lundi 23 avril 2018

L’autogestion en mai et juin 1968 en France. Report du débat

Compte tenu de la mobilisation « Marée populaire » prévue le samedi 26 mai, les organisations parties prenantes de cette initiative reportent cette réunion à une date ultérieure.

Samedi 26 mai 2018 de 14 h à 19 h à l’Union Syndicale Solidaires – 31 rue de la Grange aux Belles, 75010 Paris, 

Débat  co-organisé par Alternatives et autogestion (A&A), l’Association Autogestion (AA), l’Association des communistes unitaires (ACU), les Amis de Tribune socialiste (ATS), l’Observatoire des mouvements de la société (OMOS), le Réseau pour l’autogestion, les alternatives, l’altermondialisme, l’écologie et le féminisme (AAAEF), Solidarité écologie gauche alternative (SEGA), les éditions Syllepse et l’Union syndicale Solidaires. 

Les expériences d’autogestion les plus avancées de Mai 68 sont connues : la « Commune de Nantes », les « soviets » du CEA de Saclay, la sortie sous contrôle syndical de la presse quotidienne, la Sorbonne, les Beaux-Arts. Elles sont rares et sont devenus des mythes. Il y a lieu de les faire connaître à nouveau, et encore plus largement. Et il y a d’autres expériences qui restent encore dans l’ombre… 

lundi 16 avril 2018

Forum Social de Salvador de Bahia : quelques premières leçons, par Gustave Massiah

Le Forum Social Mondial de Salvador de Bahia s’est déroulé du 13 au 17 mars 2018. Le mot d’ordre retenu était « Résister c’est créer, résister c’est transformer ». Ce forum avait trois dimensions : un forum bahianais qui a été une grande réussite, un forum brésilien déterminé par la situation au Brésil et en Amérique latine, un forum international axé sur la situation mondiale et l’avenir des forums. 

Le Forum a été très suivi. 

Entre la marche et les activités, il y a eu suivant les estimations entre 50000 et 80000 participants. Ils venaient massivement de Bahia et du Brésil. Comme c’est le cas dans tous les forums, la plupart des participants viennent du pays et de la région. Il y a eu des participants de 120 pays. Surtout d’Amérique Latine, avec quelques autres fortes délégations (Allemagne, Espagne, France, Maroc, Québec, Suisse). Plusieurs mouvements africains étaient représentés. Il y avait des mouvements asiatiques en petit nombre (Inde, Chine, Népal, Japon, Indonésie, …). 

vendredi 13 avril 2018

"Les coriaces sans les voraces". Un film à voir.

Réalisé par Claude Hirsch, c'est le 3ème film, après "pot de thé, pot de fer" et "1336 jours, des hauts, débat mais debout", que le réalisateur consacre depuis 2011 à l'aventure des travailleurs de ce qui est devenu la SCOP-TI (Société Coopérative Ouvrière Provençale -Thés et Infusions). 

"On fabrique, on vend, on se paie"

Cette formule, inventée par les ouvriers de LIP prenant le contrôle de leur usine en 1973, pourrait bien être celle des coopérateurs de SCOP-TI, ces anciens de Fralib (entreprise produisant auparavant les thés l'Eléphant à Gémenos près de Marseille) qui au bout de 1336 jours de lutte ont réussi à faire plier le géant UNILEVER qui voulait délocaliser la production en Europe de l'Est. 1336 jours de lutte qui leur ont permis d'arracher la reprise du site et la relance d'une production sous la forme d'une coopérative ouvrière. 

La SCOP-TI est maintenant sur les rails. Elle produit et commercialise des thés et des tisanes. Elle cherche à se diversifier en proposant des produits bios et issus de productions locales dans la perspective de relancer une filière de proximité. 

