mercredi 8 septembre 2021

École numérique, classe inversée, coronavirus et libéralisme scolaire


Ce texte de Nico Hirtt publié en février 2021 souligne les mutations en œuvre au sein de l’Ecole :

Il nous présente les formes pédagogiques dominantes adaptées à cette nouvelle Ecole néo-libérale ségrégative et élitiste au service des marchés. Et l’auteur nous montre comment la pandémie du coronavirus a été l’occasion pour les gouvernements européens d’avancer dans la mise en place de ces pédagogies dominantes. Nico Hirtt conclut son article en affirmant que « les enfants du peuple ne disposent aujourd’hui que d’un seul moyen et d’un seul lieu pour apprendre tout cela : la relation privilégiée et vivante avec un enseignant (et une enseignante, aussi !) dûment formé·es, au sein de cette instance publique, dispensatrice d’instruction, de formation et d’éducation, que l’on nomme l’École ».

Cependant, face à la déferlante néo-libérale et autoritaire, nous pensons que pour défendre l’Ecole publique, il faut dans le même mouvement et de manière articulée, la transformer profondément et dans une optique autogestionnaire. Cette dimension est peu présente dans cet article. Et c’est en s’appuyant sur les luttes de la jeunesse, des personnels, les expériences alternatives existantes, les propositions des mouvements pédagogiques de l’Education Nouvelle, les recherches en sciences de l’Education qu’organisation, contenus , pédagogies et méthodes de travail à l’Ecole devront être repensés afin d’avancer vers une Ecole de l’émancipation, notamment en terme d’égalité d’apprentissage, de découvertes des savoirs, permettant à chacun·e de se construire par l’apprentissage et le partage entre toutes et tous, élèves comme enseignant·es .

Bernadette Bouchard, Christophe Lemasson

dimanche 4 juillet 2021

Résistances africaines à la domination néocoloniale.


Au vu de la crise du système néolibéral, il importe de réformer certaines règles de la vie internationale. Concernant l’Afrique, continent particulièrement impacté,  l’annulation des dettes illégitimes fait partie de ce programme, de même que l’abolition du franc CFA, l’arrêt des opérations militaires extérieures et des Accords de partenariat économique (APE), la relocalisation des économies, la restitution des biens culturels spoliés...C’est sur ces bases que s’organisent les sociétés civiles, dont les femmes sont souvent les protagonistes, les diasporas  installées en Europe, ainsi que les mouvements sociaux. Cet ouvrage est à l’actif d’une équipe de spécialistes et de responsables associatifs de différents pays: Mali, Sénégal, Togo, France, Belgique... 

Crise de l’Impérialisme français en Afrique et processus de fascisation dans l’hexagone, par Saïd Bouamama


Coup d’État au Tchad approuvé et soutenu par Macron avec un appel à « mettre en œuvre un processus démocratique le plus rapidement possible » ; « Coup d’État » au Mali condamné par Macron alors qu’il est soutenu par de nombreuses organisations populaires maliennes ; manifestations et déclarations politiques contre l’ingérence française à Bamako, N’Djaména, Ouagadougou ou Niamey, accusation publique par le Chef de l’’État de la Russie accusée d’ « alimenter un sentiment anti-français en Afrique », etc. L’impérialisme français en Afrique est indéniablement dans une séquence historique de crise. Dans la même période se déploie dans l’hexagone un processus de fascisation que nous avons longuement analysé dans nos derniers articles [lois jumelles liberticides sur la sûreté globale et sur le « séparatisme », basculement du centre de gravité des discours politiques du ministre de l’intérieur vers l’extrême-droite, tribunes de militaires, manifestations policières devant l’assemblée nationale, multiplication des discours et analyses sur le déclin à conjurer, etc.]. Les deux réalités externe et interne sont rarement mises en lien dans les analyses politique. La cécité sur ces liens est un obstacle à la compréhension des enjeux et dangers politiques contemporains en France.

Autogestion et enjeux culturels. Le compte-rendu

 


A l’initiative du Réseau AAAEF, de Cerises la coopérative et de Christine Poupin du NPA a été organisée en visio-conférence une réunion-débat le 3 juin sur le thème MOBILISATION, CULTURE, AUTOGESTION ET ENJEUX CULTURELS avec un certain nombre d’actrices et d’acteurs de ce secteur ayant participé aux occupations et luttes de ces derniers mois. Un dossier réalisé en particulier à partir des éléments de ce débat sera publié dans Cerise la coopérative du mois de Juillet.

Cette lutte de plusieurs mois en pleine période de crise sanitaire ayant largement mobilisé le milieu des arts du vivant est pleine d’enseignements en particulier pour la dimension auto-organisée et autogestionnaire qu’elle a prise. C’est pourquoi il nous semble intéressant de publier le texte quasi intégral du décryptage de cette réunion. 

