lundi 20 juillet 2020

De quelle gauche alternative avons-nous besoins ? Samedi 10 octobre Paris

Alors que la crise sanitaire semble contenue dans notre pays mais qu’elle est encore très présente dans plusieurs régions du globe et que le risque d’un rebond à l’automne existe toujours, c’est la crise économique qui va très vite dominer l’actualité. Crise qui va se rajouter à celle latente mais multidimensionnelle et systémique, à la fois sociale, écologique et démocratique d’un monde dominé par le capitalisme. 

Répondre à une telle crise nécessite donc l'élaboration d'un projet alternatif global mais aussi une refondation des organisations de la gauche de transformation. 

Pour en discuter avec vous, nous vous invitons à une Réunion-débat sous forme de table ronde le samedi 10 Octobre de 9 h 30 à 17 h au Maltais Rouge 40 rue de Malte 75011 Paris sur le thème . « De quelle gauche alternative avons-nous besoin aujourd'hui ? ». 

Avec la participation de Ludivine Bantigny, Pierre Cours Salies, Alexis Cukier, Elise Lowy, Christian Mahieux 

samedi 4 juillet 2020

Virer les actionnaires, pourquoi et comment s’en passer ? L’introduction

Les gouvernements du monde entier déversent des aides massives pour les sociétés de capitaux (exonération de cotisations sociales, chômage partiel, prêts bonifiés…) au nom de la prétendue sauvegarde de l’économie et de l’emploi. Nos budgets publics sont donc massivement sollicités pour sauver le patrimoine des actionnaires sans aucune contrepartie : la reprise boursière en est le témoin le plus criant.

Cette crise sanitaire et économique ne fait que renforcer la tendance lourde à un ralentissement généralisé de la croissance mondiale qui, comme le livre Virer les actionnaires, pourquoi et comment s’en passer ? le démontre, empêche un quelconque compromis entre les classes sociales. Pour le dire autrement, on peut vouloir une reprise du progrès social, il est urgent d’engager la transition écologique de nos sociétés mais ceci ne pourra se faire sans poser la question du départ des actionnaires et de la transformation des sociétés de capitaux en unités de production autogérées par leurs travailleur.ses et usager.ères. 

Nous publions ici, avec l’aimable autorisation des Éditions Syllepse, l’introduction de ce livre écrit quelques mois avant la crise du covid-19. 

La Coop des Masques, Bretonne et Solidaire. Appel au soutiien

Huit jours après le début du confinement décrété par E. Macron pour lutter contre la pandémie de covid 19, l’Union syndicale Solidaires des Côtes-d’Armor propose de redémarrer une production locale et industrielle de masques respiratoires grâce aux compétences locales en créant une Société coopérative d’intérêt collectif (SCIC). Quelques mois plus tard la coop des masques bretonne et solidaire est née. 

La coop des masques c’est une coopérative construite autour d’un projet d’intérêt collectif. La SCIC est constituée de 5 collèges : salariés, collectivités territoriales, clients, partenaires et citoyens. 

Les sociétaires qui entrent au capital social de la coopérative sont issus des professions médicales, hospitalières, médico-sociales, sanitaires et sociales et des secteurs d’activités emblématiques de Bretagne…Des entreprises classiques ou issues de l’économie sociale et solidaire, fondations, associations, mutuelles, fédérations professionnelles. 

Et Tout citoyen a la possibilité de devenir sociétaire au sein de la coopérative. 10 000 parts sociales, de cinquante euros sont réservées aux citoyens. Et cet apport citoyen est essentiel maintenant pour démarrer rapidement , pour montrer la volonté populaire de participer à la coopérative La coop des masques, bretonne et solidaire a besoin de vous !! 

lundi 8 juin 2020

Nous Sommes Toutes Et Tous Des Noirs Américains Ou Français

« La mort de George Floyd entre en résonance avec la situation des Noirs du monde entier » Sadiq Khan maire de Londres. 

A nos yeux, elle entre aussi en résonance avec la situation de toutes et tous les opprimé.e.s et humilié.e.s. 

