aujourd'hui plus clair que jamais, est d'empêcher l'ancien président de revenir au pouvoir. Mais ce scénario a apparemment tout prévu, sauf une chose : que Lula, même en prison, voit sa popularité croître jour après jour, au point presque de pouvoir gagner les élections au premier tour, selon les sondages actuels (Lula a environ 38% des intentions de vote)

Le PT - Parti des Travailleurs a, de son côté, mis en place sa stratégie, sous la houlette du génie politique qu'est Lula, qui depuis la prison, réussit tant bien que mal à se réunir avec ses proches. 

Nous avions déjà anticipé, dans l'article précédent, les principaux éléments de cette stratégie: 

Débat avec Emmanuel Dockès et Benoît Borrits mercredi 19 septembre, 19h, au Maltais Rouge


Soiré co-organisée par Le réseau (AAAEF), l’Association Autogestion, ATS, l’OMOS et le Temps des Lilas  

Nous contestons le pouvoir donné aux actionnaires de diriger une entreprise dans laquelle ils ne travaillent pas, pouvoir qu’ils justifient par l’investissement qu’ils ont réalisé. 

Dans le cadre d’une économie sans actionnaires, quels seraient les outils de financement qui pourraient être à la disposition des unités de production ? 

Quelles seraient les formes juridiques possibles pour une unité de production ? 

Comment favoriser la liberté d’entreprendre ? 

Cette soirée d’échanges et de débats sera organisée à partir d’une double introduction d’Emmanuel Dockès (auteur de Voyage en Misarchie, Essai pour tout reconstruire, Éditions du Détour, 2017) et de Benoît Borrits (auteur d’Au-delà de la propriété, pour une économie des communs, La Découverte, 2018).

lundi 27 août 2018

L'autogestion dans les années 68. Colloque débat samedi 13 octobre de 9h à 18h30 à Paris. Programme définitif

31, rue de la Grange aux Belles 75010 Paris 
Métro ligne 2, Colonel Fabien ; bus 75 ou 26 

Les expériences d’autogestion les plus avancées de Mai et juin 68 sont connues : la « Commune de Nantes », les « soviets » du CEA de Saclay, la sortie sous contrôle syndical de la presse quotidienne, la Sorbonne, les Beaux-Arts. Elles sont rares et sont devenus des mythes. Il y a lieu de les faire connaître à nouveau, et encore plus largement. 

Mais 1968 ne se résume ni à la France, ni aux seuls mois de mai et de juin. Les « années 68 » sont marquées par des luttes dans lesquelles des dynamiques autogestionnaires sont en œuvre. 

En France, dans l’après-68 on le note tant dans les établissements scolaires et universitaires (Le 1973 lycéen, Vincennes) que dans les entreprises (Lip, Pil, Imro…), sur le plateau du Larzac, dans les expérimentations communautaires. 

mardi 21 août 2018

Le « campisme » Une vision idéologique des questions internationales , par Bernard Dréano

Intervention prononcée à l'occasion du cycle Mai 68 vu des Suds Séance de clôture, le 14 avril 2018 au CICP

A l’époque de la guerre froide, nombre de mouvements de gauche, et pas seulement les partis communistes orthodoxes, professaient la défense absolue du « camp socialiste », nouvelle forme supposée « internationaliste » du right or wrong my country 1. 

Un nouveau « campisme » consiste à soutenir certains mouvements ou certaines politiques d’Etats considérés comme « anti-impérialistes » au nom de leur résistance supposée à l’impérialisme hégémonique états-unien et occidental, ce dernier étant accusé d’être à l’origine de toute contestation populaire qui s’opposerait à ces Etats ou mouvements… 

Un « campisme » sans camp et sans  alternative anti-impérialiste réelle …, consistant à soutenir certains Etats, certains régimes au nom de présupposés géopolitico-idéologiques, 

mercredi 25 juillet 2018

Bilan et perspectives du Mouvement Altermondialiste après le forum social mondial de Salvador de Bahia 2018

A un moment où la référence altermondialiste semble présenter moins d’intérêt au sein de la gauche de gauche, en particulier dans notre pays, c’est le thème que notre Réseau pour l’Autogestion, les Alternatives, l’Altermondialisme, l’Ecologie et le Féminisme avait choisi d’approfondir lors de la journée de travail qu’il a tenue le 9 juin dernier au Maltais Rouge à Paris. 

