lundi 26 mars 2018

Dominations, discriminations, inégalités, Quelles luttes de classes aujourd’hui ? par Pierre Khalfa


Pierre Khalfa, après l’analyse des travaux de Laclau et Mouffe, a précisé sa propre conception des dynamiques politiques à l’assemblée réunie par le Réseau AAAEF le 24 mars. Il nous a donné son accord pour publier le texte « quelles luttes de classes aujourd’hui ? ».

Comme on le verra la problématique approfondie par Pierre est majeure et contribue à l’élargissement des échanges utiles aux constructions d’aujourd’hui et de demain.

E.B.

Partir de la question des discriminations, des dominations et des inégalités pour essayer de répondre à la question « quelles luttes de classes aujourd’hui » suppose d’aborder un point central de la pensée marxiste, celle du sujet de la transformation sociale, du sujet de l’action collective, c’est-à-dire, pour utiliser la terminologie marxiste, de reprendre la réflexion sur le sujet révolutionnaire. Pour cela, il faut partir de Marx, mais aussi rompre, au moins en partie, avec lui. 

Ce qui nous intéresse ici est d’ailleurs moins Marx lui-même dont la pensée complexe, quelquefois contradictoire, ne se laisse pas réduire à un aspect, que le « marxisme historique », c’est-à-dire la façon dont la pensée de Marx fut comprise et construite dans une orthodoxie qui fut, avec des variantes certes non négligeables suivant les courants, dominante dans le mouvement ouvrier. 

dimanche 25 mars 2018

Populisme ou émancipation et autogestion ? Premier écho de la journée du 24 mars

Une trentaine de femmes et d'hommes ont travaillé ce 24 mars à démêler ce qui, dans les conceptions à gauche, dynamise les volontés d'émancipation de ce qui infléchit et rogne ces mêmes volontés. 

Jacques Bidet ainsi est revenu sur la nécessité de comprendre pourquoi les droites peuvent être à ce point majoritaires. Il a exposé ses pistes de travail pour explorer, au-delà de la thèse des "1%" d'Occupy Wall Street, comment un encadrement nombreux et étendu déploie des mécanismes d'organisation complexes pour reproduire les "sociétés des marchés". 

À quelles alliances de groupes sociaux et à quelles formes politiques ouvrir la voie ? C'est la question dont se sont saisi.e.s les participant.e.s à partir de cette mise à jour de l'état du monde, très à l'opposé donc de l'orientation populiste, accusée du jour. 

mercredi 21 mars 2018

Populisme .... ou bien émancipation et autogestion ? Journée de réflexion du Réseau AAEF samedi 24 mars. programme définitif

Cette journée se tient samedi prochain 24 mars au Maltais Rouge, 
40 rue de Malte à Paris.


Programme définitif de la journée 

-  10 h : accueil, présentation rapide du Réseau et de la journée de travail 

-  10 h 15 – 10 h 45 : intervention de Pierre Khalfa : analyse critique des thèses sur le « populisme de gauche » à partir des travaux d’Ernest Laclau et Chantal Mouffe 

-  11 h – 11 h 20 : intervention de Richard Neuville : éclairage sur le développement des phénomènes populistes en Amérique latino-afro-indienne 

mardi 20 mars 2018

Populisme ou changement de société ? Journée d’études du 24 mars 2018 . Contribution

Plan de la contribution 

- Hostilités au populisme : sont-elles synonymes de défiance envers « LE peuple » ? 
- Opposition entre « eux » et « nous » : à quoi sert l’étude de « la culture du pauvre » ? 
- Mouvements et régimes populistes dans les approches des historiens Laclau : quand le politique perd le nord 
- Des questions essentielles en ces temps d’avenirs incertains des capitalismes 
-  Pistes de travail 

