vendredi 16 avril 2021

vendredi 9 avril 2021

Inde. Des luttes populaires actives, durables et auto-organisées débouchant sur des éléments de double pouvoir


Les luttes sociales qui de déroulent en Inde depuis plusieurs mois constituent un évènement considérable même si ça n’est guère apparu dans les grands media.  On a pu lire qu’il s’agit du mouvement social numériquement le plus important des 21ème et 20ème siècle, ce qui est vrai, ceci étant lié au statut de l’Inde « plus grande démocratie du monde » avec   une population se situant au deuxième rang mondial. 

L’Inde est un état fédéral, avec un pouvoir réel   des gouvernements régionaux. Ceci entraine des disparités importantes dans les politiques menées par exemple entre   New Delhi et le Kerala seul Etat dirigé par le Parti communiste d’Inde (marxiste). Le gouvernement actuel du pays est dirigé par Narendra Modi du BJP, parti nationaliste, qui a profité de l’épuisement du Parti du Congrès dirigé depuis l’indépendance par la « famille » Gandhi Nehru.

jeudi 25 mars 2021

Des mobilisations et des pratiques alternatives au projet de société - Débat jeudi 8 avril


La réunion du 5 février  a permis de faire le point sur différentes mobilisations et  pratiques alternatives  basées sur l'auto-organisation et la volonté de leurs acteur·rices de faire par elles et eux-mêmes. C’est d’ailleurs bien souvent le point de départ de ces mouvements alternatifs. La discussion a montré également que la sphère de la politique traditionnelle restait ignorante à l’égard de ces pratiques sans que cela implique de la part des participant·es un rejet de la politique. Nous nous sommes arrêté·es devant la question de ce que portent ces mobilisations en terme de redéfinition d’un projet politique.

Nous en sommes là.

Afin que, comme nous l’avions souhaité, cette séance de travail collectif ne soit pas une rencontre sans lendemain, mais l’ouverture d’un chantier, nous vous proposons de nous revoir en prolongeant le débat :

jeudi 18 mars 2021

Algérie : deux ans après le début du Hirak, par Jacques Fontaine

A partir de février 2019, l’Algérie a connu un soulèvement populaire d’une force et d’une durée
inédites. Pendant plus d’une année, plusieurs fois par semaine, des manifestations ont regroupé des dizaines de milliers, des centaines de milliers et exceptionnellement des millions de personnes. Comment expliquer ce phénomène qui peut être qualifié d’extraordinaire, au sens premier du mot ? Mais le
Hirak, malgré son ampleur, sa durée, sa détermination n’est pas sorti vainqueur de son affrontement avec le pouvoir militaire. Et la pandémie de la Covid 19 a interrompu ce mouvement révolutionnaire et  facilité le développement d’une répression déjà bien commencée. Mais le Hirak n’est pas seulement un mouvement, c’est d’abord une idée, et cette idée n’est pas morte ainsi qu’en témoignent les multiples manifestations du 22 février dernier, second anniversaire de la première grande manifestation du Hirak (ce qui a été appelé acte 105 du Hirak).

lundi 22 février 2021

Après le FSM 2021 : les défis de l’altermondialisme et des Forums Sociaux Mondiaux


Intervention de Gustave Massiah à la session du Conseil International du 21 février 2021

1.   Partir d’une étape réussie du renouvellement des Forums sociaux mondiaux

Le FSM virtuel de janvier 2021 s’est très bien passé, beaucoup mieux qu’on n’aurait pu le craindre compte tenu de la situation générale, des contraintes de la pandémie et du temps très court de préparation. 

Les données sur la participation (9500 inscrits de 144 pays dont 1300 associations ; et 800 activités, dont près de 150 sur des initiatives et des mobilisations) sont disponibles à partir du lien suivant : 

Le Forum a été confronté, du fait de la pandémie, à la nécessité d’organiser un forum virtuel.

Le numérique ouvre de nouvelles contradictions. Il permet certes des échanges internationaux sans vols internationaux et sans visas. Mais il manque la force des rencontres et le caractère festif et créatif du présentiel.

La démarche engagée par le Conseil International a été de mettre en avant de nombreux réseaux internationaux qui rappellent la nécessité d’une dimension internationale. Malgré les limites, qu’il faut analyser, cette démarche et l’engagement des trois groupes de travail (Facilitation, communication, finances) a permis de réussir cette étape de renouvellement des Forums sociaux mondiaux).