Pour nous, même s’il en est moins questions dans les grands médias, les apports de ce Mouvement au projet d’émancipation gardent toute leur pertinence et il continue à irriguer les mobilisations à travers la planète. 

C’est ainsi qu’après que Bruno Della Sudda soit revenu sur l’histoire de l’Altermondialisme et sur l’originalité de ses caractéristiques politiques, Gus Massiah, acteur majeur des forums sociaux mondiaux, nous a fait part des évolutions de ce Mouvement. 

Nous mettons en ligne les vidéos de leurs interventions respectives : 

lundi 23 juillet 2018

Paris samedi 13 octobre 2018 : "L'Autogestion dans les années 68"


Au siège national de l’Union Syndicale Solidaires 
31 rue de la Grange aux Belles 75010 Paris

Journée débat co-organisée par Alternatives et autogestion (A&A), l’Association Autogestion (AA), l’Association des communistes unitaires (ACU), les Amis de Tribune socialiste (ATS), l’Observatoire des mouvements de la société (OMOS), le Réseau pour l’autogestion, les alternatives, l’altermondialisme, l’écologie et le féminisme (AAAEF), Solidarité écologie gauche alternative (SEGA), les éditions Syllepse et l’Union syndicale Solidaires. 

Les expériences d’autogestion les plus avancées de Mai et juin 68 sont connues : la « Commune de Nantes », les « soviets » du CEA de Saclay, la sortie sous contrôle syndical de la presse quotidienne, la Sorbonne, les Beaux-Arts. Elles sont rares et sont devenus des mythes. Il y a lieu de les faire connaître à nouveau, et encore plus largement. 

lundi 2 juillet 2018

Charles Piaget : Sans mai 68, il n'y aurait pas eu Lip 73


Communs et autogestion, de quoi parle-t-on ? Retour sur la réunion de réflexion du 12 avril dernier

Quelques éléments des exposés introductifs 

Autogestion par Catherine Samary 

Autogestion et communs sont deux notions qui remettent en cause la propriété privée. 

L’autogestion est un principe d’organisation d’une autre société. Elle est incompatible avec un système capitaliste car elle met en cause la nature de la propriété, qui doit être socialisée, les rapports de domination liés au salariat, le rôle de la monnaie et la forme de financement qui ne doivent pas donner un pouvoir sur la gestion et sur l’organisation du travail. 

Cette incompatibilité ne signifie pas qu’il faille attendre le Grand Soir, tout en sachant que toute expérience dans un cadre capitaliste risque de se terminer par un enlisement et une intégration dans le mode dominant. 

lundi 4 juin 2018

Populisme... ou bien émancipation et autogestion. Les débats

Le 24 Mars dernier, notre Réseau a tenu une journée de réflexion sur la signification et les limites de ce qu'on appelle le "populisme de gauche". Une journée qui a réuni une trentaine de personnes dans la salle du Maltais Rouge à Paris. 

Après avoir publié sur le blog les exposés introductifs des 3 intervenants pressentis pour cette journée de travail, nous mettons en ligne l'enregistrement vidéo des extraits les plus significatifs des débats qui ont suivi : 

 - le débat autour des thèses de E Laclau et C Mouffe :


- Populismes en Amérique indo afro latine - le débat : 


  
- "Eux et nous" - le débat :


dimanche 20 mai 2018

Altermondialisme, bilan et perspectives après Salvador de Bahia 2018, samedi 9 juin au Maltais rouge. Invitation

Dès le début des années 2000, nous avions perçu et analysé le mouvement altermondialiste comme un mouvement d'émancipation majeur. Appelé aussi le « mouvement des mouvements », l'altermondialisme a eu un impact considérable et il a été pour nous un terrain de participation active et d'observation à la fois pratique et théorique, d'un point de vue à la fois autogestionnaire, écologiste, féministe et bien sûr internationaliste. 