ZAD Notre-Dame-des-Landes : non à la violence de l'Etat contre les communs ! , par Pierre Dardot et Christian Laval

La destruction violente des communs de la ZAD de Notre-Dame-des-Landes par le gouvernement français est un acte infâme et révoltant. L’actuelle offensive policière, menée par plusieurs milliers de gendarmes et de CRS, avec engins blindés et hélicoptères n’est que l’exercice de la violence étatique la plus pure contre un ensemble de pratiques collectives en cours ou en gestation, dont les fragiles conditions matérielles (bâtiments, lieux de réunion, outils de travail, troupeaux) sont anéanties par les bulldozers et les escouades policières. 

Dès la première journée d’assaut contre la ZAD de Notre-Dame-des-Landes, la destruction de la ferme des « cents noms » constituait une véritable déclaration de guerre sociale et politique. La destruction de ce lieu ne s’imposait nullement au regard des critères invoqués par le gouvernement dans sa « communication ». Nicole Klein, préfète des pays de Loire, justifie l’opération policière en prétendant que les « cents noms » n’avaient pas déposé de projet agricole. Ce qui est de toute évidence faux : les habitants de cette ferme étaient porteurs d’un projet agricole alternatif et certains d’entre eux avaient déposé une demande de régularisation. 

lundi 26 mars 2018

Dominations, discriminations, inégalités, Quelles luttes de classes aujourd’hui ? par Pierre Khalfa


Pierre Khalfa, après l’analyse des travaux de Laclau et Mouffe, a précisé sa propre conception des dynamiques politiques à l’assemblée réunie par le Réseau AAAEF le 24 mars. Il nous a donné son accord pour publier le texte « quelles luttes de classes aujourd’hui ? ».

Comme on le verra la problématique approfondie par Pierre est majeure et contribue à l’élargissement des échanges utiles aux constructions d’aujourd’hui et de demain.

E.B.

Partir de la question des discriminations, des dominations et des inégalités pour essayer de répondre à la question « quelles luttes de classes aujourd’hui » suppose d’aborder un point central de la pensée marxiste, celle du sujet de la transformation sociale, du sujet de l’action collective, c’est-à-dire, pour utiliser la terminologie marxiste, de reprendre la réflexion sur le sujet révolutionnaire. Pour cela, il faut partir de Marx, mais aussi rompre, au moins en partie, avec lui. 

Ce qui nous intéresse ici est d’ailleurs moins Marx lui-même dont la pensée complexe, quelquefois contradictoire, ne se laisse pas réduire à un aspect, que le « marxisme historique », c’est-à-dire la façon dont la pensée de Marx fut comprise et construite dans une orthodoxie qui fut, avec des variantes certes non négligeables suivant les courants, dominante dans le mouvement ouvrier. 

dimanche 25 mars 2018

Populisme ou émancipation et autogestion ? Premier écho de la journée du 24 mars

Une trentaine de femmes et d'hommes ont travaillé ce 24 mars à démêler ce qui, dans les conceptions à gauche, dynamise les volontés d'émancipation de ce qui infléchit et rogne ces mêmes volontés. 

Jacques Bidet ainsi est revenu sur la nécessité de comprendre pourquoi les droites peuvent être à ce point majoritaires. Il a exposé ses pistes de travail pour explorer, au-delà de la thèse des "1%" d'Occupy Wall Street, comment un encadrement nombreux et étendu déploie des mécanismes d'organisation complexes pour reproduire les "sociétés des marchés". 

À quelles alliances de groupes sociaux et à quelles formes politiques ouvrir la voie ? C'est la question dont se sont saisi.e.s les participant.e.s à partir de cette mise à jour de l'état du monde, très à l'opposé donc de l'orientation populiste, accusée du jour. 

mercredi 21 mars 2018

Populisme .... ou bien émancipation et autogestion ? Journée de réflexion du Réseau AAEF samedi 24 mars. programme définitif

Cette journée se tient samedi prochain 24 mars au Maltais Rouge, 
40 rue de Malte à Paris.


