samedi 14 décembre 2019

Invitation. "Ordre et désordre des territoires", samedi 18 janvier Paris

Cette réunion débat est co-organisée par l’Association Autogestion (AA), l’Association des communistes unitaires (ACU), les Amis de Tribune socialiste (ATS), Cerises, la coopérative, l’Observatoire des mouvements de la société (OMOS), le Réseau pour l’autogestion, les alternatives, l’altermondialisme, l’écologie et le féminisme (AAAEF), le Temps des lilas, l’Union syndicale Solidaires 

Samedi 18 janvier 2020 

De 10h à 17h au Maltais Rouge 40, rue de Malte 75011 PARIS 
(M° Oberkampf et République) 

Problématique 

• L'organisation de nos territoires crée des inégalités et des ségrégations sociales (logement, emploi, niveau de vie, transports, services publics. ...). 

• L'organisation territoriale détruit la nature, les espaces naturels et agricoles ( routes, urbanisation en tache d’huile, circulation ...) et pourrit notre cadre de vie. 

mercredi 4 décembre 2019

"Celle qui n’était pas sage de Geneviève Legay" Avant-propos de Bruno Della Sudda

Le 23 mars 2019, la France découvre Geneviève Legay, âgée de 73 ans, renversée par une charge de police et retrouvée au sol dans une mare de sang, place Garibaldi à Nice. Son nom traverse les frontières. Elle devient un symbole du mouvement des Gilets jaunes et de la répression policière tant dénoncée. 

Deux jours plus tard, dans sa précipitation pour minimiser les faits qui ont choqué le pays, le président de la République commet un mensonge en expliquant que « Geneviève Legay n’a pas été en contact avec les forces de l’ordre ». 

Condescendant, il lui recommande en outre la « sagesse » dont Geneviève serait dépourvue. Quelques semaines plus tard, lors d’un déplacement aux États-Unis, il se croit obligé de revenir sur son cas en affirmant au détour d’une interview que Geneviève n’était certainement pas ce jour-là place Garibaldi pour faire ses courses… Eh bien non, elle n’était pas là par hasard et elle ne faisait pas ses courses… Elle était là pour exercer son droit à manifester et à contester les options gouvernementales. 

Depuis, Geneviève Legay a reçu des milliers de soutiens à l’échelle nationale et internationale, sous les formes les plus diverses. 

Depuis, les brutalités policières dont elle a été la victime prennent une tournure judiciaire : le procureur de la République, trop prompt à disculper la chaîne de commandement de la police, est lui-même démenti par un rapport de la gendarmerie. Ce qui fit dire à l’avocat de Geneviève que « soit le procureur n’avait pas connaissance de ce rapport et alors c’est une faute professionnelle, soit il en avait connaissance mais n’a rien dit et dans ce cas c’est une infraction pénale » (Le Monde). Ce qui fait écrire à L’Express : « Geneviève Legay : le procureur de Nice a menti pour ne pas embarrasser Macron. »

mardi 26 novembre 2019

De COP en COP, le cataclysme se rapproche, par Daniel Tanuro*


La 25e Conférence des parties à la Convention cadre des Nations unies sur les changements climatiques (COP25) débutera dans quelques jours à Madrid. Ce sommet devait initialement se tenir à Santiago mais le président chilien a préféré renoncer. Les COP rassemblent couramment 10.000 personnes : il fallait éviter qu’elles puissent témoigner de la sauvage répression policière du soulèvement contre la politique ultra-libérale du gouvernement Piñera. 

Pour rappel, la Convention cadre des Nations Unies a été adoptée lors du sommet de la Terre à Rio, en 1992. Elle fixe pour objectif aux Etats d’empêcher « une perturbation anthropique dangereuse » du climat de la Terre. Le suivi de cet engagement est censé être assuré par les Conférences des parties (COP), qui se réunissent annuellement depuis 1995. Celle de Madrid sera donc la vingt-cinquième.

dimanche 24 novembre 2019

"L'effondrement a commencé. Il est politique" par Alain Bertho


Alors que des révoltes éclatent aux quatre coins du monde, gouverner aujourd'hui s’apparente de plus en plus à mener une guerre ouverte ou larvée contre les soulèvements des peuples et des êtres vivants, pour maintenir coûte que coûte un ordre de plus en plus discrédité. L'anthropologue Alain Bertho revient ici pour Terrestres sur cette « crise de la gouvernementalité » et sur la longue séquence de révoltes apparentées qui en sont à l'origine