Après le coup d'envoi de Porto-Alegre, les nombreuses éditions précédentes du FSM et celle de Salvador de Bahia en mars dernier, mais aussi la multiplication des forums thématiques, où en est aujourd'hui l'altermondialisme ? 

Que signifie le fait qu'il semble passé de mode quand on observe le faible traitement médiatique qui lui a été réservé à l'occasion des éditions du FSM de Tunis en 2013 et 2015, qui ont pourtant été des succès ? 

Jacques Bidet : "Eux et nous", une alternative au populisme de gauche



Richard Neuville : les expériences populistes en Indo Afro Amérique Latine



Pierre Khalfa : à propos des thèses d'E. Laclau et de C. Mouffe



Populisme... ou bien autogestion et émancipation ?

C'était le thème de la journée de réflexion que le Réseau pour l'Autogestion, les Alternatives, l'Altermondialisme, l'Ecologie et le Féminisme a tenu le Samedi 24 Mars. 

Une journée qui a réuni une trentaine de personnes dans la salle du Maltais Rouge à Paris et qui a démarré, en guise d'exposé introductif au débat, par un regard critique porté par Pierre Khalfa sur les thèses d'Ernesto Laclau et Chantal Mouffe, deux penseurs du populisme qui font aujourd'hui référence dans une partie de la gauche européenne. Des thèses qui, selon l'intervenant, comportent une part de vérité comme la rupture avec la "centralité ouvrière" dans le combat pour l'émancipation au sein des sociétés modernes; mais qui révèlent aussi des contradictions dans le raisonnement et des risques de forte dérive avec le rôle dévolu par ces auteurs au "leader" qui doit "construire le peuple" 

vendredi 27 avril 2018

Où va la droite française ? , par Yvon Kervella

La République en Marche a pour cohérence l'alignement inconditionnel sur le titulaire de l'Élysée. Le néoconservatisme élyséen décomplexé affiche ses sources, la pensée réactionnaire de Ricoeur et, "en même temps", les orientations délirantes d'Attali, celui qui se projette en parrain du capitalisme à la française. 

Les premiers pas du binôme Philippe-Macron ne sont d'ailleurs pas sans rappeler l'allure cahotante du binôme Debré-de-Gaulle qui déploya, trois ans durant, des mesures d'une grande brutalité tout en divergeant sur l'indépendance algérienne. 

L'implosion des deux partis de gouvernement de la quatrième République française, le MRP et la SFIO, est un autre facteur de parenté des deux moments, tant l'autodestruction du PS et le retour avorté du clan affairiste Fillon-Sarkozy ont pesé dans l'improbable résultat institutionnel de 2017. 

lundi 23 avril 2018

L’autogestion en mai et juin 1968 en France. Report du débat

Compte tenu de la mobilisation « Marée populaire » prévue le samedi 26 mai, les organisations parties prenantes de cette initiative reportent cette réunion à une date ultérieure.

Samedi 26 mai 2018 de 14 h à 19 h à l’Union Syndicale Solidaires – 31 rue de la Grange aux Belles, 75010 Paris, 

Débat  co-organisé par Alternatives et autogestion (A&A), l’Association Autogestion (AA), l’Association des communistes unitaires (ACU), les Amis de Tribune socialiste (ATS), l’Observatoire des mouvements de la société (OMOS), le Réseau pour l’autogestion, les alternatives, l’altermondialisme, l’écologie et le féminisme (AAAEF), Solidarité écologie gauche alternative (SEGA), les éditions Syllepse et l’Union syndicale Solidaires. 

