lundi 8 juillet 2019

Repenser le développement pour repenser la solidarité internationale. Douze pistes de réflexion, par Gus Massiah

Douze pistes de réflexion 

Plan 

1. S’interroger sur le sens du concept de développement Histoire du mot et du concept 

2. Remettre en cause la conception dominante du développement, celle du rattrapage La rupture de la décolonisation ; le chemin de la croissance productiviste 

3. Prendre la mesure de l’inflexion engagée par le néolibéralisme Dans les années 1980 ; l’ajustement structurel au marché mondial et la crise de la dette 

4. Resituer l’altermondialisme comme une réponse au néolibéralisme Le mouvement anti-systémique de la phase néolibérale de la mondialisation capitaliste 

 5. Prendre conscience du changement de paradigme engendré par l’écologie Une révolution philosophique dans le rapport entre l’espèce humaine et la Nature 

6. Partir de l’analyse de la situation actuelle pour identifier les défis Les questions à prendre en compte pour inventer une nouvelle pensée du développement 

7. Approfondir la réflexion sur le changement des sociétés L’enjeu est de s’engager dans une transition vers plus d’émancipation 

vendredi 5 juillet 2019

Fin du cycle de l'expérience progressiste (1998/2015) et actualité des mouvements populaires : où va l'Amérique indo-afro-latine ? En débat samedi 12 octobre.

Une initiative et une invitation du Réseau AAAEF  (Alternatives, Autogestion, Altermondialisme, Ecologie, Féminisme) 

Samedi 12 octobre 2019 de  9h30 à 17h 
au Maltais Rouge 40 rue de Malte 75011 Paris 
(Métros Oberkampf ou République) 


Lors d'une réunion consacrée en 2017 aux révolutions arabes et aux révolutions en Amérique indo-afro-latine au tournant du siècle, nous avions insisté sur l'apport majeur de ces processus révolutionnaires sur le chemin de l'émancipation humaine, particulièrement sur le plan social et sur le plan démocratique. 

Mais nous avions aussi indiqué leurs limites, leurs contradictions et le fait que ces processus n'étaient pas linéaires, qu'ils comportaient des avancées et des reculs et qu'ils s'inscrivaient dans la durée à la manière de révolutions longues déjà analysées du temps des Alternatifs. 

lundi 17 juin 2019

Le peuple? La gauche? la planète? Stratégie, imaginaire et théorie, par Jacques Bidet

Ce qui nous manque, ce n’est pas seulement une stratégie, mais aussi une « vision du monde », ou, plus proprement : une théorie qui puisse fonder une pratique. La théorie est en elle-même impuissante, et elle n’est jamais qu’une grande hypothèse, portée par un imaginaire ; mais, sans elle, on ne peut justifier aucun choix. 

Jacques Bidet, 12/6/2019 
Cet texte est repris du blog de Jacques Bidet sur Médiapart

Le peuple ? La gauche ? la planète ? Stratégie, imaginaire et théorie 

Ce qui nous manque, ce n’est pas seulement une stratégie, mais aussi une « vision du monde », ou, plus proprement : une théorie qui puisse fonder une pratique. La théorie est en elle-même impuissante, et elle n’est jamais qu’une grande hypothèse, portée par un imaginaire ; mais, sans elle, on ne peut justifier aucun choix. Le marxisme a été la référence principale du mouvement ouvrier. Il permet d’entrer dans l’analyse des rapports entre les classes. Mais il ne suffit pas pour aborder les rapports entre les humains et la planète. Le rouge n’a plus de sens que s’il est croisé avec le vert, ainsi qu’avec quelques autres couleurs. Mais comment penser tout cela ensemble ? 

dimanche 16 juin 2019

7ème Rencontre internationale de "l'économie des travailleuses et des travailleurs" du 25 au 29 septembre Ecole Nationale Florestan Fernades, Guararema, Sao Paulo

I. Historique 

Depuis 2007, les rencontres Internationales de « L’Économie des travailleurs-se-s » se déroulent tous les deux ans, elles articulent un espace de débat entre des travailleur-se-s, des militant-e-s sociaux et politiques, des intellectuel-le-s et des universitaires sur les problèmes et les potentialités de ce que nous avons qualifiées d’ « Économie des travailleuses et des travailleurs ». Elles sont basées sur l’autogestion et la défense des droits et des intérêts de la population qui vit de son travail, dans le cadre des conditions actuelles du capitalisme mondialisé néolibéral. 