« Il faut bien avoir à l’esprit que l’épuisement des possibilités de ce monde signifie tout autant celui de l’action politique qui allait de pair avec lui. » 
 Marcello Tari(1) 

Ne pouvant maîtriser, même au prix d’une répression sanglante, l’immense soulèvement de son peuple, le gouvernement chilien annonce, le 30 octobre 2019, qu’il renonce à organiser la COP 25 originellement prévue du 2 au 13 décembre à Santiago. 

dimanche 10 novembre 2019

Argentine : non à l’expulsion des travailleurs et travailleuses de l’hôtel Bauen

Les travailleuses et travailleurs de l'entreprise récupérée de l'hôtel Bauen sont à nouveau menacé d'expulsion. L'hôtel Bauen est l'une des entreprises emblématiques d'Argentine avec plus de 120 travailleurs/ses. Elle est autogérée depuis bientôt 17 ans. Nous reproduisons ci-dessous le message de solidarité envoyé aujourd'hui même par plusieurs syndicats et associations français.

A l’attention des travailleurs et travailleuses de l’hôtel Bauen (Buenos Aires) 

Face à la nouvelle offensive et tentative du pouvoir pour vous expulser de votre lieu de travail socialisé, prévue pour le 2 décembre, les organisations ci-dessous vous expriment toute leur solidarité. 

samedi 9 novembre 2019

10 novembre, contre l'islamophobie. L'appel d'Isabelle Avran

Le 10 novembre 1943, quatre membres d’une famille devenue marseillaise étaient arrêtés par la gestapo. Mon père, adolescent, sa mère et deux jumeaux, sa sœur et son frère. Depuis trois mois déjà, ils recevaient de temps en temps une chemise tachée de sang de leur mari et père, arrêté par la police de Vichy et détenu aux Baumettes. 

Un commissaire de police, l’un des rares qui participaient alors à la Résistance, avait permis à mon père et à son frère de travailler dans une petite imprimerie où ils pouvaient imprimer de faux papiers. 

Ce 10 novembre, en rentrant manger chez eux, la Gestapo les attendait. 

La suite : Drancy, Auschwitz, puis en mai 1945, le retour d’un seul, toujours adolescent, revenu de la mort, dont la survie à elle seule dirait la résistance, comme un combat qu’il poursuivrait ensuite contre tous les racismes, contre toutes les tentatives de déshumanisation de l’autre, contre toutes les dominations, notamment coloniales. 

Sang Autochtone : pas une goutte de plus ! Conférence publique Mardi 12 novembre 19h/21h

L’Articulation des Peuples Autochtones du Brésil (APIB), en partenariat avec des organisations de la société civile française dont Autres Brésils, Greenpeace France, Amnesty International France, Amazon Watch, Survival International, Weaving Ties, Nature Rights, Collectif Mario Pedrosa, Alerte France-Brésil, vous invite à une conférence en présence des représentant.e.s des peuples autochtones du Brésil le mardi 12 novembre à 19h. 

Inscription obligatoire ici Salle Jean Dame 17 rue Léopold Bellan, Paris 75002 

Entre le 17 octobre et le 20 novembre 2019, la campagne « Sang Autochtone : pas une goutte de plus », menée par des dirigeants autochtones brésiliens, se déroulera dans 12 pays européens dont la France. 

lundi 28 octobre 2019

Santé, pour des luttes victorieuses. Débat samedi 30 novembre Paris. Invitation

Réunion – Débat Santé, pour des luttes victorieuses 
Samedi 30 novembre 2019 
de 9h30 à 17h au 31 rue de la Grange aux Belles 75010 Paris 
(Métro Fabien) 

co-organisé par l’Association Autogestion (AA), l’Association des communistes unitaires (ACU), les Amis de Tribune socialiste (ATS), Cerises, la coopérative, l’Observatoire des mouvements de la société (OMOS), le Réseau pour l’autogestion, les alternatives, l’altermondialisme, l’écologie et le féminisme (AAAEF), le Temps des lilas, l’Union syndicale Solidaires 

Problématique 

Les personnels hospitaliers exigent les moyens humains et financiers pour que l’hôpital public réponde aux besoins de santé. Elles/ils dénoncent la gestion managériale, la souffrance au travail et la dégradation des soins. Les urgences et les hôpitaux psychiatriques sont au bord de l’implosion. 

jeudi 24 octobre 2019

« Au Chili, le socle institutionnel est issu de la dictature ». Entretien avec Franck Gaudichaud

Nous publions ci-dessous, avec son accord, l'entretien que Franck Gaudichaud vient d'accorder au journal  l'Humanité (13 octobre). Rappelons aussi, en le remerciant, que Franck Gaudichaud a contribué à l'animation de notre récente journée de débat sur l'Amérique Indo-Afro-Latine du 12 octobre dernier.