Les expériences d’autogestion les plus avancées de Mai 68 sont connues : la « Commune de Nantes », les « soviets » du CEA de Saclay, la sortie sous contrôle syndical de la presse quotidienne, la Sorbonne, les Beaux-Arts. Elles sont rares et sont devenus des mythes. Il y a lieu de les faire connaître à nouveau, et encore plus largement. Et il y a d’autres expériences qui restent encore dans l’ombre… 

lundi 16 avril 2018

Forum Social de Salvador de Bahia : quelques premières leçons, par Gustave Massiah

Le Forum Social Mondial de Salvador de Bahia s’est déroulé du 13 au 17 mars 2018. Le mot d’ordre retenu était « Résister c’est créer, résister c’est transformer ». Ce forum avait trois dimensions : un forum bahianais qui a été une grande réussite, un forum brésilien déterminé par la situation au Brésil et en Amérique latine, un forum international axé sur la situation mondiale et l’avenir des forums. 

Le Forum a été très suivi. 

Entre la marche et les activités, il y a eu suivant les estimations entre 50000 et 80000 participants. Ils venaient massivement de Bahia et du Brésil. Comme c’est le cas dans tous les forums, la plupart des participants viennent du pays et de la région. Il y a eu des participants de 120 pays. Surtout d’Amérique Latine, avec quelques autres fortes délégations (Allemagne, Espagne, France, Maroc, Québec, Suisse). Plusieurs mouvements africains étaient représentés. Il y avait des mouvements asiatiques en petit nombre (Inde, Chine, Népal, Japon, Indonésie, …). 

vendredi 13 avril 2018

"Les coriaces sans les voraces". Un film à voir.

Réalisé par Claude Hirsch, c'est le 3ème film, après "pot de thé, pot de fer" et "1336 jours, des hauts, débat mais debout", que le réalisateur consacre depuis 2011 à l'aventure des travailleurs de ce qui est devenu la SCOP-TI (Société Coopérative Ouvrière Provençale -Thés et Infusions). 

"On fabrique, on vend, on se paie"

Cette formule, inventée par les ouvriers de LIP prenant le contrôle de leur usine en 1973, pourrait bien être celle des coopérateurs de SCOP-TI, ces anciens de Fralib (entreprise produisant auparavant les thés l'Eléphant à Gémenos près de Marseille) qui au bout de 1336 jours de lutte ont réussi à faire plier le géant UNILEVER qui voulait délocaliser la production en Europe de l'Est. 1336 jours de lutte qui leur ont permis d'arracher la reprise du site et la relance d'une production sous la forme d'une coopérative ouvrière. 

La SCOP-TI est maintenant sur les rails. Elle produit et commercialise des thés et des tisanes. Elle cherche à se diversifier en proposant des produits bios et issus de productions locales dans la perspective de relancer une filière de proximité. 

ZAD Notre-Dame-des-Landes : non à la violence de l'Etat contre les communs ! , par Pierre Dardot et Christian Laval

La destruction violente des communs de la ZAD de Notre-Dame-des-Landes par le gouvernement français est un acte infâme et révoltant. L’actuelle offensive policière, menée par plusieurs milliers de gendarmes et de CRS, avec engins blindés et hélicoptères n’est que l’exercice de la violence étatique la plus pure contre un ensemble de pratiques collectives en cours ou en gestation, dont les fragiles conditions matérielles (bâtiments, lieux de réunion, outils de travail, troupeaux) sont anéanties par les bulldozers et les escouades policières. 

Dès la première journée d’assaut contre la ZAD de Notre-Dame-des-Landes, la destruction de la ferme des « cents noms » constituait une véritable déclaration de guerre sociale et politique. La destruction de ce lieu ne s’imposait nullement au regard des critères invoqués par le gouvernement dans sa « communication ». Nicole Klein, préfète des pays de Loire, justifie l’opération policière en prétendant que les « cents noms » n’avaient pas déposé de projet agricole. Ce qui est de toute évidence faux : les habitants de cette ferme étaient porteurs d’un projet agricole alternatif et certains d’entre eux avaient déposé une demande de régularisation. 

lundi 26 mars 2018

Dominations, discriminations, inégalités, Quelles luttes de classes aujourd’hui ? par Pierre Khalfa


Pierre Khalfa, après l’analyse des travaux de Laclau et Mouffe, a précisé sa propre conception des dynamiques politiques à l’assemblée réunie par le Réseau AAAEF le 24 mars. Il nous a donné son accord pour publier le texte « quelles luttes de classes aujourd’hui ? ».

