jeudi 31 août 2017

L’extrême polarisation de la société américaine et l’effondrement de Trump conduisent au grand affrontement civil qui approche! par Yorgos Mitralias *


Nous voici donc à un pas de ce qui était hier encore impensable, l’éloignement -d’une façon ou d’une autre- du 45e président des États Unis de la direction de son pays, seulement sept mois après son installation à la Maison Blanche ! 

Le constat n’est pas du tout arbitraire et a des fondements solides. Il se fonde sur le fait que le célèbre 1% des ultra-privilégiés que M.Trump s’est mis en tête d’en faire encore plus riches grâce à ses effarants allégements fiscaux et autres cadeaux mirifiques, l’abandonne maintenant en masse, retirant spectaculairement son soutien et laissant entendre qu'il ne veut plus de lui à la Maison Blanche! 

Et en effet, la liste des “rats (milliardaires) qui abandonnent le bateau” est plus qu'impressionnante. Il ne s’agit pas de quelques-uns des grands patrons, mais de la fine fleur du très grand capital nord-américain et international. L’un après l’autre les PDG de Merck, IBM, General Motors, Intel, 3M, Blackstone, Apple, Walmart, General Electric, Pepsi, Coca-Cola, et de dizaines d’autres, ainsi que ceux des colosses bancaires -qui font et défont des gouvernements- comme JPMorgan Chase et Goldman Sachs (!) ont annoncé en l’espace de 2-3 jours, non seulement qu’ils condamnent sans appel les déclarations scandaleuses de Trump mais aussi -et surtout- qu’ils démissionnent des commissions économiques, politiques et patronales qui conseillent traditionnellement les présidents des États Unis. 

mardi 22 août 2017

" Le concept de l’autogestion, aujourd’hui, c’est l’ouverture vers le possible". Problèmes théoriques de l'autogestion, par Henri Lefebvre (3ème partie)

Le 22 mars et le 27 juillet ont été mises en ligne les deux premières parties de l’article inaugural de la revue Autogestion : elles mettent radicalement à distance les conceptions qui bornent l’ambition à gauche à démocratiser la politique, à changer les représentants et les orientations de l’Etat. 

La troisième partie développe les implications stratégiques de l’hypothèse autogestionnaire. Avec une innovation explicite par rapport aux traditions majoritaires : « dès lors que l'on conteste les institutions étatiques et bureaucratiques, ou le monde généralisé de la marchandise, comment ne pas évoquer ce qui pourrait les remplacer ? » 

Eugène Bégoc

 III. – LA PROBLEMATIQUE DE L'AUTOGESTION 

Nous savons qu'elle naît spontanément, mais qu'elle ne naît pas n'importe où, n'importe comment. Au contraire. Nous avons peut-être réussi à localiser cette naissance, à définir certaines conditions. Il lui faut une conjoncture, un lieu privilégié. Or, il ne lui suffit pas d'apparaître pour que surgisse devant elle une voie royale, un chemin tracé d'avance. 

Hommage à François Della Sudda

Notre camarade François est décédé suite à une longue maladie. C'est un ancien militant du PSU et de toutes les luttes anticolonialistes , internationaliste et pour tous les droits humains pendant toute sa vie qui vient de nous quitter. 

Ancien dirigeant national de la Ldh, ancien président du CEDETIM, François Della Sudda avait également été adhérent aux Alternatifs.

J'ai partagé pendant quelques années son combat pour les droits des palestiniens.

Henri Mermé

lundi 21 août 2017

Les thés et tisanes "1336", comme 1336 jours de lutte victorieuse contre la multinationale Unilever, par Patrick Silberstein


Un appel de Patrick Silberstein, éditeur, membre de l’association pour l’Autogestion, pour donner un avenir et toujours plus de sens économique et politique à la coopérative des ex-Fralib. 

Il était une fois une multinationale à qui rien ne résistait. Elle n’était d’ailleurs pas habituée à ce qu’on lui résiste. Maître des capitaux, des machines et des matières premières, elle achète le travail et déplace les sites de production à sa guise. Jusqu’au jour où les salarié-es ont dit qu’après tout l’usine était leur. 