Étouffé sous le genou d’un policier blanc américain, George Floyd est devenu le symbole des luttes des personnes discriminées du fait de leur couleur de peau, et dont l’histoire de leurs ancêtres a été marquée par la domination coloniale qui continue de nourrir des pratiques racistes. 

Aux États Unis, c’est un mouvement de fond, tous les États sont concernés et dans plus de 500 villes les manifestations rassemblent une population jeune et mixte. L’ampleur, la durée, la répartition sur tout le territoire étasunien, des manifestations qui font suite à l’assassinat de George Floyd à Minneapolis ont saisi la planète. Maurice Mitchel leader du mouvement Black Lives Matter dans une interview accordée à Mediapart en éclaire le fondement : « c’est le fruit de quatre siècles d’esclavage et de spoliation, de quatre décennies de néolibéralisme et de quatre ans de Donald Trump ». 

vendredi 5 juin 2020

À l’ordre du jour, la sortie du capitalisme

Une trentaine de militants issus d’horizons différents lancent Initiative Capitalexit. Leur ambition est de produire un nouvel espace de débat collectif sur des contenus politiques de dépassement du système mortifère. 

« Suite à la crise sanitaire, de multiples voix s’élèvent pour construire le monde d’après. Mais pour les classes dominantes, il ressemble furieusement au monde d’avant, explique l’historien Jean Sève, l’un des membres fondateurs d’Initiative Capitalexit. Cette fragilisation de notre société est pour elle s une occasion rêvée de renforcer leur pouvoir et leur domination. » 

Dans un manifeste (lire ci-dessous), les signataires, qui organisaient mardi 2 juin une conférence de presse, partagent le constat fait par le philosophe récemment décédé Lucien Sève et son fils et coauteur dans Capitalexit ou catastrophe (la Dispute, 2018) : le système capitaliste est entré en phase terminale. Ce système a permis, par la surexploitation de la nature et par la destruction des habitats de la faune sauvage, l’émergence de cette pandémie, tout en étant incapable d’apporter des protections sanitaires à la hauteur. La recherche sans limite du profit est ainsi totalement responsable du démantèlement des structures de santé. Le capitalisme produit aujourd’hui une crise globale de civilisation, constituée de multiples crises imbriquées les unes aux autres. 

mardi 2 juin 2020

Tribune des 18 et Plan de sortie de crise : une convergence inédite et prometteuse

Le 27 mars dernier, parmi les nombreuses contributions sur la crise sanitaire, écologique, économico-sociale dans laquelle le monde est plongé, la "Tribune des 18" intitulée 'Plus jamais ça - Préparons le jour d'après" retenait l'attention. Et pour cause : les organisations signataires de cette tribune ont réalisé une convergence inédite en France entre organisations associatives environnementales, altermondialistes et syndicales. 

Une convergence non seulement inédite mais aussi prometteuse : quelques jours plus tard, les 18 lançaient une pétition commune ; des initiatives départementales relayant cette convergence se sont mises en place dans différents départements ; un dialogue -lui-aussi inédit sous cette forme- s'est engagé entre les 18 et des forces politiques de gauche ; enfin, le 26 mai, les 18 ont rendu public un document programmatique intitulé "34 mesures - Pour un plan de sortie de crise", se situant carrément dans une perspective alternative, à la fois sociale, écologique, démocratique, féministe et altermondialiste.

Un document qu'il faut lire et discuter (en cliquant sur ce lien)

Bruno Della-Sudda

Se fédérer. L'appel


Nous sommes nombreuses, nous sommes nombreux : nous sommes tant et tant à penser et éprouver que ce système a fait son temps. Mais nos voix sont dispersées, nos appels cloisonnés, nos pratiques émiettées. Au point que quelquefois nous doutons de nos forces, nous succombons à la détresse de l’impuissance. Certes, parfois cette diffraction a du bon, loin des centralisations et, évidemment, loin des alignements. Il n’empêche : nous avons besoin de nous fédérer. Sans doute plus que jamais au moment où une crise économique, sociale et politique commence de verser sa violence sans faux-semblant : gigantesque et brutale. 