Comme on le verra la problématique approfondie par Pierre est majeure et contribue à l’élargissement des échanges utiles aux constructions d’aujourd’hui et de demain.

E.B.

Partir de la question des discriminations, des dominations et des inégalités pour essayer de répondre à la question « quelles luttes de classes aujourd’hui » suppose d’aborder un point central de la pensée marxiste, celle du sujet de la transformation sociale, du sujet de l’action collective, c’est-à-dire, pour utiliser la terminologie marxiste, de reprendre la réflexion sur le sujet révolutionnaire. Pour cela, il faut partir de Marx, mais aussi rompre, au moins en partie, avec lui. 

Ce qui nous intéresse ici est d’ailleurs moins Marx lui-même dont la pensée complexe, quelquefois contradictoire, ne se laisse pas réduire à un aspect, que le « marxisme historique », c’est-à-dire la façon dont la pensée de Marx fut comprise et construite dans une orthodoxie qui fut, avec des variantes certes non négligeables suivant les courants, dominante dans le mouvement ouvrier. 

dimanche 25 mars 2018

Populisme ou émancipation et autogestion ? Premier écho de la journée du 24 mars

Une trentaine de femmes et d'hommes ont travaillé ce 24 mars à démêler ce qui, dans les conceptions à gauche, dynamise les volontés d'émancipation de ce qui infléchit et rogne ces mêmes volontés. 

Jacques Bidet ainsi est revenu sur la nécessité de comprendre pourquoi les droites peuvent être à ce point majoritaires. Il a exposé ses pistes de travail pour explorer, au-delà de la thèse des "1%" d'Occupy Wall Street, comment un encadrement nombreux et étendu déploie des mécanismes d'organisation complexes pour reproduire les "sociétés des marchés". 

À quelles alliances de groupes sociaux et à quelles formes politiques ouvrir la voie ? C'est la question dont se sont saisi.e.s les participant.e.s à partir de cette mise à jour de l'état du monde, très à l'opposé donc de l'orientation populiste, accusée du jour. 

mercredi 21 mars 2018

Populisme .... ou bien émancipation et autogestion ? Journée de réflexion du Réseau AAEF samedi 24 mars. programme définitif

Cette journée se tient samedi prochain 24 mars au Maltais Rouge, 
40 rue de Malte à Paris.


Programme définitif de la journée 

-  10 h : accueil, présentation rapide du Réseau et de la journée de travail 

-  10 h 15 – 10 h 45 : intervention de Pierre Khalfa : analyse critique des thèses sur le « populisme de gauche » à partir des travaux d’Ernest Laclau et Chantal Mouffe 

-  11 h – 11 h 20 : intervention de Richard Neuville : éclairage sur le développement des phénomènes populistes en Amérique latino-afro-indienne 

mardi 20 mars 2018

Populisme ou changement de société ? Journée d’études du 24 mars 2018 . Contribution

Plan de la contribution 

- Hostilités au populisme : sont-elles synonymes de défiance envers « LE peuple » ? 
- Opposition entre « eux » et « nous » : à quoi sert l’étude de « la culture du pauvre » ? 
- Mouvements et régimes populistes dans les approches des historiens Laclau : quand le politique perd le nord 
- Des questions essentielles en ces temps d’avenirs incertains des capitalismes 
-  Pistes de travail 

