samedi 9 novembre 2019

10 novembre, contre l'islamophobie. L'appel d'Isabelle Avran

Le 10 novembre 1943, quatre membres d’une famille devenue marseillaise étaient arrêtés par la gestapo. Mon père, adolescent, sa mère et deux jumeaux, sa sœur et son frère. Depuis trois mois déjà, ils recevaient de temps en temps une chemise tachée de sang de leur mari et père, arrêté par la police de Vichy et détenu aux Baumettes. 

Un commissaire de police, l’un des rares qui participaient alors à la Résistance, avait permis à mon père et à son frère de travailler dans une petite imprimerie où ils pouvaient imprimer de faux papiers. 

Ce 10 novembre, en rentrant manger chez eux, la Gestapo les attendait. 

La suite : Drancy, Auschwitz, puis en mai 1945, le retour d’un seul, toujours adolescent, revenu de la mort, dont la survie à elle seule dirait la résistance, comme un combat qu’il poursuivrait ensuite contre tous les racismes, contre toutes les tentatives de déshumanisation de l’autre, contre toutes les dominations, notamment coloniales. 

Sang Autochtone : pas une goutte de plus ! Conférence publique Mardi 12 novembre 19h/21h

L’Articulation des Peuples Autochtones du Brésil (APIB), en partenariat avec des organisations de la société civile française dont Autres Brésils, Greenpeace France, Amnesty International France, Amazon Watch, Survival International, Weaving Ties, Nature Rights, Collectif Mario Pedrosa, Alerte France-Brésil, vous invite à une conférence en présence des représentant.e.s des peuples autochtones du Brésil le mardi 12 novembre à 19h. 

Inscription obligatoire ici Salle Jean Dame 17 rue Léopold Bellan, Paris 75002 

Entre le 17 octobre et le 20 novembre 2019, la campagne « Sang Autochtone : pas une goutte de plus », menée par des dirigeants autochtones brésiliens, se déroulera dans 12 pays européens dont la France. 

lundi 28 octobre 2019

Santé, pour des luttes victorieuses. Débat samedi 30 novembre Paris. Invitation

Réunion – Débat Santé, pour des luttes victorieuses 
Samedi 30 novembre 2019 
de 9h30 à 17h au 31 rue de la Grange aux Belles 75010 Paris 
(Métro Fabien) 

co-organisé par l’Association Autogestion (AA), l’Association des communistes unitaires (ACU), les Amis de Tribune socialiste (ATS), Cerises, la coopérative, l’Observatoire des mouvements de la société (OMOS), le Réseau pour l’autogestion, les alternatives, l’altermondialisme, l’écologie et le féminisme (AAAEF), le Temps des lilas, l’Union syndicale Solidaires 

Problématique 

Les personnels hospitaliers exigent les moyens humains et financiers pour que l’hôpital public réponde aux besoins de santé. Elles/ils dénoncent la gestion managériale, la souffrance au travail et la dégradation des soins. Les urgences et les hôpitaux psychiatriques sont au bord de l’implosion. 

jeudi 24 octobre 2019

« Au Chili, le socle institutionnel est issu de la dictature ». Entretien avec Franck Gaudichaud

Nous publions ci-dessous, avec son accord, l'entretien que Franck Gaudichaud vient d'accorder au journal  l'Humanité (13 octobre). Rappelons aussi, en le remerciant, que Franck Gaudichaud a contribué à l'animation de notre récente journée de débat sur l'Amérique Indo-Afro-Latine du 12 octobre dernier.


"La hausse du prix du ticket de métro a mis le feu aux poudres au Chili. Cette mesure, sur laquelle le président, Sebastian Piñera, est revenu, suffit-elle à expliquer l’ampleur du mécontentement ? 

Franck Gaudichaud  : Si l’on regarde l’histoire récente du Chili, il y a eu une accumulation de mécontentements. Plusieurs analystes parlent de la goutte d’eau qui aurait fait déborder le vase. La hausse du prix du ticket de métro est l’abus de trop qui a fait exploser la marmite néolibérale chilienne. Encore une fois, la jeunesse est à l’origine de cette révolte, comme en 2011 avec les étudiants, ou encore du mouvement féministe l’an dernier. Puis le mouvement s’est étendu de manière « transclasses » à de nombreux secteurs. 

