vendredi 5 novembre 2021

Appel à une assemblée anticapitaliste, alternative et écologiste jeudi 11 novembre

On sait combien l’heure est grave : des attaques sociales au bulldozer, une extrême-droitisation mortifère, une banalisation du racisme entérinée et relayée par certains grands médias privés et publics, des inégalités qui ne cessent de se creuser pendant que les dividendes aux actionnaires continuent d’atteindre des sommets indécents et insensés… Le capitalisme est parvenu à un stade d’expansion tel que l’imposition de la logique marchande, l’exploitation et la compétition affectent désormais chaque sphère de nos existences. Ce mode de production sans limites et sans éthique, fondé uniquement sur la recherche du profit et la pulsion d’accumulation, fait courir l’humanité à sa perte. L’humanité, mais aussi plus globalement le vivant : un véritable biocide est en cours, une destruction. Face à nous, extrême droite et extrême centre qui rivalisent de surenchère sont bien organisées et avancent, non sans contradictions et divergences, mais en rangs serrés pour frapper le monde du travail, les plus défavorisé·es, les plus fragiles, les « minorités » et pour saccager la planète. 

lundi 1 novembre 2021

L'imprécateur dans la débâcle, par Alain Bertho

Il n’y a pas de Zemmour sans feu. Entre bouleversement climatique et pandémie, l’heure de vérité a sonné pour l’humanité. Dans cette débâcle où le cynisme autoritaire l’emporte sur toute espérance commune, la confusion politique gagne. Elle laisse les peuples sans boussole et les nantis sans conscience. L’abolition de l’avenir ouvre la voie aux imprécateurs dans le grand show présidentiel.

« Je me demande s’il s’agit de quelques douzaines de gens
ou bien s’il y a là-bas toute l’humanité, prête
comme sur un quelconque vapeur à musique bon pour la ferraille
et consacré à une seule cause, au naufrage ?
 »
Hans Magnus Enzenberger, Le naufrage du Titanic .[1]

samedi 23 octobre 2021

Lip : comment s’est construite la solidarité entre les ouvrierEs ? - Charles Piaget


En 1973, la grève des Lip polarise l’attention du mouvement ouvrier et de tout ce qui est combatif en France. Les travailleurs/ses fascinent par leur combativité et leur inventivité face à leur patron et au gouvernement. Ce texte de Charles Piaget revient sur la construction de la solidarité dans l’entreprise. Il reprend de larges extraits du texte de présentation du livre « Lip 1973. On fabrique, on vend, on se paie », Syllepse, 2021, 5 euros.

Embauché, après-guerre, à Lip, j’entre parmi les 1 000 salariés répartis dans de nombreux ateliers et bureaux. Mille personnes rassemblées pour fabriquer des montres et les vendre. On pourrait penser à des personnes liées par le même objectif. Un collectif ? Rien de tel. Le capitalisme a inventé l’entreprise où tout est individualisé, où rien n’est collectif. Le mot même de collectif est l’ennemi numéro 1.

jeudi 21 octobre 2021

De quoi Zemmour est-il le symptôme morbide ? Par Ugo Palheta

 


S'il n'est pas certain que l'ascension sondagière de Zemmour - liée à une énorme médiatisation ces dernières semaines - se poursuive ou se confirme, il faut néanmoins prendre au sérieux la menace spécifique qu'il représente et chercher à comprendre ce qu'exprime son succès actuel.

Face à la progression sondagière d’Éric Zemmour, certain-es sont enclin-es à gauche à penser qu’il n’y a là qu’une bulle médiatique et à faire le dos rond en attendant, ou en espérant, qu’elle explosera d’elle-même. On pourrait aussi se contenter d’y voir une énième manifestation de ce « pétainisme transcendantal » dont parlait Alain Badiou : une « forme historique de la conscience des gens, dans notre vieux pays fatigué, quand le sourd sentiment d'une crise, d'un péril, les fait s'abandonner aux propositions d'un aventurier qui leur promet sa protection et la restauration de l'ordre ancien ». Le problème, c’est que cette caractérisation développée par le philosophe à propos de Sarkozy pourrait s’appliquer à de nombreux hommes politiques qui posent en sauveurs, aussi bien à Macron qu’à Zemmour et Le Pen. Elle ne nous aide donc guère à saisir le sens spécifique de l’ascension résistible – du moins à ce stade – d’Éric Zemmour.

Modèle agricole : « On ne peut pas faire porter la responsabilité des ravages du capitalisme aux paysans ». Entretien avec Hugo Persillet


Nous relayons bien volontiers cet article publié dans Bastamag et qui, au travers de l’interview de deux représentants de la coopérative « l’Atelier Paysan », porte une critique radicale – et sans doute à contre courant des opinions dominantes – du développement du machinisme agricole et de ses dérives : toujours plus gros, toujours plus cher, c’est une fuite en avant qui accompagne – et qui provoque aussi – la disparition d’un nombre croissant de paysan-nes. Organisme de développement agricole et rural qui se situe dans une approche d’éducation populaire, l’Atelier Paysan promeut une rupture avec le modèle productiviste du point de vue des paysans et paysannes. A un moment où Macron vient d’annoncer un nouveau soutien à l’agriculture industrielle avec le plan « France 2030 » (robotique, numérique, génétique), ce sont bien 2 projets de société antagoniques qui se font face


L'équipe d'animation du Réseau

dimanche 10 octobre 2021

Crise sanitaire et santé publique, qu'aurions-nous fait, que ferions-nous, que ferons-nous ? Agora mercredi 20 octobre, 20h


Nous sommes de celles et ceux qui refusent le pass sanitaire, nous savons aussi que l’appréciation des mobilisations divise le mouvement social, pour cette agora, nous avons choisi une autre porte d’entrée.