Le débat que nous engageons arrive tardivement à en juger par la rubrique débat-idées du n°2 du Nouveau magazine littéraire en kiosques en février. Simon Blin y commence ainsi le dossier consacré au populisme de gauche: « Ernesto Laclau et Chantal Mouffe inspirent Podemos et la France Insoumise. Plongée au cœur d’une pensée qui a conquis les gauches européennes. » 

samedi 10 mars 2018

Note de lecture. Enquêtes sur les rapports profanes au politique, par Eugène Bégoc

Nos cercles militants de gauche n’échappent pas à cette dictature des sondages dont les gouvernants seraient, paraît-il, prisonniers. Aussi est-ce avec profit qu’on prendra connaissance de « L’ordinaire du politique », publié par les éditions universitaires du Septentrion (1) sous la direction collective de François Buton, Patrick Lehingue, Nicolas Mariot et Sabine Rozier. 

Les travaux rassemblés scrutent comment se forment les différentes catégories d’opinions dans les sociabilités au travail et hors travail, en conformation ou en désaffiliation des traditions des groupes sociaux… L’ouverture est donc grand angle, au-delà des études électorales. On n’y trouvera pas davantage de focales sur des thèmes politiques sociaux, même celui devenu aussi central dans les sept dernières législatures de la 5ème République : l’identité nationale, la laïcité, le voile. 

Toutes ces études restent bien entendu cruciales pour qui veut s’extraire du comment sont actuellement pilotées les consultations politiques : au plus près de ce qu’elles savent des principales opinions, les autorités partidaires, religieuses et socio-économiques s’emploient à en renforcer les composantes conservatrices pour reconduire la légitimité de l’existant. 

jeudi 8 mars 2018

Populisme .... ou bien émancipation et autogestion ? Journée de réflexion du Réseau le 24 mars au Maltais Rouge

Populisme ; depuis quelques années, ce terme s’est invité avec force dans le débat public, plus particulièrement en Europe avec l’émergence de forces politiques qui se réclament ouvertement d’une telle école de pensée ou qui sont qualifiées de « populistes » par un certain nombre d’observateurs et de médias. 

L’élément nouveau est qu’à l’opposé des populismes d’extrême-droite, des expressions populistes s’expriment dans les gauches européennes et ont connu des succès électoraux significatifs. 

Relativement récent dans son expression actuelle sur le territoire européen, le phénomène a connu un développement antérieur en Amérique indo-afro-latine où il a aussi fait l’objet de travaux de théorisation. 

L’émergence, au moins électorale, de courants populistes dits « de gauche » ne peut qu’interpeller les tenants d’une transformation autogestionnaire de la société, en rupture avec le capitalisme. 

mardi 6 mars 2018

Ce n'est pas la SNCF qu'il faut privatiser mais les autoroutes qu'il faut renationaliser !, par Ensemble! 34

L'épisode neigeux de la semaine dernière dans le département de l'Hérault et notamment sur la Métropole de Montpellier démontre les faiblesses et dysfonctionnement de l’État et des collectivités territoriales. 

Nous aurions pu vivre une véritable catastrophe si nous n’avions pas été en période de vacances scolaires et si le froid avait duré quelques jours de plus. 

La préfecture porte une responsabilité écrasante en ne déclenchant l’alerte rouge que le mercredi à 20 h, puis la levant le lendemain matin dès 6h alors que des gens dormiront encore une nuit dans leurs voitures ou dans des centres d’hébergement. 

Pourtant le préfet, de sa fenêtre, aurait pu constater dès mercredi 12 h que le centre ville était totalement impraticable pour les voitures (déjà une bonne dizaine de centimètres de neige...). 

jeudi 1 mars 2018

Questions nationales et processus d’autodétermination. Week-end organisé par Ensemble! les 17 et 18 mars 2018

En prenant en compte les discussions au sujet de la Catalogne et de la Corse, une proposition a été élaborée. Il s’agit d’approfondir les réponses que nous devons stabiliser sur des questions difficiles que nous retrouverons avec toutes les questions d’avenir de l’Europe, mais aussi, dès 2018 avec le référendum sur l’Indépendance de la Kanaky. 