Le débat que nous engageons arrive tardivement à en juger par la rubrique débat-idées du n°2 du Nouveau magazine littéraire en kiosques en février. Simon Blin y commence ainsi le dossier consacré au populisme de gauche: « Ernesto Laclau et Chantal Mouffe inspirent Podemos et la France Insoumise. Plongée au cœur d’une pensée qui a conquis les gauches européennes. » 

samedi 10 mars 2018

Note de lecture. Enquêtes sur les rapports profanes au politique, par Eugène Bégoc

Nos cercles militants de gauche n’échappent pas à cette dictature des sondages dont les gouvernants seraient, paraît-il, prisonniers. Aussi est-ce avec profit qu’on prendra connaissance de « L’ordinaire du politique », publié par les éditions universitaires du Septentrion (1) sous la direction collective de François Buton, Patrick Lehingue, Nicolas Mariot et Sabine Rozier. 

Les travaux rassemblés scrutent comment se forment les différentes catégories d’opinions dans les sociabilités au travail et hors travail, en conformation ou en désaffiliation des traditions des groupes sociaux… L’ouverture est donc grand angle, au-delà des études électorales. On n’y trouvera pas davantage de focales sur des thèmes politiques sociaux, même celui devenu aussi central dans les sept dernières législatures de la 5ème République : l’identité nationale, la laïcité, le voile. 

Toutes ces études restent bien entendu cruciales pour qui veut s’extraire du comment sont actuellement pilotées les consultations politiques : au plus près de ce qu’elles savent des principales opinions, les autorités partidaires, religieuses et socio-économiques s’emploient à en renforcer les composantes conservatrices pour reconduire la légitimité de l’existant. 

jeudi 8 mars 2018

Populisme .... ou bien émancipation et autogestion ? Journée de réflexion du Réseau le 24 mars au Maltais Rouge

Populisme ; depuis quelques années, ce terme s’est invité avec force dans le débat public, plus particulièrement en Europe avec l’émergence de forces politiques qui se réclament ouvertement d’une telle école de pensée ou qui sont qualifiées de « populistes » par un certain nombre d’observateurs et de médias. 

L’élément nouveau est qu’à l’opposé des populismes d’extrême-droite, des expressions populistes s’expriment dans les gauches européennes et ont connu des succès électoraux significatifs. 

Relativement récent dans son expression actuelle sur le territoire européen, le phénomène a connu un développement antérieur en Amérique indo-afro-latine où il a aussi fait l’objet de travaux de théorisation. 

L’émergence, au moins électorale, de courants populistes dits « de gauche » ne peut qu’interpeller les tenants d’une transformation autogestionnaire de la société, en rupture avec le capitalisme. 

mardi 6 mars 2018

Ce n'est pas la SNCF qu'il faut privatiser mais les autoroutes qu'il faut renationaliser !, par Ensemble! 34

L'épisode neigeux de la semaine dernière dans le département de l'Hérault et notamment sur la Métropole de Montpellier démontre les faiblesses et dysfonctionnement de l’État et des collectivités territoriales. 

Nous aurions pu vivre une véritable catastrophe si nous n’avions pas été en période de vacances scolaires et si le froid avait duré quelques jours de plus. 

La préfecture porte une responsabilité écrasante en ne déclenchant l’alerte rouge que le mercredi à 20 h, puis la levant le lendemain matin dès 6h alors que des gens dormiront encore une nuit dans leurs voitures ou dans des centres d’hébergement. 

Pourtant le préfet, de sa fenêtre, aurait pu constater dès mercredi 12 h que le centre ville était totalement impraticable pour les voitures (déjà une bonne dizaine de centimètres de neige...). 

jeudi 1 mars 2018

Questions nationales et processus d’autodétermination. Week-end organisé par Ensemble! les 17 et 18 mars 2018

En prenant en compte les discussions au sujet de la Catalogne et de la Corse, une proposition a été élaborée. Il s’agit d’approfondir les réponses que nous devons stabiliser sur des questions difficiles que nous retrouverons avec toutes les questions d’avenir de l’Europe, mais aussi, dès 2018 avec le référendum sur l’Indépendance de la Kanaky. 