Dans ce type de rencontre, les expériences d’autogestion générées par les peuples sud-américains, comme les entreprises récupérées en Argentine, en Uruguay, au Mexique et au Brésil, les mouvements coopératifs de travailleur-se-s, les expériences de contrôle ouvrier et de cogestion au Venezuela bolivarien, l’économie solidaire, social et communale et les autres luttes pour l’auto organisation du travail et de l’autogestion de l’économie définissent les axes de débat. 

De la démocratie économique vers la démocratie totale. Les interventions.

Nous publions ici les différentes interventions des participant.es de cette journée de travail du samedi 19 janvier 2019 co-organisée par l’Association Autogestion (AA), l’Association des communistes unitaires (ACU), les Amis de Tribune socialiste (ATS), Cerises, l’Observatoire des mouvements de la société (OMOS), le Réseau pour l’autogestion, les alternatives, l’altermondialisme, l’écologie et le féminisme (AAAEF), le Temps des lilas et l’Union syndicale Solidaires. 

Problématique – 

1 Bénédicte Goussault- Introduction – 
2 Jean-Claude Mamet- Démocratie « économique », auto-organisation, émancipation – 
2 Sylvie Larue – Démocratie dans les services publics – 
4 Benoit Borrits-Une démocratie économique totale – 
5 Jacques Pigaillem- Plus de démocratie nécessite de remettre en cause les lois du marché – 

samedi 25 mai 2019

Tandis que le spectre de la guerre civile hante les États-Unis, Sanders et ses socialistes partent à l’assaut du pouvoir et du... ciel !, par Yorgos Mitralias*

L’idée reçue qui veut que les Américains soient imperméables au socialisme a manifestement la vie dure dans la gauche européenne. En effet, trois ans après que le socialiste indépendant Bernie Sanders eut fait un carton, à tel point que la direction du Parti démocrate fut obligée de recourir aux pires tricheries pour le priver de sa victoire sur Hillary Clinton et de la nomination du parti à la présidentielle de 2016, force est de constater que la gauche européenne – de toutes sensibilités – continue de rester impassible devant la percée toujours plus spectaculaire des idées socialistes aux États-Unis. Alors, aucune surprise si elle montre peu d’intérêt pour les conséquences et les manifestations politiques et sociales de cette percée et n’arrive pas à profiter de leur impact en Europe et de par le monde. 

Et pourtant, les manifestations de cette percée socialiste sont désormais légion, crèvent les yeux, et jour après jour occupent le devant de la scène politique nord-américaine. 

Tout d’abord, selon tous les derniers sondages et enquêtes d’opinion, le socialiste Bernie Sanders n’est plus l’outsider qu’il était en 2016, mais le grand favori (front runner) parmi les candidats démocrates, tandis qu’il bat clairement Trump ! Et aussi, toutes les revendications phares de son programme considérées “utopiques” et “socialistes” en 2016 par les pontes des grands médias, jouissent maintenant du soutien de la grande majorité des États-uniens ! 

mardi 7 mai 2019

Les "Gilets Jaunes" parmi les mouvements sans leaders des années 2010, par Yves Cohen*


Tunisie, Turquie, Espagne, Ukraine, ou encore Brésil, nombre de pays ont connu au cours de la dernière décennie, des « mouvements soulèvements ». À leur suite, a émergé celui des « gilets jaunes » empreint de la même tolérance envers un certain degré de violence de la part du mouvement, mais aussi, de la même volonté d’horizontalité, du même refus du XXe comme siècle hiérarchique et de l’obligation de se placer sous l’autorité d’un chef façonnée par la « société de masse ». 

Comment rendre compte de l’importance exceptionnelle, historique, de ce mouvement des « gilets jaunes » qui s’est inauguré le 17 novembre 2018 (sans qu’à l’heure où cet article est écrit, il soit possible de dire comment il va se poursuivre) ? 

Pour mieux saisir la portée de ce que nombreux appellent un soulèvement et qui s’est d’emblée déployé sur tout le territoire français sans l’impulsion de syndicats, de partis ou de quelque organisation que ce soit, et sans non plus la direction de leaders, il importe d’abord de le situer dans un moment. 