"La hausse du prix du ticket de métro a mis le feu aux poudres au Chili. Cette mesure, sur laquelle le président, Sebastian Piñera, est revenu, suffit-elle à expliquer l’ampleur du mécontentement ? 

Franck Gaudichaud  : Si l’on regarde l’histoire récente du Chili, il y a eu une accumulation de mécontentements. Plusieurs analystes parlent de la goutte d’eau qui aurait fait déborder le vase. La hausse du prix du ticket de métro est l’abus de trop qui a fait exploser la marmite néolibérale chilienne. Encore une fois, la jeunesse est à l’origine de cette révolte, comme en 2011 avec les étudiants, ou encore du mouvement féministe l’an dernier. Puis le mouvement s’est étendu de manière « transclasses » à de nombreux secteurs. 

Pouvez-vous définir ce que vous entendez par « marmite néolibérale » ? 

mardi 22 octobre 2019

Comme en 1936… Chut, la Catalogne révoltée saigne et l’Europe fait semblant de ne rien voir !, par Yorgos Mitralias

Ce n’est sûrement pas un hasard si Kurdes et Catalans sont deux peuples solidaires avec des traditions de soutien mutuel et de luttes communes. Mais, ce n’est peut être pas aussi un hasard que Kurdes et Catalans soient ces jours-ci la cible des agressions brutales des Saintes Alliances de notre temps. Sort commun et énième tragédie commune, mais aussi commune la colère populaire et la détermination de poursuivre la lutte !… 

Cependant, force est de constater que si leurs sacrifices et leurs luttes sont communes, il y a quand même une chose qui les sépare : Les médias et les chancelleries de par le monde ne réagissent pas de la même façon face aux heurs et aux malheurs de deux peuples. 

C’est ainsi que tandis que l’abandon des Kurdes de Syrie par Trump et son massacre par l’armée d’Erdogan émeut, fait descendre dans la rue des milliers de manifestants, mobilise la diplomatie internationale et est couverte par les médias, la répression sauvage du peuple catalan par l’État espagnol provoque seulement le silence assourdissant des médias et l’indifférence cynique des gouvernants. Et ceci pour quelques raisons très simples : 

Economie des travailleurs-ses : une septième rencontre sous le signe de la résistance et des alternatives, par Richard Neuville

La VIIe Rencontre internationale de l’« Économie des travailleuses et des travailleurs » s’est tenue au sein de l’École nationale Florestan Fernandes (ENFF) à Guararema à soixante-dix kilomètres de São Paulo (Brésil) du 25 au 29 de septembre 2019. Les précédentes rencontres avaient eu lieu à Buenos Aires (2007 et 2009), Mexico (2011), João Pessoa (Brésil, 2013), Falcón (Venezuela, 2015) y Pigüé (Argentine, 2017). 

Comme c’est le cas depuis 2015, elle a été précédée par trois rencontres régionales qui ont été organisées à Santiago du Chili pour l’Amérique du Sud, à Mexico pour l’Amérique du Nord et Centrale et à Milan pour la région euro-méditerranéenne entre l’automne 2018 et le printemps 2019. 

Les choix du Brésil et de l’école des cadres du Mouvement des travailleur-se-s ruraux sans-terre (MST) ne sont pas le fait du hasard. En effet, le réseau entendait exprimer physiquement sa solidarité avec le mouvement social brésilien rudement attaqué par le pouvoir depuis l’élection de Jair Bolsonaro à la présidence de la République en octobre 2018 et, plus particulièrement avec le MST, qui est dans le collimateur du gouvernement et qui continue à défendre activement l’agriculture paysanne face à l’agrobusiness plébiscité par le président brésilien, dont les conséquences écologiques sont connues et pleinement d’actualité. 

Premières impressions d’un voyage militant en Algérie

Une délégation du mouvement Ensemble ! est allée en Algérie à Alger et Bejaïa entre le 26/09 et le 06/10 pour rencontrer les acteurs et actrices du Hirak ce formidable mouvement de démocratie populaire de nature révolutionnaire et leur apporter un salut militant de soutien. Voici leurs pre-mières impressions. 