Si « nous sommes en guerre », c’est bien en guerre sociale. D’ores et déjà les attaques s’abattent, implacables : le chantage à l’emploi, la mise en cause des libertés et des droits, les mensonges et la violence d’État, les intimidations, la répression policière, en particulier dans les quartiers populaires, la surveillance généralisée, la condescendance de classe, les discriminations racistes, les pires indignités faites aux pauvres, aux plus fragiles, aux exilé-es. Pour une partie croissante de la population, les conditions de logement, de santé, d’alimentation, parfois tout simplement de subsistance, sont catastrophiques. Il est plus que temps de retourner le stigmate contre tous les mauvais classements. Ce qui est « extrême », ce sont bien les inégalités vertigineuses, que la crise creuse encore davantage. Ce qui est « extrême », c’est cette violence. Dans ce système, nos vies vaudront toujours moins que leurs profits.

Ensemble, tout est possible, soyons responsables !


Nous diffusons ce texte pour contribuer aux réflexions en cours. Il s’inscrit dans l’esprit unitaire de l’Appel « Plus jamais ça », signé par 18 responsables de syndicats, d’ONG, d’associations.
Disons la vérité : le monde entier savait qu’une pandémie interviendrait un jour ou l’autre. Combien d’alertes en cinquante ans ! Mais les chercheur·e·s ont été négligé·e·s, et leurs travaux non financés, alors que s’imposait une intense circulation planétaire, un capitalisme productiviste destructeur sur le plan écologique et social. Les politiques d’austérité ont mis à mal les systèmes publics de santé. Cette crise sanitaire a été engendrée par ce mode de production. Elle a été accélérée et aggravée par les politiques de la classe dirigeante. Et cela vaut partout, tant en Europe que dans le reste du monde.
Aujourd’hui doivent s’imposer les exigences de sécurité de l’ensemble de la population, des personnes qui travaillent (matériel de protection, droit de retrait et salaires garantis, refus de faire travailler des secteurs économiques non essentiels). De toute urgence, pour les plus pauvres, des millions au sud de l’Italie, dans tous les pays des Balkans et d’Europe centrale, les Etats et la Banque Centrale européenne doivent prendre des  mesures concrètes pour garantir le droit à la vie de tous les sans droits et les précaires (sans papier, sans toit, sans emploi…). De même ils doivent s’engager à coopérer avec l’Afrique et les pays du Sud pour la santé, l’agriculture et le climat. Ces mesures ne justifieront pas une austérité future, déjà annoncée par les ministres de l’économie et du budget.

mardi 12 mai 2020

Crise de légitimité et processus de fascisation : L’accélération par la pandémie, par Saïd Bouamama




Cette colère populaire est mesurée par le gouvernement qui prépare activement ses réponses [répressives d’une part et  idéologiques d’autre part] pour la juguler et la détourner. La crise de légitimité antérieure à la pandémie est accélérée par celle-ci et suscite logiquement une accélération du processus de fascisation, lui aussi déjà entamé avant la séquence du Corona. 

Le rappel de quelques fondamentaux permet d’éclairer la signification politique et idéologique de quelques faits et choix gouvernementaux récents ayant à première vue aucun liens : gestion autoritaire du confinement ayant déjà fait 10 victimes dans les quartiers populaires, note aux établissements scolaires appelant à « lutter contre le communautarisme » dans le cadre du déconfinement, document de prospective du ministère des affaires étrangères sur les conséquences politiques de la pandémie en Afrique, soutien d’Emmanuel Macron à Éric Zemmour, etc.

lundi 11 mai 2020

Jean-Marie Harribey: entamer une «grande bifurcation», entretien avec Romaric Godin (Mediapart;fr)


L’économiste Jean-Marie Harribey rappelle que la crise sanitaire actuelle se produit dans une crise profonde du capitalisme. Il en appelle à un changement radical, appuyé sur trois orientations : réhabiliter le travail, instituer les communs et socialiser la monnaie.

