samedi 17 juin 2023
vendredi 19 mai 2023
50 ans après, que nous dit aujourd'hui la lutte des LIP ? Appel unitaire
« On fabrique, on vend, on se paye ». C’est ce qu’ont fait les grévistes de Lip en 1973, il y a cinquante ans. Ouvrières et ouvriers de l’horlogerie à Besançon, elles et ils ont défié l’ordre et la légalité capitaliste des mois durant. Parce qu’elle a incarné l’insubordination ouvrière des années 68 et la convergence des combats de cette période, notamment avec celui du Larzac ; Parce qu’elle a rendu vivante, en pratique, l’idée d’autogestion avec la remise en route de la production de montres et le versement de « payes sauvages » pour financer la grève ; Parce qu’elle a été traversée, percutée, par l’affirmation féministe ; Parce qu’elle a été une importante lutte contre les licenciements en ces premiers temps de montée au chômage de masse :
La grève des Lip porte en elle les aspirations d’égalité et d’émancipation qui nous animent, elle nous parle, elle nous inspire, elle est notre patrimoine commun.
vendredi 12 mai 2023
Chili : Une indécente parodie de « processus constituant »

Les résultats des élections au Conseil constitutionnel du 7 mai sont sans appel. La liste des Républicains (dirigée par le pinochetiste Kast arrivé en tête du 1er tour des présidentielles le 19 décembre 2021 contre Boric devenu entretemps président) obtient le meilleur résultat avec 21, 83% des suffrages. La liste de la droite néolibérale (regroupant UDI, RN, EVO) obtient 13%. La liste de la gauche parlementaire (regroupant PS, PC et FA) arrive en troisième position avec 13%. Il n’y a là rien que de très prévisible : ce Conseil constitutionnel n’a rien à voir avec une Assemblée constituante élue directement par les citoyens (comme ce fut le cas de la Convention élue en mai-juin 2021). Certes c’est le seul organe élu des 3 organes prévus par ce nouveau « processus constituant », mais il est constitué à partir de listes composées par les partis qui dominent le Congrès (la droite et l’extrême-droite y disposant de la majorité). Plus largement c’est tout le processus qui est placé sous le contrôle de la bureaucratie parlementaire. Comme on le verra plus loin, le piètre résultat de la gauche parlementaire n’est jamais que la sanction de sa subordination au cadre de l’accord anti-démocratique du 12 décembre 2022 élaboré avec sa participation. Faut-il en rester à ce constat d’échec pour apprécier les résultats du 7 mai ? Ce serait méconnaître la signification politique d’une autre donnée : l’ensemble des votes blancs, des votes nuls et des abstentions totalise 38, 48% des suffrages. Cet ensemble n’est bien entendu pas homogène mais nombre de ceux qui en font partie ont manifesté par là leur refus de cautionner un processus de part en part anti-démocratique. Le calendrier institutionnel devrait se conclure par un référendum (nommé aussi « plébiscite de sortie ») fixé au 26 novembre 2023. Aujourd’hui nul ne peut prévoir ce qui en sortira. Mais il est à souhaiter qu’un rejet de gauche du projet antidémocratique issu de ce processus antidémocratique l’emporte.
mercredi 3 mai 2023
Insurrection démocratique !, par Etienne Balibar
Nous parlons d’un conflit social généralisé, issu de la volonté d’accélérer le démantèlement de l’Etat social en « réformant » le régime des retraites, et de la réaction de masse, organisée par les syndicats, soutenue par la majorité des citoyens, qu’il a déclenchée. En se heurtant à l’arrogance du pouvoir et à la brutalité policière, il débouche sur une mise en crise du régime où nous vivons. Certains (dont je suis) pensent aussi que le capitalisme révèle ici l’acuité de ses contradictions historiques. Comment comprendre cette dynamique, et les possibilités qui en découlent ?
jeudi 20 avril 2023
À propos de la « menace nucléaire » et de la guerre en Ukraine, par Bernard Dréano
Prenant prétexte de l’annonce de la livraison d’obus-flèches à l’uranium appauvri par le Royaume Uni à l’armée ukrainienne, Vladimir Poutine a annoncé le stationnement « d’armes nucléaires tactiques » russes en territoire Bélarus. Tous les mois depuis le lancement de l’« opération militaire spéciale » contre l’Ukraine, Vlad ou un de ses acolytes nous menacent d’une « escalade nucléaire » possible si la Russie ne parvient pas à ses fins de conquête… Pourtant la guerre nucléaire n’est pas sérieusement à l’ordre du jour… du moins pour le moment.