FSM : déclaration de l’assemblée des mouvements sociaux et pacifistes

Alors que nous entamons une nouvelle décennie, la pandémie mondiale de Covid-19 continue de produire des victimes et de dévaster les économies du monde entier. Les conséquences du virus et l’aggravation de l’urgence climatique accroissent les inégalités sociales partout dans le monde. La lutte contre ces deux crises est la lutte pour la survie de l’humanité, de nos vies et de nos moyens de subsistance, pour la dignité humaine. Cette année est cruciale pour faire face à ces deux crises. 

Dans le passé, des mouvements populaires ont mis en avant la nécessité d’un changement de système, ce qui a amélioré la vie de millions de personnes, en particulier la majorité des peuples marginalisés. Par exemple, les mouvements ouvriers, féministes, de justice sociale, de lutte contre l’esclavage et le racisme, de libération, de paix, de jeunesse, environnementaux, écologiques, paysans et indigènes ont souvent réussi, grâce à leurs luttes, à changer l’histoire. 

vendredi 29 janvier 2021

Se retrouver, se fédérer ! Rencontre autour du postcapitalisme le dimanche 7 février : quelles stratégies et alternatives tangibles ?


Après plusieurs soirées thématiques consacrées à des enjeux stratégiques, Se fédérer propose une rencontre en ligne le dimanche 7 février, sous la forme d'une assemblée de discussion, pour mettre en partage les avis, souhaits, réflexions et pratiques concrètes des signataires de l'appel. Elle se déroulera en trois temps : plénière d'échange collectif, ateliers thématiques, plénière de restitution et de conclusions. Le thème qui structurera la rencontre nous paraît décisif : comment envisageons-nous le postcapitalisme ?

 

La situation que nous traversons est pétrie de contradictions : d'un côté elle est rude, terrible à certains égards, parfois désespérante ; mais de l'autre, elle est aussi porteuse d'alternatives tangibles, de pratiques concrètes en rupture avec la logique écrasante de l'autoritarisme politique et de la marchandisation généralisée. C'est pour contribuer à la mise en commun de ces alternatives que Se fédérer s'est constitué. Nous avons plus que jamais besoin de nous retrouver pour en parler, échanger, rendre vivants nos espoirs et nos projets.

 

Guy Giani, militant de l'autogestion. Hommage


Notre camarade Guy Giani est décédé le 26 janvier dernier à Mouans-Sartoux, Alpes Maritimes, où il résidait. Il avait 65 ans. Nous publions ci-dessous un premier hommage de son ami et camarade Bruno Della Sudda. Une cagnote vient d'être mise en ligne pour venir en aide aux enfants de Guy
https://www.leetchi.com/fr/c/wzGJLo25


"Guy avait commencé son parcours militant à Cannes, alors qu'il était lycéen.

Il avait adhéré aux JC et avait été élu délégué des JC des Alpes-Maritimes au festival mondial de la jeunesse de Berlin en 1973.

mercredi 20 janvier 2021

Que nous disent les luttes, les mobilisations populaires et les pratiques alternatives ? Débat vendredi 5 février 18h


Que nous disent aujourd'hui, dans une perspective  post-capitaliste, les luttes, les mobilisations populaires et  les pratiques alternatives ? En quoi contribuent-elles à une  redéfinition de la politique? 

  Loi "travail", luttes contre les grands projets inutiles, gilets jaunes, mouvement contre la casse des retraites, marches pour le climat, mobilisations anti-racistes et contre les violences policières, mouvement féministe... Ces dernières années ont été riches en mobilisations sur des champs sociaux et sociétaux très divers.  

vendredi 15 janvier 2021

Quels sont les enjeux du FSM 2021 par rapport à la situation mondiale ?


Les enjeux du Forum Social Mondial 2021[1] sont considérables. Dans une situation mondiale profondément contradictoire, il doit permettre de : redéfinir une proposition altermondialiste correspondant à la nouvelle situation ; comprendre les contradictions nouvelles du système mondial ; partir des mouvements pour résister, définir les alternatives, construire un nouveau projet d’émancipation.

Prendre en compte une situation mondiale contradictoire

Le choc de la pandémie et du climat a accentué les ébranlements de la crise financière et politique de 2008 qui s’était traduite par une évolution austéritaire, combinant austérité et autoritarisme, du néolibéralisme. Les contradictions économiques et financières, sociales, écologiques, démocratiques, idéologiques et géopolitiques atteignent un niveau inconnu historiquement.