En effet, les années 2010 se caractérisent par l’apparition dans le monde de mouvements qui partagent avec les « gilets jaunes » nombre de traits grâce auxquels ils forment un tel « moment » qui apparaît d’une signification au moins aussi forte que le « moment 68 » des historiens (voir mon texte à ce sujet). Les « mouvements des places » ont déjà suscité une grande quantité de réflexions et de publications en plusieurs langues dont le français. 

vendredi 26 avril 2019

Printemps arabes : Un nouveau round ? par Hakim Ben Hamouda

Pour beaucoup, les révolutions du printemps arabe sont un vieux souvenir des beaux jours de révoltes de l’hiver 2011 et qui ont perdu leur attrait. Cette analyse qui cherche à rejeter loin dans notre mémoire cette nouvelle ère dans l’histoire politique du monde arabe ne manque pas de pertinence et de véracité. 

Les révolutions démocratiques dans le monde arabe ont connu deux grandes périodes historiques. La première a commencé en 2011 avec le début de la mobilisation dans les différents pays et s’est prolongée jusqu’en 2013. Il s’agit de la phase de l’espoir et la mobilisation sans précédent pour construire de nouvelles sociétés démocratiques. Ce sont les moments heureux des révolutions démocratiques avec ces mobilisations inédites qui ont été à l’origine de la chute de certains régimes comme en Tunisie, en Libye, en Egypte et au Yémen et ont fortement ébranlé d’autres comme c’était le cas en Syrie et au Bahreïn. Il s’agit d’un moment majeur dans l’histoire politique du monde arabe qui l’a ouvert sur un nouvel imaginaire politique marqué par les idéaux universels des droits de l’homme, de la démocratie et du pluralisme. 

Quelques réflexions sur le soulèvement algérien, par Hamza Hamouchene (Entretien avec Omar Hassan)

Ce qui se passe en Algérie est vraiment historique. Le peuple a remporté la première bataille dans sa lutte pour un changement radical du système. Dans cet entretien, Dr Hamza Hamouchene nous livre quelques réflexions sur les perspectives et horizons du mouvement populaire qui ne cesse de s’élargir. 

1. La couverture médiatique des processus révolutionnaires en Algérie et au Soudan a été jusqu’ici peu couverte par la presse internationale. Pourriez-vous commencer par expliquer en quoi consistent les manifestations en Algérie ? Quels sont leurs objectifs ? 

Le mouvement de protestations de masse a commencé quelques jours à peine après l’annonce par Bouteflika de son intention de briguer un cinquième mandat à la présidence de l’Algérie. Celles-ci étaient d’abord petites et locales, puis sont devenues massives et se sont répandues au niveau national à partir du vendredi 22 février 2019. Ainsi, chaque vendredi à partir de cette date, des millions d’Algériens (certaines estimations oscillent entre 17 et 22 millions pour une population totale de 42 millions personnes). 

Des millions, jeunes et moins jeunes, hommes et femmes de différentes classes sociales sont descendus dans la rue lors d’un soulèvement important, se réappropriant des espaces publics confisqués depuis longtemps. Ces marches historiques du vendredi ont été suivies de manifestations dans plusieurs secteurs (éducation, santé, justice, industrie pétrochimique, étudiants, syndicats, etc.), faisant de la contestation une affaire quotidienne. 

jeudi 25 avril 2019

Rencontre euro méditerranéenne du Réseau "L'économie des travailleurs.ses", une autre Europe ?, par Benoît Borrits, Bruno Della Sudda, Christian Mahieux et Richard Neuville

L’articulation entre autogestion, écologie et féminisme au cœur de la IIIe rencontre de l’« Économie des travailleur-se-s » 

 Du 12 au 14 avril, s’est tenu à Milan la troisième rencontre euroméditerranéenne « L’économie des travailleur.ses ». 200 personnes environ y ont participé, avec une parité hommes/femmes et pas mal de jeunes. 

Ce processus est né il y a une dizaine d’années à l’initiative du programme Faculta Abierta de l’Université de Buenos Aires qui étudie et apporte son soutien aux entreprises récupérées par leurs travailleur.ses. 

Démocratie et organisations, réunion-débat samedi 11 mai à Paris. Invitation

Débat Samedi 11 mai 2019, de 9h30 à 17h 31 rue de la Grange aux Belles 75010 Paris (Métro Fabien) 


Co-organisé par l’Association Autogestion (AA), l’Association des communistes unitaires (ACU), les Amis de Tribune socialiste (ATS), Cerises, l’Observatoire des mouvements de la société (OMOS), le Réseau pour l’autogestion, les alternatives, l’altermondialisme, l’écologie et le féminisme (AAAEF), le Temps des lilas et l’Union syndicale Solidaires. 