Pouvez-vous définir ce que vous entendez par « marmite néolibérale » ? 

mardi 22 octobre 2019

Comme en 1936… Chut, la Catalogne révoltée saigne et l’Europe fait semblant de ne rien voir !, par Yorgos Mitralias

Ce n’est sûrement pas un hasard si Kurdes et Catalans sont deux peuples solidaires avec des traditions de soutien mutuel et de luttes communes. Mais, ce n’est peut être pas aussi un hasard que Kurdes et Catalans soient ces jours-ci la cible des agressions brutales des Saintes Alliances de notre temps. Sort commun et énième tragédie commune, mais aussi commune la colère populaire et la détermination de poursuivre la lutte !… 

Cependant, force est de constater que si leurs sacrifices et leurs luttes sont communes, il y a quand même une chose qui les sépare : Les médias et les chancelleries de par le monde ne réagissent pas de la même façon face aux heurs et aux malheurs de deux peuples. 

C’est ainsi que tandis que l’abandon des Kurdes de Syrie par Trump et son massacre par l’armée d’Erdogan émeut, fait descendre dans la rue des milliers de manifestants, mobilise la diplomatie internationale et est couverte par les médias, la répression sauvage du peuple catalan par l’État espagnol provoque seulement le silence assourdissant des médias et l’indifférence cynique des gouvernants. Et ceci pour quelques raisons très simples : 

Economie des travailleurs-ses : une septième rencontre sous le signe de la résistance et des alternatives, par Richard Neuville

La VIIe Rencontre internationale de l’« Économie des travailleuses et des travailleurs » s’est tenue au sein de l’École nationale Florestan Fernandes (ENFF) à Guararema à soixante-dix kilomètres de São Paulo (Brésil) du 25 au 29 de septembre 2019. Les précédentes rencontres avaient eu lieu à Buenos Aires (2007 et 2009), Mexico (2011), João Pessoa (Brésil, 2013), Falcón (Venezuela, 2015) y Pigüé (Argentine, 2017). 

Comme c’est le cas depuis 2015, elle a été précédée par trois rencontres régionales qui ont été organisées à Santiago du Chili pour l’Amérique du Sud, à Mexico pour l’Amérique du Nord et Centrale et à Milan pour la région euro-méditerranéenne entre l’automne 2018 et le printemps 2019. 

Les choix du Brésil et de l’école des cadres du Mouvement des travailleur-se-s ruraux sans-terre (MST) ne sont pas le fait du hasard. En effet, le réseau entendait exprimer physiquement sa solidarité avec le mouvement social brésilien rudement attaqué par le pouvoir depuis l’élection de Jair Bolsonaro à la présidence de la République en octobre 2018 et, plus particulièrement avec le MST, qui est dans le collimateur du gouvernement et qui continue à défendre activement l’agriculture paysanne face à l’agrobusiness plébiscité par le président brésilien, dont les conséquences écologiques sont connues et pleinement d’actualité. 

Premières impressions d’un voyage militant en Algérie

Une délégation du mouvement Ensemble ! est allée en Algérie à Alger et Bejaïa entre le 26/09 et le 06/10 pour rencontrer les acteurs et actrices du Hirak ce formidable mouvement de démocratie populaire de nature révolutionnaire et leur apporter un salut militant de soutien. Voici leurs pre-mières impressions. 

Vivre le Hirak et le sentir lors d'une marche du vendredi à Alger nous a procuré une émotion très forte. Ce qui nous a impressionné, c'est la diversité des genres, des âges, des origines sociales, des langues et des quartiers, ainsi que le caractère pacifique, festif, inventif et joyeux de ce mouvement. 

Il fallait voir cette marée humaine dans les rues, ces vagues puissantes et successives descendant des quartiers populaires vers le centre d'Alger avec leurs banderoles criant et scandant avec force et détermination encore et encore les slogans, créés, toujours recommencés, répondant au dernier discours menaçant du pouvoir. 

mardi 15 octobre 2019

Santé : pour des luttes victorieuses. Débat samedi 30 novembre Paris

Santé, pour des luttes victorieuses 
Samedi 30 novembre 2019 de 9h30 à 17h 
31 rue de la Grange aux Belles 75010 Paris (Métro Fabien) 

Débat co-organisé par l’Association Autogestion (AA), l’Association des communistes unitaires (ACU), les Amis de Tribune socialiste (ATS), Cerises, la coopérative, l’Observatoire des mouvements de la société (OMOS), le Réseau pour l’autogestion, les alternatives, l’altermondialisme, l’écologie et le féminisme (AAAEF), le Temps des lilas, l’Union syndicale Solidaires 

Problématique 

Les personnels hospitaliers exigent les moyens humains et financiers pour que l’hôpital public réponde aux besoins de santé. Ils dénoncent la gestion managériale, la souffrance au travail et la dégradation des soins. Les urgences et les hôpitaux psychiatriques sont au bord de l’implosion. 

dimanche 15 septembre 2019

Fin du cycle de l'expérience progressiste (1998/2015) et actualité des mouvements populaires : où va l'Amérique indo-afro-latine ?