Un rapide examen de nos potentialités a fait apparaître la possibilité d’entreprendre un tel travail politique. Cette initiative avait été décidée lors de l’atelier de la commission Europe de l’AG de Nanterre en décembre 2017, au cours duquel un débat s’était tenu pendant une heure sur la Catalogne, avec une quarantaine de militants. 

Ce week end sur le thème « Questions nationales et processus d’autodétermination » est programmé les 17-18 mars 2018 

lundi 26 février 2018

Dépasser l'Etat, en misarchie et ailleurs, avec Emmanuel Dockès

Nous avons invité mercredi 24 janvier Emmanuel Dockès, juriste et auteur de Voyage en Misarchie, Essai pour tout reconstruire, publié aux Éditions du Détour. Un des aspects importants de la thèse qu’il défend dans son roman politique est la volonté de dépasser l’État pour le remplacer par un autre régime politique : la Misarchie. Ce néologisme vient du verbe grec « misein » (qui signifie « détester », « haïr ») et de « arkos », le chef, l’autorité. Une société où, si on n’aime pas l’autorité, on sait néanmoins qu’il est nécessaire d’avoir un minimum de règles communes pour pouvoir fonctionner. C’est autour de la perspective de dépassement de l’État proposée par la Misarchie qu’Emmanuel était invité à débattre. Nous publions ici la vidéo des parties les plus significatives de la soirée : sa présentation et deux séries de questions-réponses. 

Pour voir les deux vidéos :

https://autogestion.asso.fr/depasser-letat-misarchie-ailleurs-video/

mardi 20 février 2018

Mai 68 vu des Suds

À l’initiative de Jacques Sauvageot – hélas brutalement décédé alors qu’il la préparait –, le Réseau Sortir du colonialisme, le Cedetim et l’Institut Tribune socialiste (ITS) ont choisi d’évoquer Mai 68 à partir des Suds, par une série de rencontres publiques et de débats. Ils le font à l’occasion de la treizième Semaine anticoloniale et antiraciste, organisée en mars 2018. 

Six fondations et associations (Fondation IPAM, ITS, Fondation Gabriel Péri, Fondation de l’écologie politique, Fondation Copernic, Espace Marx) ainsi qu’un centre de recherche (le Centre d’histoire sociale du xxe siècle) soutiennent cette initiative, également soutenue et promue par Mediapart. 

L’objectif, explicité dans la note ci-après, est de mettre en lumière le « mouvement mondial de Mai 68 vu des Suds » au cours de la période 1965-1973, afin de comprendre comment ses ressorts profonds, trop oubliés, font encore sens et trace aujourd’hui. 

10 mars : Les luttes d’aujourd’hui ont besoin de la perspective d’un autre demain

Invitation à une  séance de travail ouverte à toutes et tous 

Samedi 10 Mars de 9h30 à 16h30 
au siège de l’Union syndicale Solidaires 
31 Rue de la Grange aux Belles, 75010 Paris 


co-organisé par Le réseau (AAAEF), l’Association Autogestion, ATS, l’OMOS, l’Union syndicale Solidaires. 



• De plus en plus nombreuses sont les voix qui prônent de ne pas se limiter à dire NON. Le système capitaliste peut-il encore intégrer des compromis structurels de types fordiens ou keynésiens ? 

lundi 12 février 2018

Forum Social Mondial: espace ouvert ou organisation? Quelques idées à propos des discussions sur l'avenir du FSM

par Chico Whitaker, Jorge Abrahão, José Correia Leite, Mauri José Vieira Cruz, Moema Miranda, Oded Grajew, Salete Valesan, Sergio Haddad. 


En février 2000, des représentant.e.s de huit mouvements sociaux, syndicats et ONG brésilien.ne.s ont répondu à l'invitation d'Oded Grajew, alors coordinateur du mouvement "CIVES - Entrepreneurs pour la citoyenneté", pour discuter, dans son bureau de São Paulo, d’une proposition d’organisation d’un "Forum Social Mondial". Aucun d'entre nous n'imaginait, à l’époque, la dimension que prendrait ce Forum. Ni que, dans notre diversité d'engagements et d'actions, nous développerions ensemble, pendant de nombreuses années, une réflexion intense sur la forme et le sens de mise en œuvre de cette proposition de Forum, et vivrions un réapprentissage dans la façon de faire de la politique. 