De quoi parle-t-on ?
Tactiques ou stratégiques
jeudi 6 avril 2023
Un mouvement social, écologique et démocratique, par Gustave Massiah
La France est entrée, en 2023, dans une nouvelle période de crise sociale et politique. La crise a mis en évidence les contradictions sociales, écologiques et démocratiques. Les mobilisations sont considérables. Le mouvement social contre la réforme des retraites se prolonge. La contestation écologique s’est radicalisée et a été violemment réprimée. Le refus de l’autoritarisme a galvanisé la jeunesse. Comment expliquer la violence des contradictions et la dureté de l’affrontement.
11 thèses politiques sur le mouvement de janvier-mars 2023, par Ugo Palheta
Où en est – et où va – le mouvement initié en France le 19 janvier dernier pour obtenir le retrait d’une énième contre-réforme des retraites et une victoire contre un président largement haï ? À celles et ceux qui imaginaient un baroud d’honneur syndical incapable de faire obstacle au rouleau-compresseur néolibéral, quelques mois seulement après la réélection de Macron, les travailleurs·ses, les mouvements sociaux et la gauche ont montré que le gouvernement ne pourrait pas compter sur l’apathie généralisée. Ce n’est pas encore la rupture avec l’ordre établi, mais c’est déjà beaucoup. Pour alimenter la réflexion collective, Ugo Palheta interroge dans cet article les potentialités, les limites mais aussi les enjeux immédiats et stratégiques de la lutte en cours.
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jeudi 23 mars 2023
Vivre mieux, sans énergies fosiles, sans nucléaire ?
Débat en visioconférence le mercredi 29 mars à 18 h 30
organisé par le Réseau pour l'Autogestion, les Alternatives, l'Altermondialisme, l'Ecologie et le Féfminisme (Réseau AAAEF)
lien de connexion :
https://us02web.zoom.us/j/84388425317?pwd=ZEhwZnR2WnJkdUhJQVVmdjBjYVBqUT09
ID de réunion : 843 8842 5317 Code secret : 900296
Avec :
- Jean Marie Brom,
physicien, directeur de recherche émérite au CNRS, membre du Groupement de
scientifiques pour l’information sur l’énergie nucléaire (GSIEN) et de
Global Change.
- Gérard Magnin, ancien
délégué régional Franche-Comté de l’Ademe, fondateur du réseau de villes
européennes Energy Cities, ex-administrateur d’EDF et ex-président d’une
coopérative citoyenne d’énergies renouvelables.
lundi 6 mars 2023
Multipolarité, le mantra de l’autoritarisme, par Kavita Krishnan
Le plaidoyer de la gauche en faveur de la « multipolarité » contre un ordre unipolaire dirigé par les États-Unis a, en fait, défendu l’autoritarisme dans le monde entier. La gauche doit réfléchir à la manière dont son langage favorise de tels régimes.
La multipolarité est la boussole qui oriente la compréhension des relations internationales par la gauche. Tous les courants de la gauche, en Inde et dans le monde, plaident depuis longtemps pour un monde multipolaire, par opposition à un monde unipolaire dominé par l’impérialisme américain.
samedi 4 mars 2023
L'Ukraine et la question de l'autogestion, par Patrick Le Tréhondat
Dans son rapport d’activité de 2022, le Sotsialnyi Rukh (Mouvement social) soulignait que « La société civile a été contrainte de remplir le rôle de l’État et, au lieu d’attendre une assistance plus spécifique, d’assumer presque toutes ses fonctions sociales ».
Quelques mois plus tôt, en septembre 2022, lors de sa conférence de Kyiv, cette organisation expliquait que « la guerre a conduit à de nouvelles formes d'auto-organisation et de politique populaire. La mobilisation du peuple sur la base de la guerre de libération nationale a renforcé le sentiment d'implication populaire dans une cause commune et la conscience que c'est grâce aux gens ordinaires, et non aux oligarques ou aux entreprises, que ce pays existe. La guerre a radicalement changé la vie sociale et politique en Ukraine, et nous ne devons pas permettre la destruction de ces nouvelles formes d'organisation sociale, mais les développer »
vendredi 3 mars 2023
A lire: le bulletin du Réseau l'Economie des travailleuses et des travailleurs
Le n° 5 du Bulletin du réseau l’Économie des travailleuses et des travailleurs vient de paraitre
En téléchargement :
https://www.syllepse.net/syllepse_images/newsletter-of-the-workers-economy-network-n-deg--5.pdf
mercredi 8 février 2023
L’orchestre des aveugles, des sourd·es, des amnésiques, des bonimenteur·euses et des complices joue sa partition
Aveugles et sourd·es…
Peut-être ne savons-nous pas qu’il existe des Ukrainien·nes qui luttent contre l’invasion de leur pays et contre les politiques néolibérales de leur gouvernement.