Un rapide examen de nos potentialités a fait apparaître la possibilité d’entreprendre un tel travail politique. Cette initiative avait été décidée lors de l’atelier de la commission Europe de l’AG de Nanterre en décembre 2017, au cours duquel un débat s’était tenu pendant une heure sur la Catalogne, avec une quarantaine de militants. 

Ce week end sur le thème « Questions nationales et processus d’autodétermination » est programmé les 17-18 mars 2018 

lundi 26 février 2018

Dépasser l'Etat, en misarchie et ailleurs, avec Emmanuel Dockès

Nous avons invité mercredi 24 janvier Emmanuel Dockès, juriste et auteur de Voyage en Misarchie, Essai pour tout reconstruire, publié aux Éditions du Détour. Un des aspects importants de la thèse qu’il défend dans son roman politique est la volonté de dépasser l’État pour le remplacer par un autre régime politique : la Misarchie. Ce néologisme vient du verbe grec « misein » (qui signifie « détester », « haïr ») et de « arkos », le chef, l’autorité. Une société où, si on n’aime pas l’autorité, on sait néanmoins qu’il est nécessaire d’avoir un minimum de règles communes pour pouvoir fonctionner. C’est autour de la perspective de dépassement de l’État proposée par la Misarchie qu’Emmanuel était invité à débattre. Nous publions ici la vidéo des parties les plus significatives de la soirée : sa présentation et deux séries de questions-réponses. 

Pour voir les deux vidéos :

https://autogestion.asso.fr/depasser-letat-misarchie-ailleurs-video/

mardi 20 février 2018

Mai 68 vu des Suds

À l’initiative de Jacques Sauvageot – hélas brutalement décédé alors qu’il la préparait –, le Réseau Sortir du colonialisme, le Cedetim et l’Institut Tribune socialiste (ITS) ont choisi d’évoquer Mai 68 à partir des Suds, par une série de rencontres publiques et de débats. Ils le font à l’occasion de la treizième Semaine anticoloniale et antiraciste, organisée en mars 2018. 

Six fondations et associations (Fondation IPAM, ITS, Fondation Gabriel Péri, Fondation de l’écologie politique, Fondation Copernic, Espace Marx) ainsi qu’un centre de recherche (le Centre d’histoire sociale du xxe siècle) soutiennent cette initiative, également soutenue et promue par Mediapart. 

L’objectif, explicité dans la note ci-après, est de mettre en lumière le « mouvement mondial de Mai 68 vu des Suds » au cours de la période 1965-1973, afin de comprendre comment ses ressorts profonds, trop oubliés, font encore sens et trace aujourd’hui. 

10 mars : Les luttes d’aujourd’hui ont besoin de la perspective d’un autre demain

Invitation à une  séance de travail ouverte à toutes et tous 

Samedi 10 Mars de 9h30 à 16h30 
au siège de l’Union syndicale Solidaires 
31 Rue de la Grange aux Belles, 75010 Paris 


co-organisé par Le réseau (AAAEF), l’Association Autogestion, ATS, l’OMOS, l’Union syndicale Solidaires. 



• De plus en plus nombreuses sont les voix qui prônent de ne pas se limiter à dire NON. Le système capitaliste peut-il encore intégrer des compromis structurels de types fordiens ou keynésiens ? 

lundi 12 février 2018

Forum Social Mondial: espace ouvert ou organisation? Quelques idées à propos des discussions sur l'avenir du FSM

par Chico Whitaker, Jorge Abrahão, José Correia Leite, Mauri José Vieira Cruz, Moema Miranda, Oded Grajew, Salete Valesan, Sergio Haddad. 


En février 2000, des représentant.e.s de huit mouvements sociaux, syndicats et ONG brésilien.ne.s ont répondu à l'invitation d'Oded Grajew, alors coordinateur du mouvement "CIVES - Entrepreneurs pour la citoyenneté", pour discuter, dans son bureau de São Paulo, d’une proposition d’organisation d’un "Forum Social Mondial". Aucun d'entre nous n'imaginait, à l’époque, la dimension que prendrait ce Forum. Ni que, dans notre diversité d'engagements et d'actions, nous développerions ensemble, pendant de nombreuses années, une réflexion intense sur la forme et le sens de mise en œuvre de cette proposition de Forum, et vivrions un réapprentissage dans la façon de faire de la politique. 

