Contribution Jean Louis Griveau
Prendre la pleine mesure de la situation que nous vivons aujourd'hui nécessiterait de faire un retour sur les 40 dernières années. Cette longue période a vu le capital mener une offensive constante et méthodique pour asseoir sa domination hégémonique à l'échelle de la planète à coup de dérégulations, de privatisations, d'accaparement. Dans le champ économique bien sûr, mais plus largement sur tous les aspects de notre vie au mépris des conséquences sur les écosystèmes et la cohésion des sociétés.
Au cours de cette période, les luttes ont rarement été victorieuses (mis à part celle contre le CPE en France) et, quand elles l'ont été, elles sont restées partielles et défensives (contre le plan Juppé en 1995). Cette séquence, c'est aussi le temps de la conversion progressive de la social-démocratie européenne au néo-libéralisme.
Une conversion dont le mandat Hollande a été le point d'orgue en France et qui pèse encore sur la crédibilité d'un discours de gauche (et), la capacité à changer les rapports de force et à proposer une alternative et un imaginaire post-capitaliste. Pour autant, nous sommes peut-être déjà entrées dans un nouveau cycle historique.
La période passée a aussi vu l'émergence de l'altermondialisme qui a profondément renouvelé la conception de l'internationalisme, le contenu et les formes de mobilisation. Il a nourri de puissants mouvements populaires comme les printemps arabes, le mouvement des places...
Ces dernières années, ces mobilisations n'ont pas cessé comme en témoigne le Hirak algérien, la révolte à Hong Kong ou l'émergence d'une nouvelle gauche aux USA. En France, depuis la Loi travail on assiste à une succession continue de mouvements sociaux et de mobilisations citoyennes (Gilets Jaunes, mobilisation contre la casse des retraites, mouvements écologistes radicaux...) plus offensifs, d'un type nouveau (Gilets Jaunes...) et où se pose, même si c'est de manière implicite, la question de la rupture.