L’objectif est bien de réfléchir à ce que représenterait une politique de santé publique débarrassée d’une logique fondée sur le profit et la rentabilité. On le sait, la situation est très grave. En pleine pandémie, on continue de fermer des services d'urgence et des lits. Et la responsabilité du pouvoir est immense, avec sa politique autoritaire et son absence de transparence, où toute démocratie véritable est bafouée.

lundi 27 septembre 2021

Repères pour une politique de la vie - Un nouvel ouvrage de Gilbert Dalgalian


De novembre 2020 au printemps 2021, notre camarade Gilbert Dalgalian a saisi l'occasion de la pandémie et de ses contraintes pour écrire un journal de bord, « au fil des jours » comme il le dit lui-même.

A partir de l'actualité dans toutes ses dimensions et à toutes les échelles, nationale comme internationale, il relie de nombreux événements à la problématique à laquelle il reste fidèle depuis toujours : tout ce qui rend à la fois possible et nécessaire la démocratie, l'autogestion, l'émancipation humaine, à la fois « déjà là » et perspective pour demain.

mercredi 8 septembre 2021

École numérique, classe inversée, coronavirus et libéralisme scolaire


Ce texte de Nico Hirtt publié en février 2021 souligne les mutations en œuvre au sein de l’Ecole :

Il nous présente les formes pédagogiques dominantes adaptées à cette nouvelle Ecole néo-libérale ségrégative et élitiste au service des marchés. Et l’auteur nous montre comment la pandémie du coronavirus a été l’occasion pour les gouvernements européens d’avancer dans la mise en place de ces pédagogies dominantes. Nico Hirtt conclut son article en affirmant que « les enfants du peuple ne disposent aujourd’hui que d’un seul moyen et d’un seul lieu pour apprendre tout cela : la relation privilégiée et vivante avec un enseignant (et une enseignante, aussi !) dûment formé·es, au sein de cette instance publique, dispensatrice d’instruction, de formation et d’éducation, que l’on nomme l’École ».

Cependant, face à la déferlante néo-libérale et autoritaire, nous pensons que pour défendre l’Ecole publique, il faut dans le même mouvement et de manière articulée, la transformer profondément et dans une optique autogestionnaire. Cette dimension est peu présente dans cet article. Et c’est en s’appuyant sur les luttes de la jeunesse, des personnels, les expériences alternatives existantes, les propositions des mouvements pédagogiques de l’Education Nouvelle, les recherches en sciences de l’Education qu’organisation, contenus , pédagogies et méthodes de travail à l’Ecole devront être repensés afin d’avancer vers une Ecole de l’émancipation, notamment en terme d’égalité d’apprentissage, de découvertes des savoirs, permettant à chacun·e de se construire par l’apprentissage et le partage entre toutes et tous, élèves comme enseignant·es .

Bernadette Bouchard, Christophe Lemasson

dimanche 4 juillet 2021

Résistances africaines à la domination néocoloniale.


Au vu de la crise du système néolibéral, il importe de réformer certaines règles de la vie internationale. Concernant l’Afrique, continent particulièrement impacté,  l’annulation des dettes illégitimes fait partie de ce programme, de même que l’abolition du franc CFA, l’arrêt des opérations militaires extérieures et des Accords de partenariat économique (APE), la relocalisation des économies, la restitution des biens culturels spoliés...C’est sur ces bases que s’organisent les sociétés civiles, dont les femmes sont souvent les protagonistes, les diasporas  installées en Europe, ainsi que les mouvements sociaux. Cet ouvrage est à l’actif d’une équipe de spécialistes et de responsables associatifs de différents pays: Mali, Sénégal, Togo, France, Belgique... 

Crise de l’Impérialisme français en Afrique et processus de fascisation dans l’hexagone, par Saïd Bouamama


Coup d’État au Tchad approuvé et soutenu par Macron avec un appel à « mettre en œuvre un processus démocratique le plus rapidement possible » ; « Coup d’État » au Mali condamné par Macron alors qu’il est soutenu par de nombreuses organisations populaires maliennes ; manifestations et déclarations politiques contre l’ingérence française à Bamako, N’Djaména, Ouagadougou ou Niamey, accusation publique par le Chef de l’’État de la Russie accusée d’ « alimenter un sentiment anti-français en Afrique », etc. L’impérialisme français en Afrique est indéniablement dans une séquence historique de crise. Dans la même période se déploie dans l’hexagone un processus de fascisation que nous avons longuement analysé dans nos derniers articles [lois jumelles liberticides sur la sûreté globale et sur le « séparatisme », basculement du centre de gravité des discours politiques du ministre de l’intérieur vers l’extrême-droite, tribunes de militaires, manifestations policières devant l’assemblée nationale, multiplication des discours et analyses sur le déclin à conjurer, etc.]. Les deux réalités externe et interne sont rarement mises en lien dans les analyses politique. La cécité sur ces liens est un obstacle à la compréhension des enjeux et dangers politiques contemporains en France.