Nos lecteur-trices connaissent l’histoire, nous en avons largement rendu compte dans les colonnes de ce site. La multinationale a dû lâcher du lest, reculer, mais reculer comme un éléphant dans un magasin de porcelaine en essayant de tout casser sans que ça ne se voit trop. 

mercredi 26 juillet 2017

Problèmes théoriques de l’autogestion – Henri Lefebvre – 2ème partie

La mise en ligne de l’article principal du cahier n°1 de la revue Autogestion (décembre 1966) a été engagée par le réseau AAAEF ce printemps. Publiée le 22 mars dernier, la première partie argumente pour retrouver une conception unitaire des chemins de l’émancipation ; Henri Lefebvre y montre l’utilité de sortir des oppositions durcies entre réforme et révolution en même temps qu’il réhabilite la spontanéité révolutionnaire dans sa forme de la deuxième moitié du 20ème siècle, l’autogestion. 

C’est la seconde partie qui est mise en ligne aujourd’hui. Le terme sociologie choisi par l’auteur dans le titre ne doit pas ici être pris dans le sens de techniques descriptives qu’il peut prendre à l’université, mais dans le sens explicité par l’auteur lui-même : « la sociologie a pour objet la puissance créatrice de la société ». 

Henri Lefebvre reprend ici la métaphore léninienne du maillon faible pour récuser que le néo-capitalisme et le gaullisme triomphant de 1965-66 soient durablement stabilisés. 

Après les rencontres de Porto Alegre, par intercoll

Intercoll est un espace ouvert d’élaboration et de confrontation des mouvements sociaux et citoyens. Il vise à participer à l‘émergence progressive d’un nouvel « intellectuel collectif international » à partir de l'élaboration intellectuelle des mouvements et des réseaux de recherche et d’éducation populaire qui leur sont liés. 

Intercoll ambitionne de créer un espace international et multiculturel, c’est pourquoi le site fonctionne en six langues. Les articles sont précédés d’un résumé de dix lignes dans les différentes langues permettant à chacun de recourir aux outils de traduction automatique. 

Sept démarches seront mises en œuvre : 

dimanche 23 juillet 2017

Notes sur « Construire un peuple » de C. Mouffe et I. Errejon, par Eugène Begoc

Publié par les éditions du Cerf, la traduction de ce livre de dialogues de 2015 a pour sous-titre « Pour une radicalisation de la démocratie ». La thèse de C Mouffe comme on sait est que « l’oligarchie » fait ressurgir le conflit à mort entre elle-même et « la multitude » ; son objet d’études est la démocratie pluraliste, dont les institutions avaient dans le passé contenu les conflits en deçà du point où chaque adversaire cherche à supprimer l’autre ; son objectif est de favoriser les populismes « de gauche », seuls à même d’infléchir la marche à l’abîme à laquelle le libéralisme condamne l’humanité ; plus précisément, elle se propose de poser les bases d’une pensée politique qui soit à même de lever l’hypothèque d’une victoire de l’oligarchie et d’œuvrer à une transformation des institutions pluralistes contre le libéralisme à visée totalitaire. 

1. Contre Habermas et Hobsbawm, l’exhumation de l’école anti-Weimar 

Dans le dialogue avec l’animateur de Podemos, la métaphore privilégiée par C. Mouffe est la substitution au conflit antogonistique – qui s’achève par la suppression d’un des deux protagonistes – du conflit agonistique – la lutte de deux athlètes. La dualité agonistique et antagonisme est explicitement empruntée à C. Schmitt, juriste allemand qui était violemment hostile à l’Etat de droit qu’entendait incarner la République de Weimar au sortir de l’Allemagne bismarckienne et de l’écrasement de la révolution spartakiste. Un chapitre entier est consacré à « penser avec et contre » C. Schmitt, signe de l’importance accordée à cette référence. D’autres travaux ont pris en compte C. Schmitt, comme ceux d’Etienne Balibar, sans lui donner ce statut théorique. 