Nous publions également le texte du communiqué de départ, à l’issue de la lutte, des occupant.es du théâtre de La Criée à Marseille.

samedi 22 mai 2021

Autogestion et enjeux culturels - Réunion débat jeudi 3 juin 18h

MOBILISATION CULTURE,

AUTOGESTION ET ENJEUX CULTURELS

• RÉUNION-DÉBAT JEUDI 3 JUIN 2021 - 18h / 20h30 •

 

Le 5 février et le 8 avril, nous vous avions proposé de participer à une réflexion et à des échanges sur le thème des mobilisations et des pratiques alternatives dans différents domaines, de l'antiracisme au féminisme en passant par le climat, la santé, l'activité des Gilets Jaunes ou encore les nouvelles pratiques citoyennes, marquées par l'auto-organisation et l'autogestion, dans les quartiers populaires de Marseille.

 

Autogestion, l'encyclopédie internationale - tome 10


Publiée gratuitement chez Syllepse en e-book* depuis 2018, l'Encyclopédie internationale de l'autogestion prolonge, élargit et actualise le travail collectif réalisé par l'équipe Lucien Collonges** sous la forme du livre « Autogestion : hier, aujourd'hui, demain », paru en 2010 chez Syllepse -et rapidement épuisé, à la grande surprise de ses auteur·es-

Voici le sommaire de son tome 10 qui vient de paraître

Pour accéder aux textes :

 https://www.syllepse.net/autogestion-l-encyclopedie-internationale-tome-10-version-papier-_r_97_i_861.html

mardi 18 mai 2021

Chili : débâcle pour les "partis de l'ordre", par Franck Gaudichaud

 


Surprise électorale, débâcle des partis traditionnels, « nuit des longs couteaux » au sein de la droite, début de la fin pour les héritiers de Pinochet, énorme défaite du président Sebastián Piñera — qui l’a reconnu lui-même —, victoire du mouvement populaire… Depuis hier soir, la presse chilienne multiplie les superlatifs pour cerner le séisme politique qui vient de secouer la cordillère des Andes, du désert d’Atacama jusqu’aux terres froides de la région de Magellan. Les Chiliens étaient appelés aux urnes samedi 15 et dimanche 16 mai pour quatre scrutins simultanés : maires, conseillers municipaux et gouverneurs régionaux devaient être renouvelés et une convention constitutionnelle élue afin de rédiger une nouvelle constitution de la République.

Personne, surtout pas les instituts de sondages, n’avait anticipé un tel bouleversement, même si l’isolement de l’exécutif était patent et le rejet de la « caste » politique massif depuis des années. Malgré la puissance de la révolte populaire d’octobre 2019 et son impact sur l’ensemble du paysage institutionnel, on pouvait être assez circonspect quant aux transformations provoquées par cette séquence électorale.

lundi 17 mai 2021

La Révolution féministe mondiale - texte d'Ensemble!

 


Ce texte, dont la rédaction a été coordonnée par Florence Ciaravola et Bruno Della Sudda, est extrait (paragraphe 8) d'une brochure de la commission internationale d'Ensemble! publiée à l'automne 2020 ("Entre ambitions, tensions et révolutions, un monde de plus en plus complexe")


 L’HÉRITAGE HISTORIQUE

Centré sur la double exigence de l'égalité des droits et de la conquête de droits spécifiques des femmes, le féminisme en tant que mouvement a surgi en Europe et en Amérique du nord dans la seconde partie du XIX°siècle, mais ne se limitait pas à ces régions du monde. Il existait par exemple au Japon, en Iran, en Inde, en Chine, en Russie, en Argentine, au Brésil ou dans le monde arabe, colonisé par les grandes puissances européennes britannique (Egypte) ou française (Liban, Tunisie).

mercredi 12 mai 2021

Leur anti-impérialisme et le nôtre, par Gilbert Achcar


Les trois dernières décennies ont été marquées par une confusion politique croissante quant au sens de l’anti-impérialisme, une notion qui, en soi, n’avait été que peu débattue auparavant. Deux raisons principales expliquent cette confusion : la fin victorieuse de la plupart des luttes anticoloniales postérieures à la Seconde Guerre mondiale et l’effondrement de l’URSS. 

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Impérialisme et anti-impérialisme durant la guerre froide

Pendant la guerre froide, les États-Unis et les puissances coloniales occidentales alliées ont mené directement plusieurs guerres contre des mouvements ou des régimes de libération nationale, ainsi que des interventions militaires plus limitées et des guerres par procuration. Dans la plupart de ces cas, les puissances occidentales s’affrontaient à un adversaire local soutenu par une large base populaire. S’opposer à l’intervention impérialiste et soutenir ceux qu’elle visait semblait aller de soi pour les progressistes – la seule question était de savoir si ce soutien devait être critique ou sans réserve.

mardi 4 mai 2021

2022 : "l'étrange défaite" qui vient !, par Alain Bertho


Pour Marc Bloch, auteur de L’Étrange défaite, la cause de la débâcle de juin 1940 n’était pas seulement militaire mais d’abord politique. De la même façon, le désastre annoncé de printemps 2022 n’est pas seulement de nature électorale. La débâcle de la démocratie se construit depuis des mois par une sorte de capitulation rampante et générale face à l’extrême droite.