La situation est profondément contradictoire au niveau mondial et dans de nombreux pays, comme l’a encore illustré la situation chaotique des Etats-Unis. L’austéritarisme risque d’évoluer vers néolibéralisme dictatorial, avec des idéologies identitaires et sécuritaires, porté par des couches sociales que la peur du déclassement et l’insécurité font basculer vers les droites extrêmes en laissant des marges de manoeuvre à des milices fascistes. Les nationalismes virulents sont à l’offensive, les régimes dictatoriaux se multiplient et plus d’un milliard de personnes vivent dans des régions en guerre. A l’inverse, des mouvements profonds démontrent des volontés de changement radical : le mouvement des femmes remet en question des rapports millénaires ; le mouvement de l’urgence climatique fait exploser les certitudes sur la conception du développement fondé sur la croissance productiviste ; le mouvement contre le racisme et les discriminations, à l’exemple de mouvements comme Black Lives Matters, les afro-féministes brésiliennes, les peuples autochtones, met en avant la décolonisation inachevée. Quels sont les enjeux du FSM 2021 par rapport à la situation mondiale ?

jeudi 7 janvier 2021

"La Laïcité n'est pas une injonction à l'athéisme". Débat


Par
RACHIDA EL AZZOUZI . Médiapart.fr

Réunis pour une conférence intitulée « Liberté d’expression, laïcité, blasphème : à qui profite l’instrumentalisation ? », les islamologues Olivier Roy et Haoues Seniguer, ainsi que la diplomate Leïla Shahid, ont déploré que l’on « chasse le religieux de l’espace public ».

 La décapitation d’un enseignant de l’école de la République, Samuel Paty, pour avoir montré des caricatures du Prophète Mahomet dans le cadre d’un cours sur la liberté d’expression et exercé son métier, a provoqué une onde de choc durable en France et au-delà. 

Ce nouvel attentat, commis en octobre à la veille des vacances scolaires par un jeune radicalisé de nationalité russe et d’origine tchétchène, a encore exacerbé les débats en France sur la laïcité et l’islam, à l’heure du procès des attentats de 2015, dont celui ayant visé Charlie Hebdo, et d’une multiplication d’attaques terroristes

L’Iremmo, l’Institut d’études sur la Méditerranée et le Moyen-Orient, a réuni deux islamologues – Olivier Roy et Haoues Seniguer –, ainsi qu’une diplomate – Leïla Shahid –, pour débattre de ce sujet éminemment sensible lors d’une conférence virtuelle intitulée : « Liberté d’expression, laïcité, blasphème : à qui profite l’instrumentalisation ? » (à voir ici).

 

Leïla Shahid est diplomate palestinienne, ancienne ambassadrice de la Palestine auprès de l’Union européenne. Elle observe depuis 25 ans l’évolution en France des questions d’islam et de laïcité.

 

Haoues Seniguer est maître de conférences en science politique à Sciences-Po Lyon, directeur adjoint de l’Institut d’études de l’islam et des sociétés du monde musulman, auteur de L’Islamisme décrypté (L’Harmattan, 2020)

 

Olivier Roy est politologue, spécialiste des religions, directeur de recherche au CNRS et directeur d’études à l’EHESS. Il dirige le programme Méditerranée de l’Institut universitaire européen de Florence, en Italie. Il est l’auteur de L’Islam mondialisé (Seuil, 2002), de La Laïcité face à l’islam (Stock, 2005), de Le Djihad et la mort (Points Essais, 2016), ou encore de L’Europe est-elle chrétienne ? (Seuil, 2019).

mercredi 23 décembre 2020

Au McDo de l'entraide, venez comme vous êtes !


Voilà une pratique alternative, avec des dimensions solidaire, populaire et autogestionnaire , qui mérité d'être connue autour de nous. Cet article est repris du journal Libération du 17décembre dernier.

Bruno Della Sudda

Dans les quartiers Nord de Marseille, d’anciens salariés ont transformé en plateforme solidaire leur restaurant mis en liquidation judiciaire. Distribution de colis alimentaires, soins et chaleur humaine: ils veulent pérenniser le lieu. 