samedi 15 juillet 2017

Nice, un an après. "Il s’agit d’inventer une politique de la solidarité contre l’hypercapitalisme et les terrorismes, contre les barbaries de l’un et des autres et de produire du commun". André Tosel

Un an après la catastrophe de Nice, nous rediffusons un remarquable texte de notre ami André Tosel disparu le 14 mars dernier. Ce texte, publié par l'Humanité le 18 juillet 2016, reste totalement d'actualité.

Bruno Della Sudda, Nice le 14 juillet 2017

L’histoire bégaye. Par trois fois, la France a été frappée d’attentats innommables qui massacrent des victimes innocentes de tout âge et de toute condition. La compassion et l’indignation ne peuvent être que nos premières réactions. 

Il nous faut d’abord respecter le temps du deuil et non pas engager des polémiques obscènes comme celles des élus de la droite hégémonique dans les Alpes-Maritimes alors que les dépouilles des victimes ne sont pas inhumées. 

jeudi 13 juillet 2017

Cotisations sociales : les robots doivent payer, Anne-Lise Ranou (1987)


Cette affiche a été créée par Anne Lise Rannou (de Douarnenez), et imprimée à Morlaix, en 1987. Elle était destinée la campagne nationale du PSU sur la protection sociale. Elle illustre la proposition d’asseoir les cotisations non seulement sur les salaires mais, sous une forme à discuter, sur les machines qui remplacent les salariés.

«  Le gouvernement Chirac trompe les gens en diminuant les impôts sur le revenu et en annonçant ensuite une augmentation des cotisations sociales pour combler le trou de la Sécurité Sociale. Une fois de plus, ce sont les salariés, en particulier les bas salaires, qui vont trinquer.Ce sont des mesures démagogiques et bassement électoralistes.

mercredi 28 juin 2017

Maroc : la révolution qui vient, une analyse de Chawqui Lotfi

Le Maroc, loin d’être une exception historique, traverse une combinaison et accumulation des contradictions qui, bien que contenues périodiquement, refont surface à un niveau plus aigu. La séquence actuelle confirme la longue durée des processus révolutionnaires, au-delà des phases de reflux, et la profondeur de la crise politique et sociale. Depuis 8 mois, la mobilisation populaire s’est installée dans le Rif. Déclenchée en réaction à la mort de Mouhcine Fikri [1], le mouvement s’est enraciné et organisé. Un ensemble de facteurs expliquent la durée, la radicalité et la massification de la mobilisation :
  • - la plateforme revendicative du mouvement populaire (du « Hirak ») a su traduire les aspirations des couches populaires : la fin de la corruption, la construction d’hôpitaux, d’universités, de services publics, de projets utiles pour la région et créateurs d’emploi, la promotion d’équipements culturels et de loisirs, l’arrêt des expropriations des terres collectives et de la mainmise des maffias maritimes et forestières liées à l’appareil d’état.

samedi 24 juin 2017

Che Guevara, Ombres et Lumières, un ouvrage de Samuel Farber (Editions Syllepse)



Avec l'aimable autorisation des Editions Syllpese, nous publions ci-dessous l'introduction de Samuel Farber à son ouvrage "Che Guevara, Ombres et Lumières", qui vient d'être publié aux Editions Syllepse. Avec l'espoir que cette lecture vous incitera à lire l'intégralité de cet ouvrage. Merci à Didier Epsztanj, d'avoir mis en ligne ce texte sur son blog "Entre les lignes et entre les mots".