jeudi 29 avril 2021

Se fédérer : l'intervention du Resaeu

 

Intervention faite par Bruno Della Sudda, écrite en concertation avec Jean Louis Griveau et Henri Mermé lors de la réunion en visio conférence organisée par
l’appel « Se Federer » dimanche matin 18/0/2021 sur le thème :
 2022, quels enjeux, quelle stratégie pour les anticapitalistes 

 

Avant d'en venir à 2022, quelques mots sur le contexte général. Nous sommes dans une situation extrêmement paradoxale. Malgré la crise sanitaire, et après la sidération qui a marqué le début du premier confinement, les mouvements sociaux et les mobilisations citoyennes gardent une vigueur qui n'est pas négligeable. Le niveau de conflictualité sociale reste significatif et pas seulement pour des luttes (défensives) en défense de l'emploi (il y a aussi des luttes pour les salaires).  En fait, depuis plusieurs années, depuis la mobilisation contre la loi "El Khomri", il y a un mouvement social rampant et des mobilisations citoyennes sous diverses formes (Gilets Jaunes, Notre Dame des Landes, mouvement contre la casse des retraites etc). Dans la dernière période les mobilisations pour le climat, pour la journée internationale pour les droits des femmes, les manifestations contre la stigmatisation des habitant.e.s des quartiers populaires et singulièrement contre l’islamophobie systémique et contre les lois liberticides ont aussi été des temps forts. Il y a une vraie colère sociale, liée en partie à la gestion de la crise sanitaire par la Macronie, même si cette colère a du mal à s'exprimer pleinement du fait des contraintes liées à la situation sanitaire. 

jeudi 22 avril 2021

Langues régionales : clarté et réponses aux réticentes et réticents, par Gilbert Dalgalian



1 – Les associations telles que Diwan, les Calandretes, les Ikastolas, ABCM-Zweisparchikeit et quelques autres ne sont en aucun cas assimilables au secteur privé : elles se sont constituées pour pallier l’inaction de l’Etat, évidente malgré les dénégations gouvernementales et en dépit de notre attachement à la défense du service public.

2 -Les associations ont en outre le mérite d’avoir incité l’Education nationale à inventer ses propres ‘contre-feux’ en ouvrant ses propres filières bilingues dès la maternelle. Dans ce cas avec une parité horaire entre français et langue régionale et parfois un début en immersion en maternelle.

3 – Contrairement à ce que disent ou sous-entendent ses détracteurs, l’immersion n’est jamais pratiquée dans le sens d’une submersion et d’une éradication larvée du français, mais dans le respect des rythmes et des réactions des enfants. Elle se justifie comme un dispositif compensatoire pour rééquilibrer les temps de pratique des deux langues, sachant que le français est omniprésent dans le quotidien des élèves.

vendredi 16 avril 2021

vendredi 9 avril 2021

Inde. Des luttes populaires actives, durables et auto-organisées débouchant sur des éléments de double pouvoir


Les luttes sociales qui de déroulent en Inde depuis plusieurs mois constituent un évènement considérable même si ça n’est guère apparu dans les grands media.  On a pu lire qu’il s’agit du mouvement social numériquement le plus important des 21ème et 20ème siècle, ce qui est vrai, ceci étant lié au statut de l’Inde « plus grande démocratie du monde » avec   une population se situant au deuxième rang mondial. 

L’Inde est un état fédéral, avec un pouvoir réel   des gouvernements régionaux. Ceci entraine des disparités importantes dans les politiques menées par exemple entre   New Delhi et le Kerala seul Etat dirigé par le Parti communiste d’Inde (marxiste). Le gouvernement actuel du pays est dirigé par Narendra Modi du BJP, parti nationaliste, qui a profité de l’épuisement du Parti du Congrès dirigé depuis l’indépendance par la « famille » Gandhi Nehru.

jeudi 25 mars 2021

Des mobilisations et des pratiques alternatives au projet de société - Débat jeudi 8 avril


La réunion du 5 février  a permis de faire le point sur différentes mobilisations et  pratiques alternatives  basées sur l'auto-organisation et la volonté de leurs acteur·rices de faire par elles et eux-mêmes. C’est d’ailleurs bien souvent le point de départ de ces mouvements alternatifs. La discussion a montré également que la sphère de la politique traditionnelle restait ignorante à l’égard de ces pratiques sans que cela implique de la part des participant·es un rejet de la politique. Nous nous sommes arrêté·es devant la question de ce que portent ces mobilisations en terme de redéfinition d’un projet politique.

Nous en sommes là.

Afin que, comme nous l’avions souhaité, cette séance de travail collectif ne soit pas une rencontre sans lendemain, mais l’ouverture d’un chantier, nous vous proposons de nous revoir en prolongeant le débat :