Programme définitif de la journée 

-  10 h : accueil, présentation rapide du Réseau et de la journée de travail 

-  10 h 15 – 10 h 45 : intervention de Pierre Khalfa : analyse critique des thèses sur le « populisme de gauche » à partir des travaux d’Ernest Laclau et Chantal Mouffe 

-  11 h – 11 h 20 : intervention de Richard Neuville : éclairage sur le développement des phénomènes populistes en Amérique latino-afro-indienne 

mardi 20 mars 2018

Populisme ou changement de société ? Journée d’études du 24 mars 2018 . Contribution

Plan de la contribution 

- Hostilités au populisme : sont-elles synonymes de défiance envers « LE peuple » ? 
- Opposition entre « eux » et « nous » : à quoi sert l’étude de « la culture du pauvre » ? 
- Mouvements et régimes populistes dans les approches des historiens Laclau : quand le politique perd le nord 
- Des questions essentielles en ces temps d’avenirs incertains des capitalismes 
-  Pistes de travail 

Le débat que nous engageons arrive tardivement à en juger par la rubrique débat-idées du n°2 du Nouveau magazine littéraire en kiosques en février. Simon Blin y commence ainsi le dossier consacré au populisme de gauche: « Ernesto Laclau et Chantal Mouffe inspirent Podemos et la France Insoumise. Plongée au cœur d’une pensée qui a conquis les gauches européennes. » 

samedi 10 mars 2018

Note de lecture. Enquêtes sur les rapports profanes au politique, par Eugène Bégoc

Nos cercles militants de gauche n’échappent pas à cette dictature des sondages dont les gouvernants seraient, paraît-il, prisonniers. Aussi est-ce avec profit qu’on prendra connaissance de « L’ordinaire du politique », publié par les éditions universitaires du Septentrion (1) sous la direction collective de François Buton, Patrick Lehingue, Nicolas Mariot et Sabine Rozier. 

Les travaux rassemblés scrutent comment se forment les différentes catégories d’opinions dans les sociabilités au travail et hors travail, en conformation ou en désaffiliation des traditions des groupes sociaux… L’ouverture est donc grand angle, au-delà des études électorales. On n’y trouvera pas davantage de focales sur des thèmes politiques sociaux, même celui devenu aussi central dans les sept dernières législatures de la 5ème République : l’identité nationale, la laïcité, le voile. 

Toutes ces études restent bien entendu cruciales pour qui veut s’extraire du comment sont actuellement pilotées les consultations politiques : au plus près de ce qu’elles savent des principales opinions, les autorités partidaires, religieuses et socio-économiques s’emploient à en renforcer les composantes conservatrices pour reconduire la légitimité de l’existant. 

jeudi 8 mars 2018

Populisme .... ou bien émancipation et autogestion ? Journée de réflexion du Réseau le 24 mars au Maltais Rouge

Populisme ; depuis quelques années, ce terme s’est invité avec force dans le débat public, plus particulièrement en Europe avec l’émergence de forces politiques qui se réclament ouvertement d’une telle école de pensée ou qui sont qualifiées de « populistes » par un certain nombre d’observateurs et de médias. 

L’élément nouveau est qu’à l’opposé des populismes d’extrême-droite, des expressions populistes s’expriment dans les gauches européennes et ont connu des succès électoraux significatifs. 

Relativement récent dans son expression actuelle sur le territoire européen, le phénomène a connu un développement antérieur en Amérique indo-afro-latine où il a aussi fait l’objet de travaux de théorisation. 

L’émergence, au moins électorale, de courants populistes dits « de gauche » ne peut qu’interpeller les tenants d’une transformation autogestionnaire de la société, en rupture avec le capitalisme. 

mardi 6 mars 2018

Ce n'est pas la SNCF qu'il faut privatiser mais les autoroutes qu'il faut renationaliser !, par Ensemble! 34

L'épisode neigeux de la semaine dernière dans le département de l'Hérault et notamment sur la Métropole de Montpellier démontre les faiblesses et dysfonctionnement de l’État et des collectivités territoriales. 

Nous aurions pu vivre une véritable catastrophe si nous n’avions pas été en période de vacances scolaires et si le froid avait duré quelques jours de plus. 

La préfecture porte une responsabilité écrasante en ne déclenchant l’alerte rouge que le mercredi à 20 h, puis la levant le lendemain matin dès 6h alors que des gens dormiront encore une nuit dans leurs voitures ou dans des centres d’hébergement. 