Autogestion et enjeux culturels. Le compte-rendu

 


A l’initiative du Réseau AAAEF, de Cerises la coopérative et de Christine Poupin du NPA a été organisée en visio-conférence une réunion-débat le 3 juin sur le thème MOBILISATION, CULTURE, AUTOGESTION ET ENJEUX CULTURELS avec un certain nombre d’actrices et d’acteurs de ce secteur ayant participé aux occupations et luttes de ces derniers mois. Un dossier réalisé en particulier à partir des éléments de ce débat sera publié dans Cerise la coopérative du mois de Juillet.

Cette lutte de plusieurs mois en pleine période de crise sanitaire ayant largement mobilisé le milieu des arts du vivant est pleine d’enseignements en particulier pour la dimension auto-organisée et autogestionnaire qu’elle a prise. C’est pourquoi il nous semble intéressant de publier le texte quasi intégral du décryptage de cette réunion. 

Nous publions également le texte du communiqué de départ, à l’issue de la lutte, des occupant.es du théâtre de La Criée à Marseille.

samedi 22 mai 2021

Autogestion et enjeux culturels - Réunion débat jeudi 3 juin 18h

MOBILISATION CULTURE,

AUTOGESTION ET ENJEUX CULTURELS

• RÉUNION-DÉBAT JEUDI 3 JUIN 2021 - 18h / 20h30 •

 

Le 5 février et le 8 avril, nous vous avions proposé de participer à une réflexion et à des échanges sur le thème des mobilisations et des pratiques alternatives dans différents domaines, de l'antiracisme au féminisme en passant par le climat, la santé, l'activité des Gilets Jaunes ou encore les nouvelles pratiques citoyennes, marquées par l'auto-organisation et l'autogestion, dans les quartiers populaires de Marseille.

 

Autogestion, l'encyclopédie internationale - tome 10


Publiée gratuitement chez Syllepse en e-book* depuis 2018, l'Encyclopédie internationale de l'autogestion prolonge, élargit et actualise le travail collectif réalisé par l'équipe Lucien Collonges** sous la forme du livre « Autogestion : hier, aujourd'hui, demain », paru en 2010 chez Syllepse -et rapidement épuisé, à la grande surprise de ses auteur·es-

Voici le sommaire de son tome 10 qui vient de paraître

Pour accéder aux textes :

 https://www.syllepse.net/autogestion-l-encyclopedie-internationale-tome-10-version-papier-_r_97_i_861.html

mardi 18 mai 2021

Chili : débâcle pour les "partis de l'ordre", par Franck Gaudichaud

 


Surprise électorale, débâcle des partis traditionnels, « nuit des longs couteaux » au sein de la droite, début de la fin pour les héritiers de Pinochet, énorme défaite du président Sebastián Piñera — qui l’a reconnu lui-même —, victoire du mouvement populaire… Depuis hier soir, la presse chilienne multiplie les superlatifs pour cerner le séisme politique qui vient de secouer la cordillère des Andes, du désert d’Atacama jusqu’aux terres froides de la région de Magellan. Les Chiliens étaient appelés aux urnes samedi 15 et dimanche 16 mai pour quatre scrutins simultanés : maires, conseillers municipaux et gouverneurs régionaux devaient être renouvelés et une convention constitutionnelle élue afin de rédiger une nouvelle constitution de la République.

Personne, surtout pas les instituts de sondages, n’avait anticipé un tel bouleversement, même si l’isolement de l’exécutif était patent et le rejet de la « caste » politique massif depuis des années. Malgré la puissance de la révolte populaire d’octobre 2019 et son impact sur l’ensemble du paysage institutionnel, on pouvait être assez circonspect quant aux transformations provoquées par cette séquence électorale.

lundi 17 mai 2021

La Révolution féministe mondiale - texte d'Ensemble!

 


Ce texte, dont la rédaction a été coordonnée par Florence Ciaravola et Bruno Della Sudda, est extrait (paragraphe 8) d'une brochure de la commission internationale d'Ensemble! publiée à l'automne 2020 ("Entre ambitions, tensions et révolutions, un monde de plus en plus complexe")


 L’HÉRITAGE HISTORIQUE

Centré sur la double exigence de l'égalité des droits et de la conquête de droits spécifiques des femmes, le féminisme en tant que mouvement a surgi en Europe et en Amérique du nord dans la seconde partie du XIX°siècle, mais ne se limitait pas à ces régions du monde. Il existait par exemple au Japon, en Iran, en Inde, en Chine, en Russie, en Argentine, au Brésil ou dans le monde arabe, colonisé par les grandes puissances européennes britannique (Egypte) ou française (Liban, Tunisie).