Nous ne prévoyions pas non plus que le FSM deviendrait un processus autonome, un «bien commun de l'humanité» utilisé librement par des collectifs découvrant son utilité pour leurs luttes, avec des forums sociaux régionaux, nationaux et locaux, et, dernièrement, thématiques. Ni que sa méthodologie, horizontale et plurielle, soit adoptée dans les espaces les plus divers, comme symbole d'une nouvelle forme d'organisation. 

jeudi 1 février 2018

« L’autogestion en mai et juin 1968 en France » 26 mai à Paris. Appel à témoignages et contributions

Le cinquantième anniversaire de mai et juin 1968 sera l’occasion de commémorations où, à n’en pas douter, beaucoup sera dit, le meilleur comme le pire, mais aussi beaucoup risque de rester dans le silence. 

Mai et juin 1968 ne furent pas qu’une rébellion étudiante, pas plus qu’on ne saurait la restreindre à une simple révolution culturelle des mœurs. Ce fut une grève générale inédite, en France la plus importante du 20ème siècle avec neuf millions de grévistes, ce fut une crise sociale, politique où s’est posée concrètement la question non seulement des pouvoirs, mais du pouvoir politique lui-même. 

Si la « révolution de mai » n’a pas triomphé, elle ne fut pas défaite. Au cours de ces semaines une profonde aspiration des individus à décider collectivement de leur présent et de leur futur, dans les lieux de travail, dans les quartiers et les campagnes est apparue ; loin de s’éteindre, elle s’est renforcée dans les années suivantes. 

mercredi 31 janvier 2018

Penser le présent. Retour sur une conférence de François Cusset, par Yvon Kervella

L'université populaire d'Amiens recevait l'historien des idées François Cusset ce 29 janvier, un choix motivé par la qualité de son travail de clarification critique des catégories analytiques qui entendent rendre compte du "néo-libéralisme". 

A elle seule, l'attention soutenue de la centaine de femmes et d'hommes présent.e.s atteste de l'intérêt que rencontre l'UPA qui entre dans sa neuvième année ; la création en fut en effet décidée au sein du mouvement anti-Pécresse de 2009, opposé au désengagement du budget soumis au Parlement du financement des universités. 

Moquant les glissements droitiers et les bavardages sur le peuple, l'historien rappelle que les phases de basses intensités à gauche sont aussi des phases de recomposition des pratiques et des conceptions. Son intérêt va aux démarches de connaissances critiques, et c'est également avec une grande ironie que l'universitaire récuse les attentes de prêt-à-penser et les postures de "maîtres penseurs". 

mardi 30 janvier 2018

2018 : Penser la conjoncture néo-souverainiste, notes d'Eugène Bégoc

Peinture de Jules Granjouan, musée de Nantes
  1. 1 - Depuis 2008, la conjoncture européo-atlantiste n’a été stabilisée qu’au prix de lourdes hypothèques.
2007-2008 a mis au grand jour les failles invraisemblables du monde de la globalisation financière, spécialement sa forte dimension de spéculation immobilière. Depuis la conjoncture mondiale n’a pas retraversé de ruptures d’ampleur comparables et l’économie paraît même stabilisée en Amérique du Nord, au Japon et en Europe.

Ce résultat n’a toutefois été atteint qu’au prix de lourdes hypothèques :

• Une évolution de la hiérarchie financière et politique au sein du système mondial des Etats : le rachat par les finances publiques des dettes bancaires pèse davantage sur certains Etats que d’autres, ce qui près de nous a affecté brutalement les habitant.e.s du Portugal, de la Grèce et de l’Irlande, mais aussi et d’une autre manière les populations britanniques ;