En débat samedi 12 octobre 2019 de 9h30 à 17h au Maltais Rouge, 40 rue de Malte, 75011 Paris (Métro Oberkampf ou République) 

Une initiative et une invitation du Réseau AAAEF (Autogestion, Alternatives, Altermondialisme, Ecologie, Féminisme) 

Lors d'une réunion consacrée en 2017 aux révolutions arabes et aux révolutions en Amérique indo-afro-latine au tournant du siècle, nous avions insisté sur l'apport majeur de ces processus révolutionnaires sur le chemin de l'émancipation humaine, particulièrement sur le plan social et sur le plan démocratique. Mais nous avions aussi indiqué leurs limites, leurs contradictions et le fait que ces processus n'étaient pas linéaires, qu'ils comportaient des avancées et des reculs et qu'ils s'inscrivaient dans la durée à la manière de révolutions longues déjà analysées du temps des Alternatifs. 

Il est clair que depuis plusieurs années, sous l'effet combiné de l'offensive néo-libérale et de la poussée de l'extrême-droite, ces processus se sont heurtés à des difficultés majeures et sont percuté par de graves régressions, particulièrement au Venezuela et au Brésil. Mais il existe aussi des luttes, des mouvements sociaux et des mobilisations citoyennes et des peuples indigènes dans différents Etats, des résistances et des éléments d'alternative.

Immanuel Wallerstein: un penseur majeur pour un autre monde possible, pour un meilleur monde, par Christophe Aguiton et Gustave Massiah


Immanuel Wallerstein nous a quitté, nous ressentons une grande tristesse et un vide. C’est un grand désarroi de penser qu’on ne pourra plus discuter et débattre avec une des personnes dont nous étions intellectuellement les plus proches et qui a tant compté. 

Immanuel a représenté ce qu’on pouvait imaginer de mieux comme figure de l’intellectuel engagé, dans la lignée des grands intellectuels qui ont donné leurs lettres de noblesses à la pensée scientifique, culturelle et politique. C’était d’abord un grand philosophe. Sa philosophie était nourrie de sa connaissance des sciences sociales auxquelles il avait contribué et dans lesquelles il excellait. 

Economiste, il prolongeait la démarche marxiste et participait à son renouvellement. Historien, il naviguait dans l’histoire longue et avait créé le Centre Fernand Braudel à l’Université d'État de New York à Binghamton. Sociologue, il était attentif à l’évolution et à la compréhension des sociétés et il avait présidé l’Association internationale de Sociologie de 1994 à 1998. 

lundi 8 juillet 2019

Repenser le développement pour repenser la solidarité internationale. Douze pistes de réflexion, par Gus Massiah

Douze pistes de réflexion 

Plan 

1. S’interroger sur le sens du concept de développement Histoire du mot et du concept 

2. Remettre en cause la conception dominante du développement, celle du rattrapage La rupture de la décolonisation ; le chemin de la croissance productiviste 

3. Prendre la mesure de l’inflexion engagée par le néolibéralisme Dans les années 1980 ; l’ajustement structurel au marché mondial et la crise de la dette 

4. Resituer l’altermondialisme comme une réponse au néolibéralisme Le mouvement anti-systémique de la phase néolibérale de la mondialisation capitaliste 

 5. Prendre conscience du changement de paradigme engendré par l’écologie Une révolution philosophique dans le rapport entre l’espèce humaine et la Nature 

6. Partir de l’analyse de la situation actuelle pour identifier les défis Les questions à prendre en compte pour inventer une nouvelle pensée du développement 

7. Approfondir la réflexion sur le changement des sociétés L’enjeu est de s’engager dans une transition vers plus d’émancipation 

vendredi 5 juillet 2019

Fin du cycle de l'expérience progressiste (1998/2015) et actualité des mouvements populaires : où va l'Amérique indo-afro-latine ? En débat samedi 12 octobre.