Pourtant le préfet, de sa fenêtre, aurait pu constater dès mercredi 12 h que le centre ville était totalement impraticable pour les voitures (déjà une bonne dizaine de centimètres de neige...). 

jeudi 1 mars 2018

Questions nationales et processus d’autodétermination. Week-end organisé par Ensemble! les 17 et 18 mars 2018

En prenant en compte les discussions au sujet de la Catalogne et de la Corse, une proposition a été élaborée. Il s’agit d’approfondir les réponses que nous devons stabiliser sur des questions difficiles que nous retrouverons avec toutes les questions d’avenir de l’Europe, mais aussi, dès 2018 avec le référendum sur l’Indépendance de la Kanaky. 

Un rapide examen de nos potentialités a fait apparaître la possibilité d’entreprendre un tel travail politique. Cette initiative avait été décidée lors de l’atelier de la commission Europe de l’AG de Nanterre en décembre 2017, au cours duquel un débat s’était tenu pendant une heure sur la Catalogne, avec une quarantaine de militants. 

Ce week end sur le thème « Questions nationales et processus d’autodétermination » est programmé les 17-18 mars 2018 

lundi 26 février 2018

Dépasser l'Etat, en misarchie et ailleurs, avec Emmanuel Dockès

Nous avons invité mercredi 24 janvier Emmanuel Dockès, juriste et auteur de Voyage en Misarchie, Essai pour tout reconstruire, publié aux Éditions du Détour. Un des aspects importants de la thèse qu’il défend dans son roman politique est la volonté de dépasser l’État pour le remplacer par un autre régime politique : la Misarchie. Ce néologisme vient du verbe grec « misein » (qui signifie « détester », « haïr ») et de « arkos », le chef, l’autorité. Une société où, si on n’aime pas l’autorité, on sait néanmoins qu’il est nécessaire d’avoir un minimum de règles communes pour pouvoir fonctionner. C’est autour de la perspective de dépassement de l’État proposée par la Misarchie qu’Emmanuel était invité à débattre. Nous publions ici la vidéo des parties les plus significatives de la soirée : sa présentation et deux séries de questions-réponses. 

Pour voir les deux vidéos :

https://autogestion.asso.fr/depasser-letat-misarchie-ailleurs-video/

mardi 20 février 2018

Mai 68 vu des Suds

À l’initiative de Jacques Sauvageot – hélas brutalement décédé alors qu’il la préparait –, le Réseau Sortir du colonialisme, le Cedetim et l’Institut Tribune socialiste (ITS) ont choisi d’évoquer Mai 68 à partir des Suds, par une série de rencontres publiques et de débats. Ils le font à l’occasion de la treizième Semaine anticoloniale et antiraciste, organisée en mars 2018. 

Six fondations et associations (Fondation IPAM, ITS, Fondation Gabriel Péri, Fondation de l’écologie politique, Fondation Copernic, Espace Marx) ainsi qu’un centre de recherche (le Centre d’histoire sociale du xxe siècle) soutiennent cette initiative, également soutenue et promue par Mediapart. 

L’objectif, explicité dans la note ci-après, est de mettre en lumière le « mouvement mondial de Mai 68 vu des Suds » au cours de la période 1965-1973, afin de comprendre comment ses ressorts profonds, trop oubliés, font encore sens et trace aujourd’hui. 

10 mars : Les luttes d’aujourd’hui ont besoin de la perspective d’un autre demain

Invitation à une  séance de travail ouverte à toutes et tous 

Samedi 10 Mars de 9h30 à 16h30 
au siège de l’Union syndicale Solidaires 
31 Rue de la Grange aux Belles, 75010 Paris 


co-organisé par Le réseau (AAAEF), l’Association Autogestion, ATS, l’OMOS, l’Union syndicale Solidaires. 



• De plus en plus nombreuses sont les voix qui prônent de ne pas se limiter à dire NON. Le système capitaliste peut-il encore intégrer des compromis structurels de types fordiens ou keynésiens ?