La crise qui s’est ouverte avec la crise sanitaire s’est muée rapidement en une crise du capitalisme qui s’annonce plus profonde qu’on a pu le croire initialement. Le niveau de chute des PIB et la responsabilité des politiques publiques néolibérales posent nécessairement la question d’une possibilité d’un retour à une « normalité » dont, au reste, plus personne ou presque ne se revendique. Alors qu’Emmanuel Macron prétend désormais vouloir défendre un « État protecteur » et renforcer les salaires des métiers selon leur « utilité sociale ». Mais que signifierait vraiment un changement profond de modèle ? Et pourquoi n’est-il pas envisageable de revenir en arrière ?
Jean-Marie Harribey est économiste, membre des Économistes atterrés et de la Fondation Copernic. Il a publié peu avant l’annonce du confinement un ouvrage sur l’état du capitalisme contemporain, Le Trou noir du capitalisme. Pour ne pas y être aspiré, réhabiliter le travail, instituer les communs et socialiser la monnaie (Le Bord de l’eau, 2020). Il tente d’expliquer en quoi la crise actuelle n’est pas aussi « extérieure » au capitalisme qu’il n'y paraît et comment elle pourrait être systémique. Puis il dessine les traits de ce qu’il appelle la « grande bifurcation » et qui serait un véritable changement de paradigme.

R.G.

La plongée des « collapsologues » dans la régression archaïque, par Daniel Tanuro




A l’heure où la jeunesse de différents pays entame des mobilisations de masse face à la catastrophe climatique, se pose de façon d’autant plus urgente la nécessité de débattre des cadres d’analyses et des réponses politiques face à la crise environnementale. Parmi les courants de pensée les plus récents sur le marché éditorial, la collaposologie[1] s’avère être un succès de librairie, en particulier grâce aux livres co-écrits par Pablo Servigne. Ce succès, largement porté par une campagne publicitaire des plus classiques, est-il un bon signe pour les luttes écologiques et sociales ? Ou n’obscurcit-il pas les horizons émancipateurs que de telles luttes sont à même dessiner ?

« Le regard tourné vers l’avant est d’autant plus pénétrant qu’il est conscient. L’intuition, authentique, se veut nette et précise. Ce n’est que si la raison se met à parler que l’espérance, vierge de toute fraude, recommence à fleurir » (Ernst Bloch)

Dans leur ouvrage Comment tout peut s’effondrer, paru en 2014, Pablo Servigne et Rafaël Stevens créaient le concept de « collapsologie », qu’ils définissaient comme suit :

mardi 28 avril 2020

La Scic contre l’impéritie, par Thomas Coutrot

Le travail n’est plus organisé en fonction du profit pour les actionnaires mais de l’utilité sociale. 

L’impéritie. Ce terme peu usité désigne fort bien l’incompétence et l’irresponsabilité des arrogants personnages qui nous gouvernent, dévots aveugles des lois du marché mondial. Cela commence à se savoir : l’ahurissante pénurie de masques et de tests n’est pas le fait de la malchance mais de décisions conscientes. Ainsi, malgré les alertes lancées par les syndicats, Bercy et l’Élysée ont laissé la multinationale américaine Honeywell fermer, il y a dix-huit mois, l’usine de Plaintel, dans les Côtes-d’Armor, qui pouvait produire 20 millions de masques par mois. 

Au nom de la liberté d’entreprendre, Honeywell a pu détruire ses machines – dont certaines étaient quasiment neuves – et délocaliser sa production de masques en Tunisie et en Chine (1). Le 26 mars, l’Union syndicale Solidaires des Côtes-d’Armor proposait de relancer la production de masques et de vêtements de protection sanitaire en créant une coopérative. 

dimanche 26 avril 2020

Vers des jours heureux ... par Monique Chemillier-Gendreau

« Quand croît le péril, croît aussi ce qui nous sauve ». (Hölderlin) 

Un virus inconnu circule autour de la planète depuis le début de l’année. Péril mortel et invisible, nous obligeant à nous écarter les uns des autres comme si nous étions dangereux les uns pour les autres, il a retourné les tréfonds des sociétés comme on retourne un gant et il a mis au grand jour ce que l’on tentait jusqu’ici de masquer. Sans doute provoque-t-il un nombre important de morts et met-il sous une lumière crue les limites des systèmes de santé des pays développés, y compris les plus riches d’entre eux. Sans doute, ailleurs, expose-t-il les populations de pays plus pauvres à un extrême danger, les contraignant pour se protéger à accomplir une obligation impossible, le confinement. Mais ceci n’est que la surface des choses. 