Une initiative et une invitation du Réseau AAAEF  (Alternatives, Autogestion, Altermondialisme, Ecologie, Féminisme) 

Samedi 12 octobre 2019 de  9h30 à 17h 
au Maltais Rouge 40 rue de Malte 75011 Paris 
(Métros Oberkampf ou République) 


Lors d'une réunion consacrée en 2017 aux révolutions arabes et aux révolutions en Amérique indo-afro-latine au tournant du siècle, nous avions insisté sur l'apport majeur de ces processus révolutionnaires sur le chemin de l'émancipation humaine, particulièrement sur le plan social et sur le plan démocratique. 

Mais nous avions aussi indiqué leurs limites, leurs contradictions et le fait que ces processus n'étaient pas linéaires, qu'ils comportaient des avancées et des reculs et qu'ils s'inscrivaient dans la durée à la manière de révolutions longues déjà analysées du temps des Alternatifs. 

lundi 17 juin 2019

Le peuple? La gauche? la planète? Stratégie, imaginaire et théorie, par Jacques Bidet

Ce qui nous manque, ce n’est pas seulement une stratégie, mais aussi une « vision du monde », ou, plus proprement : une théorie qui puisse fonder une pratique. La théorie est en elle-même impuissante, et elle n’est jamais qu’une grande hypothèse, portée par un imaginaire ; mais, sans elle, on ne peut justifier aucun choix. 

Jacques Bidet, 12/6/2019 
Cet texte est repris du blog de Jacques Bidet sur Médiapart

Le peuple ? La gauche ? la planète ? Stratégie, imaginaire et théorie 

Ce qui nous manque, ce n’est pas seulement une stratégie, mais aussi une « vision du monde », ou, plus proprement : une théorie qui puisse fonder une pratique. La théorie est en elle-même impuissante, et elle n’est jamais qu’une grande hypothèse, portée par un imaginaire ; mais, sans elle, on ne peut justifier aucun choix. Le marxisme a été la référence principale du mouvement ouvrier. Il permet d’entrer dans l’analyse des rapports entre les classes. Mais il ne suffit pas pour aborder les rapports entre les humains et la planète. Le rouge n’a plus de sens que s’il est croisé avec le vert, ainsi qu’avec quelques autres couleurs. Mais comment penser tout cela ensemble ? 

dimanche 16 juin 2019

7ème Rencontre internationale de "l'économie des travailleuses et des travailleurs" du 25 au 29 septembre Ecole Nationale Florestan Fernades, Guararema, Sao Paulo

I. Historique 

Depuis 2007, les rencontres Internationales de « L’Économie des travailleurs-se-s » se déroulent tous les deux ans, elles articulent un espace de débat entre des travailleur-se-s, des militant-e-s sociaux et politiques, des intellectuel-le-s et des universitaires sur les problèmes et les potentialités de ce que nous avons qualifiées d’ « Économie des travailleuses et des travailleurs ». Elles sont basées sur l’autogestion et la défense des droits et des intérêts de la population qui vit de son travail, dans le cadre des conditions actuelles du capitalisme mondialisé néolibéral. 

Dans ce type de rencontre, les expériences d’autogestion générées par les peuples sud-américains, comme les entreprises récupérées en Argentine, en Uruguay, au Mexique et au Brésil, les mouvements coopératifs de travailleur-se-s, les expériences de contrôle ouvrier et de cogestion au Venezuela bolivarien, l’économie solidaire, social et communale et les autres luttes pour l’auto organisation du travail et de l’autogestion de l’économie définissent les axes de débat. 

De la démocratie économique vers la démocratie totale. Les interventions.

Nous publions ici les différentes interventions des participant.es de cette journée de travail du samedi 19 janvier 2019 co-organisée par l’Association Autogestion (AA), l’Association des communistes unitaires (ACU), les Amis de Tribune socialiste (ATS), Cerises, l’Observatoire des mouvements de la société (OMOS), le Réseau pour l’autogestion, les alternatives, l’altermondialisme, l’écologie et le féminisme (AAAEF), le Temps des lilas et l’Union syndicale Solidaires. 

Problématique – 

1 Bénédicte Goussault- Introduction – 
2 Jean-Claude Mamet- Démocratie « économique », auto-organisation, émancipation – 
2 Sylvie Larue – Démocratie dans les services publics – 
4 Benoit Borrits-Une démocratie économique totale – 
5 Jacques Pigaillem- Plus de démocratie nécessite de remettre en cause les lois du marché –