Nous ne prévoyions pas non plus que le FSM deviendrait un processus autonome, un «bien commun de l'humanité» utilisé librement par des collectifs découvrant son utilité pour leurs luttes, avec des forums sociaux régionaux, nationaux et locaux, et, dernièrement, thématiques. Ni que sa méthodologie, horizontale et plurielle, soit adoptée dans les espaces les plus divers, comme symbole d'une nouvelle forme d'organisation. 

jeudi 1 février 2018

« L’autogestion en mai et juin 1968 en France » 26 mai à Paris. Appel à témoignages et contributions

Le cinquantième anniversaire de mai et juin 1968 sera l’occasion de commémorations où, à n’en pas douter, beaucoup sera dit, le meilleur comme le pire, mais aussi beaucoup risque de rester dans le silence. 

Mai et juin 1968 ne furent pas qu’une rébellion étudiante, pas plus qu’on ne saurait la restreindre à une simple révolution culturelle des mœurs. Ce fut une grève générale inédite, en France la plus importante du 20ème siècle avec neuf millions de grévistes, ce fut une crise sociale, politique où s’est posée concrètement la question non seulement des pouvoirs, mais du pouvoir politique lui-même. 

Si la « révolution de mai » n’a pas triomphé, elle ne fut pas défaite. Au cours de ces semaines une profonde aspiration des individus à décider collectivement de leur présent et de leur futur, dans les lieux de travail, dans les quartiers et les campagnes est apparue ; loin de s’éteindre, elle s’est renforcée dans les années suivantes. 

mercredi 31 janvier 2018

Penser le présent. Retour sur une conférence de François Cusset, par Yvon Kervella

L'université populaire d'Amiens recevait l'historien des idées François Cusset ce 29 janvier, un choix motivé par la qualité de son travail de clarification critique des catégories analytiques qui entendent rendre compte du "néo-libéralisme". 

A elle seule, l'attention soutenue de la centaine de femmes et d'hommes présent.e.s atteste de l'intérêt que rencontre l'UPA qui entre dans sa neuvième année ; la création en fut en effet décidée au sein du mouvement anti-Pécresse de 2009, opposé au désengagement du budget soumis au Parlement du financement des universités. 

Moquant les glissements droitiers et les bavardages sur le peuple, l'historien rappelle que les phases de basses intensités à gauche sont aussi des phases de recomposition des pratiques et des conceptions. Son intérêt va aux démarches de connaissances critiques, et c'est également avec une grande ironie que l'universitaire récuse les attentes de prêt-à-penser et les postures de "maîtres penseurs". 

mardi 30 janvier 2018

2018 : Penser la conjoncture néo-souverainiste, notes d'Eugène Bégoc

Peinture de Jules Granjouan, musée de Nantes
  1. 1 - Depuis 2008, la conjoncture européo-atlantiste n’a été stabilisée qu’au prix de lourdes hypothèques.
2007-2008 a mis au grand jour les failles invraisemblables du monde de la globalisation financière, spécialement sa forte dimension de spéculation immobilière. Depuis la conjoncture mondiale n’a pas retraversé de ruptures d’ampleur comparables et l’économie paraît même stabilisée en Amérique du Nord, au Japon et en Europe.

Ce résultat n’a toutefois été atteint qu’au prix de lourdes hypothèques :

• Une évolution de la hiérarchie financière et politique au sein du système mondial des Etats : le rachat par les finances publiques des dettes bancaires pèse davantage sur certains Etats que d’autres, ce qui près de nous a affecté brutalement les habitant.e.s du Portugal, de la Grèce et de l’Irlande, mais aussi et d’une autre manière les populations britanniques ;