Le gant retourné donne à voir la voie périlleuse dans laquelle le monde se trouve engagé depuis des décennies. En mettant les services hospitaliers sous contrainte budgétaire, là où ils étaient développés, et en les négligeant là où ils sont insuffisants, les responsables politiques affolés se sont trouvés pris de court devant l’arrivée de la pandémie. 

En France, l’impréparation criante à ce type d’événements, la liquidation coupable de la réserve de masques, la délocalisation de l’industrie pharmaceutique avec pour seule raison la recherche de profits plus grands, la faiblesse des moyens de la recherche scientifique, mettent le gouvernement en situation d’improvisation. En prenant le chemin du confinement dont il ne sait comment sortir, il s’est engagé dans la voie d’une mise en cause radicale des libertés publiques. S’étant privé des autres moyens de protection de la population, il bénéficie d’un acquiescement forcé de cette dernière. Pour le cas où cet acquiescement manquerait, un discours moralisateur et culpabilisant se déploie. 

vendredi 24 avril 2020

L'autogestion pour un autre monde possible, par Catherine Samary

Le texte proposé ci-après a été écrit dans le contexte de la crise de 2007-2008 pour un recueil de réflexions sur « l’après-capitalisme »[1]. Il rejoint à bien des égards l’approche de Thomas Coutrot, discutée dans la première partie[2] (« Socialisme, marchés, autogestion : un état du débat »), mais en élargissant la focale. 

 D’une part, certaines réflexions et « modèles » différents qu’il présente peuvent et doivent être rapprochés dès lors qu’ils rejettent aussi bien l’étatisme que le « socialisme de marché » où dominent les rapports marchands : l’utilisation des atouts du « numérique » (dans un modèle « Parecon ») est-elle contradictoire avec une « planification autogestionnaire » (appelée « participative » par Pat Devine) utilisant partiellement des marchés socialisés et une monnaie ? Il faut mettre l’accent sur de possibles combinaisons soumises aux critères de la satisfaction de besoins jugés par les personnes concernées. 

C’est pourquoi il importe de mettre l’accent sur le « statut autogestionnaire » (tel qu’il est redéfini ici) : c’est alors subordonner les « outils » et institutions à la responsabilisation des êtres humains associés qui les jugent, sans supposer par avance que l’on connaît un « modèle » efficace. 

Qui juge, au travers de quelle démocratie économique et de quelle acquisition d’expérience, avec quel pouvoir de décision ? Les pistes proposées sont rendues plus que jamais d’actualité face au choc sans précédent et à la crise multidimensionnelle associés au Covid-19. D’ores et déjà « on sait » (tout le monde sent) qu’il s’agit d’une crise « structurelle », d’un grand « tournant » historique – une de ces « bifurcations » où se révèlent de nouveaux « possibles ». 

Les leçons cruciales de la pandémie, par Gilbert Dalgalian

Ce texte est la postface du livre « Trois pas de plus dans l’agonie » qui paraîtra en fin d’année chez Syllepse. 

L’expérience de la pandémie du Covid 19 est en train d’endeuiller les cinq continents et met à rude épreuve le monde entier. Elle souligne cruellement l’impréparation des systèmes sanitaires, pourtant plusieurs fois dénoncée par les personnels hospitaliers. Mais surtout elle impose une réflexion sur les conditions qui ont permis cette crise, sur les voies de survie qu’elle nous suggère. 

Ce virus – déjà responsable de milliers de morts et de beaucoup de victimes – aura cependant davantage contribué au sauvetage de la vie sur terre que toutes les grands-messes internationales (Cancun, Copenhague, Paris COP21, etc.). 

La mondialisation du virus remet en cause la mondialisation outrancière de l’économie libérale. En effet, depuis l’apparition de cette catastrophe sanitaire, la Chine a gelé presque toutes ses productions ; l’Europe, les États-Unis et l’Inde sont entrés dans un confinement et un freinage brutal de leurs économies. Sans parler de près d’un milliard de nouveaux chômeurs depuis des semaines.