Tribune. Quartiers Nord de Marseille: spectaculaire ­accumulation d’échecs des politiques menées dans tous les domaines ces dernières ­décennies. Notre secteur fut pendant six ans la plus grosse commune gérée par le Rassemblement national (RN) en France. Aux dernières élections, l’abstention est montée jusqu’à 90%. A la grande précarité et labandon dans lesquels les habitants survivent et sauto­organisent depuis si longtemps, la crise du Covid-19 sest ­ajoutée, créant une situation ­exceptionnelle et potentiellement explosive.

lundi 21 décembre 2020

L'avenir du Forum Social Mondial, par Gus Massiah

 


Depuis une vingtaine d’années, le Forum Social Mondial (FSM) a ébauché une démarche stratégique en soulignant la nécessaire résistance (propositions contre la financiarisation et la mondialisation néolibérale) et en mettant en avant la recherche d’alternatives et de ruptures autour de nouvelles notions (les communs, le buen vivir, la propriété sociale, la démocratisation de la démocratie). Dans la période à venir, nous pourrons actualiser ces questions : les mouvements émergents, l’écologie, la démarche stratégique, en interrogeant, notamment les rapports entre les formes-mouvements et les formes partis et celle des rapports entre les mouvements et les gouvernements et de la place des rapports aux États.

Aujourd’hui, le Forum reste un outil important même si plusieurs mouvements sociaux (écologistes, syndicaux, coalitions en lutte contre le néolibéralisme, féministes, anti-racistes) ont construit leurs propres mécanismes d’échange à l’échelle locale et internationale.

lundi 7 décembre 2020

Éducation et émancipation : les alternatives sont dans les classes

Soirée-débat de Se fédérer - 11 décembre 2020 à partir de 20H


Se fédérer propose depuis son lancement des moments de débat où se dessinent des alternatives à la logique productiviste, concurrentielle, capitaliste. Nous essayons d’y réfléchir le plus concrètement possible: ce ne sont pas des programmes tout faits, clés en mains, à prendre ou à laisser. Ces discussions partent d’expériences, menées ici ou ailleurs, ou bien encore telles qu’on peut les imaginer. Chaque fois, ce sont aussi des questions stratégiques qui se posent pour leur mise en œuvre.

La prochaine soirée, en visio, aura lieu ce vendredi 11 décembre de 20H à 22H30. Elle aura pour thème "Éducation et émancipation" et est coorganisée avec l’ICEM-Pédagogie Freinet, le collectif Questions de classe(s) et Sud éducation Paris.

Françoise Vergès : "La lutte décoloniale élargit les analyses"


Le 3 Mars 2019, mettant en cause le relativisme culturel comme frein à l'égalité des droits entre hommes et femmes, des dizaines de femmes et d'hommes faisaient paraître une tribune dans Libération où elles exprimaient le fait que la lutte contre les  discriminations, les violences patriarcales et la libération des femmes étaient une nécessité partout dans le monde, conférant ainsi un caractère universel au féminisme. Elles s'en prenaient à un courant dit "racialiste" qui selon elles, n'aurait rien de féministe, s'opposerait à la démocratie laïque et renverrait les femmes à ce que leur dictent les normes culturelles ou les religions sous domination masculine. Elles refusent que le combat féministe s'appuie sur les origines ou les religions pour que les femmes se regroupent et s'émancipent de la domination masculine. Elles considèrent que cette démarche, qui contribue à l'essentialisation des femmes, leur attribue un comportement immuable, nous éloignant de l'égalité hommes-femmes et non l'inverse.

Un mois après, dans la revue Ballast, Françoise Vergès, historienne, sociologue, militante décoloniale au sein du Collectif Rosa Parks, s'appuie sur la notion d'intersectionnalité (sans la citer), encore assez peu connue en France, y compris dans les milieux militants radicaux. Visant à appréhender la complexité des identités et des inégalités sociales par une approche intégrée, elle réfute le cloisonnement et la hiérarchisation des catégories de sexe/genre, classe, race ou ethnicité. Elle postule au contraire leur interaction dans la production et la reproduction des inégalités sociales. C'est ainsi que F.V, si elle comprend et approuve le bien-fondé des luttes féministes en Europe durant la période coloniale, considère qu'il n'est plus possible aujourd'hui d'invisibiliser la situation des femmes noires en France, ce à quoi reviendrait, selon elle, un féminisme universaliste blanc gommant la diversité des expériences sociales. On pourrait ainsi penser que F.V. approuverait la décision de Sud Education 93, proposant un stage de formation non mixte et non blanc, non compatible avec le point de vue des féministes universalistes.