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Après une rencontre sur la question des aspirations à la démocratie où se sont mêlées interrogations et réflexions sur la démocratie représentative, sur ses insuffisances, où s’est exprimée la nécessité d’une démocratie active et d’une démocratie économique sans laquelle la démocratie reste largement formelle aujourd’hui… 

Après une seconde réunion d’approfondissement où nous avons interrogé les possibilités de son exercice dans des espaces géographiques de grande échelle ainsi que la validité de moyens comme le tirage au sort ou la création d’une chambre sociale … 

Nous nous proposons de prolonger la réflexion 
Qu’implique acquérir du pouvoir d’intervention ? Notamment à partir de la question des droits humains fondamentaux : qui les définit et comment les garantir ? Comment peut s’articuler le passage des aspirations individuelles à l’agir collectif ? Comment se concrétise le passage à la loi ? Dans ce cadre comment aborder les rapports entre dissensus et consensus ? Et quid alors des organisations révolutionnaires ? La crise de la politique traditionnelle, de ses organisations et des tentatives diverses en ce domaine en font une question d’actualité…

Entrée libre

lundi 15 avril 2019

Appel de Saint-Nazaire des Gilets jaunes

Réunie du 5 au 7 avril à Saint-Nazaire, l’Assemblée des assemblées des Gilets jaunes a adopté dimanche 7 un appel final. En voici le texte. Nous Gilets jaunes, constitués en assemblées locales, réunis à Saint-Nazaire, les 5, 6 et 7 avril 2019, nous adressons au peuple dans son ensemble. 

À la suite de la première assemblée de Commercy, environ 200 délégations présentes poursuivent leur combat contre l’extrémisme libéral, pour la liberté, l’égalité et la fraternité. 

Malgré l’escalade répressive du gouvernement, l’accumulation de lois qui aggravent pour tous les conditions de vie, qui détruisent les droits et libertés, la mobilisation s’enracine pour changer le système incarné par Macron. Pour seule réponse au mouvement incarné par les Gilets jaunes et autres mouvements de lutte, le gouvernement panique et oppose une dérive autoritaire. 

Depuis cinq mois partout en France, sur les ronds-points, les parkings, les places, les péages, dans les manifestations et au sein de nos assemblées, nous continuons à débattre et à nous battre, contre toutes les formes d’inégalité et d’injustice et pour la solidarité et la dignité. 

mardi 19 février 2019

Invitation. "Quel exercice de la démocratie ?" Débat samedi 23 mars. Paris


Réunion – Débat Samedi 23 mars 2019, 
de 9h30 à 16h30 
Bourse du travail, salle André Tollet 3 rue du Chateau d’eau, 75010 Paris 
(Métro République) 

co-organisé par l’Association Autogestion (AA), l’Association des communistes unitaires (ACU), les Amis de Tribune socialiste (ATS), Cerises, l’Observatoire des mouvements de la société (OMOS), le Réseau pour l’autogestion, les alternatives, l’altermondialisme, l’écologie et le féminisme (AAAEF), le Temps des lilas et l’Union syndicale Solidaires. 

La récente séquence des Gilets jaunes a mis à nu une aspiration à la démocratie face aux décisions d’un pouvoir dépourvu d’une quelconque assise populaire. Au-delà de la satisfaction de revendications relatives au pouvoir d’achat, une proposition de référendum d’initiative citoyenne semble émerger. 

vendredi 15 février 2019

Qui fait si peur à l’établissement américain pour qu’il se sente obligé d’exorciser le... socialisme? par Yorgos Mitralias

Ce n’est ni la première, et hélas, ni la dernière fois que les médias internationaux passent à coté d’un grand événement sans qu’ils s’en aperçoivent. Ceci est arrivé maintes fois dans l’histoire contemporaine et la dernière était il y a quelques jours, quand ils ont passé sous silence non seulement la déclaration “historique” du president Trump que “les États Unis ne seront jamais socialistes”, mais aussi la tempête d’applaudissements, de vivats patriotiques et d’acclamations rythmées (USA-USA-USA) de la part des députés et des sénateurs tant Républicains que Démocrates! 

Mais, ce qui est encore plus important est qu’en passant sous silence la nouvelle, nos bons médias ont raté l’occasion de l’analyser et la commenter. C’est à dire, de faire ce qu’ont fait et continuent de faire les médias nord-américains lesquels savent très bien ce que tous les médias européens et aussi plusieurs gens de gauche Européens persistent à ignorer: Que le “socialisme” attire dernièrement une grande partie des citoyens et surtout, la majorité de jeunes de moins de 36 ans (Millennials) aux États Unis d’Amérique!...