Peut-être ne savons-nous pas qu’il existe des organisations syndicales, étudiantes, féministes et politiques en Ukraine qui partagent nos combats et nos idées.
Peut-être ne savons-nous pas qu’il existe des forces antiguerre et progressistes et des peuples opprimés dans la Fédération de Russie.
vendredi 27 janvier 2023
Que nous apprend la troisième génération ? pas Gus Massiah
L’émancipation ressort de manière inattendue. Elle ne gagne pas toujours, elle est souvent réprimée, mais elle bouleverse les certitudes et change les perspectives d’avenir. La magnifique révolte des jeunes femmes iraniennes redonne de l’espoir quelle que soit l’issue de ce mouvement[1][1]. Elles ont déclaré, « nous sommes la troisième génération ». Faisons l’hypothèse que cette proposition de troisième génération est valable à l’échelle mondiale. Avec de grandes différences suivant les situations, elle traduit un bouleversement culturel. Le changement culturel porte sur la redéfinition des voies de l’émancipation, vers la définition de nouveaux possibles. Comme l’exprimait Franz Fanon en s’adressant aux jeunes algériens interpellés par la lutte de libération nationale de l’Algérie, « chaque génération, dans une certaine opacité, doit découvrir sa mission, pour la remplir ou pour la trahir ».
Chaque génération est marquée par les grandes luttes et mobilisations qui ont été reconnues, au-delà des diversités des situations, comme communes et significatives. Admettons l’hypothèse que les jeunesses du monde sont engagées dans une troisième génération.
jeudi 26 janvier 2023
La «réforme» des retraites est une fiction capitaliste
Tout d’abord, il faut clarifier le sens du mot «réforme». Longtemps, il a signifié la perspective d’une amélioration globale du sort du plus grand nombre. Etre opposé aux réformes signifiait alors être un conservateur partisan de l’ordre établi. L’une des forces du néolibéralisme a été de récupérer ce mot pour en faire le moteur idéologique d’une suite de régressions sociales majeures, celles et ceux qui y étaient opposés étant taxés d’être eux-mêmes des conservateurs. Le projet néolibéral avait été résumé en 2007 par Denis Kessler dans la revue Challenges : «La liste des réformes ? C’est simple, prenez tout ce qui a été mis en place entre 1944 et 1952, sans exception. Elle est là. Il s’agit aujourd’hui de sortir de 1945, et de défaire méthodiquement le programme du Conseil national de la Résistance !»
Même si Denis Kessler exagérait la portée du programme du CNR et ses réalisations concrètes, l’intention y est clairement exprimée : il s’agit d’une offensive méthodique, générale visant à essayer de déconstruire la place qu’avaient réussi à occuper les dominés dans la société. Place fragile, issue de rapports de force, mais néanmoins importante, que l’on pense aux services publics ou à la sécurité sociale échappant à la stricte logique marchande. Des germes émancipateurs ont réussi à voir le jour alors même que le capital n’a jamais cessé d’être dominant dans la société.
mardi 24 janvier 2023
Délibérément ou par distraction ? Les paradoxes des gauches, la guerre en Ukraine et la solidarité
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Pourquoi les mouvements se réclamant de la gauche, libertaire, radicale ou réformiste, de la justice sociale, de l’écologie, du féminisme, de la non-violence et autres, ignorent-ils autant leurs homologues en Ukraine et en Russie….
Les gauches, les écolos, et autres mouvements supposés progressistes, ne soutiennent généralement pas (ou peu) leurs homologues ukrainiens, russes et belarus…
En ce début d’année 2023, alors que nous approchons du premier anniversaire du déclanchement de la guerre d’agression que Poutine, diverses questions restent en suspens, concernant l’attitude des progressistes en France, en Europe, dans le Monde vis-à-vis de cette guerre et des forces progressistes dans les pays concernés.
Ignorer la guerre ? Ignorer les militants locaux…
Une partie de la gauche sociale et écologiste en Europe et plus encore dans d’autres parties du monde, aux Amériques, en Asie, au Moyen-Orient, en Afrique, à plus ou moins adopté le « narratif » poutinien selon lequel l’Ukraine est considérée simple pion passif de l’Occident, lequel serait (puisque « potentiellement agresseur »), le responsable de cette guerre.
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