* Dans les bonnes librairies ou, en ligne, directement aux Editions Syllepse



Actualité de Che Guevara


–, un puissant symbole pour des milliers de jeunes rebelles et de révolutionnaires du monde entier. Ironiquement, la référence politique au Che est aujourd’hui moins pertinente à Cuba qu’à l’étranger. En effet, s’il continue à exercer une influence, discrète mais réelle, sur la culture politique cubaine, ce n’est ni sur le plan programmatique ni sur le plan économique, mais comme un modèle culturel fait de sacrifice et d’idéalisme. 

vendredi 23 juin 2017

Syrie : l'autogestion des insurgés, par Sarah Kilani



Cet article de Sarah Kilani publié initialement sur le site de Contretemps est une synthèse des pratiques autogestionnaires qui ont existé dans ce pays à l’issue du processus révolutionnaire post 2011. 

Henri Mermé, juin 2017

Alors qu’en Egypte, en Tunisie ou en Libye, la chute des régimes en place a permis aux insurgés de prendre le contrôle des institutions, l’installation dans la durée du conflit oblige les quartiers et villes rebelles à s’administrer eux-mêmes. En effet, les blocus, l’état de siège et l’abandon des zones insurgées par le régime de Damas changent les conditions matérielles de la révolte, contraignant les civils à créer leurs propres institutions et à s’autogérer afin de pallier la disparition des structures de l’appareil d’État. Comités de coordination, comités locaux, cours de justice, hôpitaux, circuits alimentaires : le peuple insurgé livré à lui-même s’organise.

Les défis démocratiques de la transition écologique et énergétique, par Richard Neuville (Juin 2015)



Dans sa critique du déficit démocratique du système parlementaire, André Gorz pointait avec clairvoyance l’écueil du bureaucratisme qui ne pourra être évité que par un éco-socialisme efficace et réaliste reposant sur des réformes révolutionnaires graduelles. Il mettait également en exergue les limites de la démocratie parlementaire et estimait que si : « Le suffrage donne le droit de gouverner, il n’en donne pas le pouvoir » (Gorz, 1975 : 72). Pourtant la mystification du concept de démocratie indirecte tend à se perpétuer en déniant tout exercice de pouvoir populaire sur l’organisation de la société, en ne laissant aux citoyen-ne-s que la possibilité de désigner leurs représentant-e-s tous les cinq ans. Ainsi, les intérêts suprêmes de l’Etat capitaliste sont bien préservés (Munster, 2008).

Le jour d’après est là : les débats sont encore à venir. Contribution par Eugène Bègoc.



Il y a urgence à ne pas bâcler les conclusions à tirer de la séquence 2015-2017. Le fait est massif : 37 % des voix toutes candidatures à gauche additionnées le 6 décembre 2015 ; 27 % le 23 avril ; 20 % le 11 juin. Reste à mesurer la portée du recul (point 1) et surtout à engager les dialogues pour sortir par le haut et sur la gauche de la défiance massive envers le politique(point 2). L’échec de JLM2017 vient après l’échec du NPA et l’évanouissement du Front de Gauche au lendemain de 2012 : il n’est donc pas concevable de ne pas remettre sur le métier la stratégie et la question du cadre d’action (point 3).

dimanche 28 mai 2017

Victoire des grévistes de la faim ! Déclaration de la Campagne internationale pour la libération de Marwan Barghouthi et tous les prisonniers palestiniens

Les prisonniers palestiniens en grève de la faim ont gagné. Après de longues négociations entre les autorités d’occupation israéliennes, Marwan Barghouthi et la direction de la grève, un accord a été trouvé et la grève de la faim est suspendue. C’est une étape importante vers le plein respect des droits des prisonniers palestiniens en conformité avec le droit international. 

C’est aussi une indication de ce qu’est vraiment l’occupation israélienne qui n’a laissé d’autre option aux prisonniers palestiniens que de se laisser mourir de faim afin d’obtenir les droits élémentaires que leur garantit le droit international. 

La grève de la faim lancée par plus de 1000 prisonniers palestiniens sous la direction de Marwan Barghouthi a duré 41 jours, ce qui en fait l’une des grèves collectives les plus longues et les plus massives dans l’histoire du mouvement des prisonniers palestiniens. Elle avait pour objectif de mettre fin aux violations par Israël des droits des prisonniers.