Vivre le Hirak et le sentir lors d'une marche du vendredi à Alger nous a procuré une émotion très forte. Ce qui nous a impressionné, c'est la diversité des genres, des âges, des origines sociales, des langues et des quartiers, ainsi que le caractère pacifique, festif, inventif et joyeux de ce mouvement. 

Il fallait voir cette marée humaine dans les rues, ces vagues puissantes et successives descendant des quartiers populaires vers le centre d'Alger avec leurs banderoles criant et scandant avec force et détermination encore et encore les slogans, créés, toujours recommencés, répondant au dernier discours menaçant du pouvoir. 

mardi 15 octobre 2019

Santé : pour des luttes victorieuses. Débat samedi 30 novembre Paris

Santé, pour des luttes victorieuses 
Samedi 30 novembre 2019 de 9h30 à 17h 
31 rue de la Grange aux Belles 75010 Paris (Métro Fabien) 

Débat co-organisé par l’Association Autogestion (AA), l’Association des communistes unitaires (ACU), les Amis de Tribune socialiste (ATS), Cerises, la coopérative, l’Observatoire des mouvements de la société (OMOS), le Réseau pour l’autogestion, les alternatives, l’altermondialisme, l’écologie et le féminisme (AAAEF), le Temps des lilas, l’Union syndicale Solidaires 

Problématique 

Les personnels hospitaliers exigent les moyens humains et financiers pour que l’hôpital public réponde aux besoins de santé. Ils dénoncent la gestion managériale, la souffrance au travail et la dégradation des soins. Les urgences et les hôpitaux psychiatriques sont au bord de l’implosion. 

dimanche 15 septembre 2019

Fin du cycle de l'expérience progressiste (1998/2015) et actualité des mouvements populaires : où va l'Amérique indo-afro-latine ?

En débat samedi 12 octobre 2019 de 9h30 à 17h au Maltais Rouge, 40 rue de Malte, 75011 Paris (Métro Oberkampf ou République) 

Une initiative et une invitation du Réseau AAAEF (Autogestion, Alternatives, Altermondialisme, Ecologie, Féminisme) 

Lors d'une réunion consacrée en 2017 aux révolutions arabes et aux révolutions en Amérique indo-afro-latine au tournant du siècle, nous avions insisté sur l'apport majeur de ces processus révolutionnaires sur le chemin de l'émancipation humaine, particulièrement sur le plan social et sur le plan démocratique. Mais nous avions aussi indiqué leurs limites, leurs contradictions et le fait que ces processus n'étaient pas linéaires, qu'ils comportaient des avancées et des reculs et qu'ils s'inscrivaient dans la durée à la manière de révolutions longues déjà analysées du temps des Alternatifs. 

Il est clair que depuis plusieurs années, sous l'effet combiné de l'offensive néo-libérale et de la poussée de l'extrême-droite, ces processus se sont heurtés à des difficultés majeures et sont percuté par de graves régressions, particulièrement au Venezuela et au Brésil. Mais il existe aussi des luttes, des mouvements sociaux et des mobilisations citoyennes et des peuples indigènes dans différents Etats, des résistances et des éléments d'alternative.

Immanuel Wallerstein: un penseur majeur pour un autre monde possible, pour un meilleur monde, par Christophe Aguiton et Gustave Massiah


Immanuel Wallerstein nous a quitté, nous ressentons une grande tristesse et un vide. C’est un grand désarroi de penser qu’on ne pourra plus discuter et débattre avec une des personnes dont nous étions intellectuellement les plus proches et qui a tant compté. 

Immanuel a représenté ce qu’on pouvait imaginer de mieux comme figure de l’intellectuel engagé, dans la lignée des grands intellectuels qui ont donné leurs lettres de noblesses à la pensée scientifique, culturelle et politique. C’était d’abord un grand philosophe. Sa philosophie était nourrie de sa connaissance des sciences sociales auxquelles il avait contribué et dans lesquelles il excellait. 

Economiste, il prolongeait la démarche marxiste et participait à son renouvellement. Historien, il naviguait dans l’histoire longue et avait créé le Centre Fernand Braudel à l’Université d'État de New York à Binghamton. Sociologue, il était attentif à l’évolution et à la compréhension des sociétés et il avait présidé l’Association internationale de Sociologie de 1994 à 1998.